mardi 14 août 2012

Boulimie de mots

Ça y est : Antonin en est au fameux stade du "un nouveau mot par jour" , et j’avoue que je me régale ! Aujourd’hui, c’est « là-haut », hier c’était « pied », avant-hier « chaud », le jour d’avant « compote », le jour encore avant « y’en a partout » (avec un air mi-étonné mi-choqué, alors que c’est LUI qui vient d’étaler consciencieusement son yaourt sur la table !!)… Sans compter tous les mots qu’il répète avec application après nous ! J’en perd le compte…

Cette « absorption du langage » se manifeste aussi quant aux signes. Ah ! Si j’avais été un peu plus constante dans leur utilisation, je suis sûre qu’Antonin signerait beaucoup plus aujourd’hui ! Ce sera pour Louiselle, puisque l’habitude en est prise désormais. Antonin signe, donc, mais généralement, il s’agit de mots qu’il sait dire, et il les signe en les disant (« chapeau » par exemple). Ou bien s’il ne sait pas dire le mot, il a tendance à signer en la présence de l’objet, sur le mode de la désignation (mixer), et non pas pour réclamer un objet absent qu’il désire. Il comprend également un tas de signe qu’il ne reproduit pas ("dormir" , « tétine »…). J’ai quand même eu une grosse satisfaction hier, lorsqu’en lui lisant une histoire de loup qui commence par « J’ai très très faim ! », il fit spontannément le signe « manger » !

Oui, car parlons-en des histoires ! Antonin manipule des livres depuis qu’il est en âge de tenir un objet dans ses mains mais jusqu’à récemment, je ne laissais à sa disposition que les albums cartonnés. Depuis un certain accident dans lequel Tigre, ce petit tigre a bien failli perdre des pages, je rangeais reliés et brochés dans un placard, et ne les sortais que pour les lui proposer en lecture du soir. Mais le mois dernier, nous avons emporté une selection de livres avec nous en vacances. Et j’ai pu constater deux choses : d’une part, Antonin est à présent très soigneux, d’autre part, il écoute jusqu’au bout les histoires que je lui raconte en journée. Jusqu’alors, s’il était très attentif lors de la lecture ritualisée avant le coucher, il avait un peu de mal à rester concentré aux autres moments.


Au retour de vacances, le Damoiseau s’est mis à me réclamer un tas de lectures ! Le fait que tous ses livres, hormis les vraiment-trop-beaux ou vraiment-trop-fragiles, soient désormais à sa disposition a certainement relancé son intérêt. Il peut aller jusqu’à en réclamer sept à la suite (et le même trois fois de suite), il est très attentif, et montre par ses réactions qu’il comprend plein de choses ! Autant dire que je me régale, moi qui aime tant lire des histoires ! Et j’avoue que je profite largement de cet engouement pour amener des « temps calmes » quand le Damoiseau est survolté : « Tiens, Antonin, tu veux que je te lise une histoire ? ». Oui, il veut. Toujours.

Il est donc logique que les imagiers que j’ai fabriqués pour Antonin (et surtout celui-là) aient un succès fou dans ce contexte. Depuis quelques temps, nous jouons à un petit jeu de mise en paire entre les photos des imagiers et les objets concrets.


Voici comment les choses se passent :


Les objets (ustensiles de cuisine ou figurines d’animaux) sont mis à disposition et Antonin joue avec librement. S’il me les montre, je les nomme. Au bout d’un moment, nous sortons l’imagier correspondant et le relisons. Puis je vais dans la pièce d’à côté avec l’imagier et je demande à Antonin d’aller me chercher « lion » ou « fourchette » en lui montrant la photographie de l’objet demandé. Il fonce dans la pièce d’à côté chercher l’objet en question. Il peut arriver qu’il se trompe, mais c’est rare ! Et trotter d’une pièce à l’autre participe à sa joie et à son besoin de mouvement ! De plus, le fait de ne pas avoir l’image sous les yeux l’oblige à garder son objectif en tête, tâche dont il s’acquitte très bien ; et nous vérifions ensuite que l’objet rapporté soit bien « le même » (concept mathématique que les jeunes enfants comprennent très vite, c’est impressionnant !) en le posant sur sa photo.

Je sens venir le temps où le Damoiseau va être mûr pour les nomenclatures

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire