lundi 13 février 2012

L'automne 2011 en images

Si je n’écris pas beaucoup, c’est aussi que je suis trop bavarde… donc cela me prend trop de temps !

Comme je n’ai pas écris sur ce blog depuis une grosse saison et demie, et que, parallèlement, je suis en pleine crise de “Le temps passe si vite”, je vous propose une petite retrospective en image (et promis, j’essaie de ne pas trop parler !).

Le premier automne d’Antonin, ce fut :

Un intérêt certain pour la manipulation des livres (de tous les livres) :

 
Une passion pour les tout petits objets… : 


… et les endroits inaccessibles :

**
De longues séances de gymnastique : 


Et hop, debout !




Et bien sûr, de longues heures de jeux !

vendredi 10 février 2012

Des goûts et des textures

Antonin en août 2011

Lorsqu’Antonin eût 6 mois, je commmençais doucement son sevrage : carottes vapeur d’abord, accompagnées d’huiles vierges (tournesol, sésame, colza, olive…) ou de purées d’oléagineux (purée d’amandes, tahin…)*, puis pommes de terre, fruits (pomme, banane, melon..) , riz, millet ou avoine cuits et moulus,  légumes de saison (chou-fleur, fenouil…)…

Cette nouvelle exploration sensorielle ne l’a pas enthousiasmé tout de suite : il fallut attendre les 8 mois d’Antonin pour qu’il ouvre lui-même grand la bouche en voyant la cuillère, et encore se lassait-il assez vite de l’exercice. Jusqu’à ses un an, la plupart de ses repas étaient donné au biberon. A vrai dire, cela m’embêtait passablement : je rêvais d’arrêter le lait maternisé synthétique, et je ne trouvais pas très montessoriens ces repas de soupe pris au biberon : il me paraissait si logique de réserver le biberon au lait, et de proposer tout autre nourriture avec une cuillère !

Octobre 2011 : “Quoi de tel qu’un dîner - soupe
dans les bras de Maman un soir d’automne ?”

Mais Antonin est, et restera longtemps, un enfant qui a énormément besoin de têter, et le nourrissage à la cuillère est un changement si bouleversant ! Il fallut donc quelque mois pour que nous nous y fassions, et que je parvienne à lui signifier, par mon attitude intérieure aussi bien que dans mes propositions d’aménagements, que ce changement était en fait une évolution.

Ce fut parfois difficile de voir, parallèlement, tous les bébés de mes copines avaler leurs repas à la cuillère sans rechigner ; et néanmoins de prendre mon mal en patience et  d’être suffisamment attentive pour marquer chaque nouvelle étape par de nouveaux comportements, en proposant un aménagement adapté. Ce fut l’occasion, pour la maman débutante que je suis, beaucoup de réflexions, de doutes et de tâtonnements. Dur-dur de résister à l’envie d’asseoir le Damoiseau dans la belle chaise Trip Trap fambant neuve avant qu’il ne s’asseye lui-même ; dur dur d’accepter de lui donner des semaines durant toujours la même purée carotte-pomme-de-terre parce qu’il n’y avait que cela que le Damoiseau acceptait…

Et puis, depuis peu, le déclic : hormis le petit déjeuner-calin, auquel je tiens, Antonin prend désormais tous ses repas à la cuillère, et fait montre d’un solide appétit ! Depuis un mois et demi, c’est le début d’une “lune de miel”, dont j’espère qu’elle sera longue, en ce qui concerne l’alimentation du Damoiseau. Pour le moment, Antonin a adopté des habitudes alimentaires assez régulières, prend l’équivalent de trois gros repas par jour, plus un goûter composé d’un grand bol de compote et de yaourt mélangés, et n’a que peu de caprice : céleri, topinambours, champignons, oignons et échalotes, choux de toutes sortes, endives, navets, épinards, tout y passe !! (Oui, oui, malgré le fait que les légumes d’hiver ne soient pas très “glamours”…).

A chaque fois qu’une nouvelle étape s’amorce, j’essaie d’organiser de nouvelles dispositions, d’introduire de nouveaux objets qui engendreront pour Antonin de nouvelles sensations, de nouvelles manipulations, de nouvelles expériences : hélas, ce n’est pas toujours une réussite, ainsi que le prouve en image l’introduction de cette assiette en forme de trèfle dont le descriptif a l’air très montessorien, n’est-ce pas ? En fait, les cuillères soi-disant adaptées sont très larges pour la petite bouche d’un bébé, le manche court et épais est glissant et difficile à saisir, et la cuillère se retrouve invariablement dans l’assiette… Source de salissure et de gaspillage supplémentaire. Quant à l’assiette, il est vrai qu’elle est très stable, mais peu profonde ; comme Antonin adore “mélanger” sa purée très vigoureusement, elle déborde abondamment…

Rien de tel que les bon vieux classiques :
le bol !

Et pour l’eau ? Fidèle à mes principes, je n’ai jamais proposé à Antonin que de l’eau dans un petit “verre”, un capuchon de biberon en plastique transparent : il était important pour moi que le récipient soit transparent, afin que l’enfant puisse prendre des informations visuelles, et qu’il soit adapté à la taille de sa main. Mais Antonin refuse que je le fasse boire : il empoigne lui-même son verre et le porte à sa bouche… avec plus ou moins de bonheur ! Je ne mets dedans que l’équivalent d’une cuillère à café, car deux fois sur trois, le liquide n’atterrit pas dans la bouche ! Hélàs, j’ai beau lui proposer à boire dès que possible, le Damoiseau en absorbe des quantités si infimes que je m’inquiète, surtout maintenant que la proportion de liquide devient négligeable dans la composition de ses repas… Si quelqu’un a un “truc” pour faire boire un bébé, je prends !! (Je précise que je refuse “d’appater” Antonin avec des boissons sucrées, et que je parle ici d’eau, ou à la rigueur d’infusions légères).

Le mot de la fin : je ne m’attendais pas à ce que nourrir mon enfant me prenne autant de temps (et je ne parle même pas des courses et de la confection des plats en elle-même) ! Je tiens absolument à ce que ses repas soient pour Antonin des moments de plaisir, ce qui suppose d’accepter les explorations du Damoiseau : en ce moment, alors qu’il sort d’une période où il portait bien la cuillère à sa bouche, Antonin préfère verser des cuillèrées de purée sur la table et taper dedans du plat de la main… Patience… Un jour viendra où ce grand garçon mangera seul et où je me dirais que les premières années ont vraiment passé trop vite…

* Il existe une polémique par rapport à l’introduction des oléagineux à laquelle je ne souhaite pas du tout participer ! L’ordre avec lequel j’ai présenté les aliments à Antonin n’est en aucun cas un modèle et est influencé par mon végétarisme et les ingrédients que j’ai moi-même l’habitude de consommer au quotidien. Je sais seulement que les purées d’oléagineux sont riches en protéines et en acides gras insaturés, qu’elles contiennent du calcium, du magnésium, du phosphore et la précieuse vitamine E, et qu’elles ont été données de tout temps aux bébés en complément du lait maternel. Je sais surtout qu’elles n’ont jamais posé aucun problème à Antonin, mais chaque bébé a une sensibilité digestive unique ! A vous d’observer les réactions du vôtre et de suivre votre instinct de parent !

mercredi 1 février 2012

Antonin et les livres

Tout d’abord, je tiens à m’excuser de mon long silence sur ce blog. Une petite Damoiselle verra le jour debut mai, et entre dormir et blogger, il faut choisir !

Ah, dormir, oui, à vrai dire, moi, je dormirais bien tout le temps quand je suis enceinte… Mais ce serait sans compter sur le sieur Antonin, qui, à 13 mois, a ses expériences à poursuivre, que voulez-vous !

Chaque jour qui passe mériterait un article tant il se passe de choses ! Oh, bien sûr, rien de bien spectaculaire pour un observateur extérieur :

Non, Antonin ne parle pas couramment. “Papa”, “Tiens ! ” et “Gui !” (qui, comme chacun le sait, est un synonyme de “Tiens ! ” qui signifie également “Donne ! “, que c’est pratique) : voilà les seuls mots récurrents de son lexique. Mais le Damoiseau est un bavard, qui babille toute la journée avec des intonations extrêmement fines pour mon oreille de maman : interrogation, exclamation, affirmation, mais aussi ton de l’humour ou de la colère, les modulations de sa voix sont si expressives !

Non, Antonin ne marche pas encore. Mais avez-vous remarqué que son jeu favori en ce moment est le transport d’objets, nécessitant de ne prendre appui que d’une seule main sur les meubles ? Et que tout lâcher pour retomber théâtralement sur le derrière déclenche des éclats de rire sans fin ?

Moi, je remarque. J’enregistre. Je me dis que cela passe vite.

Je ne sais pas si c’est le fait d’attendre un deuxième enfant, ou si c’est le besoin de faire le bilan de l’année écoulée, mais je repense beaucoup à Antonin quand il était un tout petit nouveau-né, ces temps-ci. Aujourd’hui, je pensais en particulier à ce jour de janvier de l’année dernière où j’étais allée l’inscrire à la bibliothèque.

Alors, là, il faut que je vous fasse un aveu : toute passionnée de pédagogie et de littérature que je suis, franchement, les “bébés lecteurs” je n’y croyais pas une seconde. Je me refusais à embêter mon nouveau-né de quelques semaines avec un cérémonial de lecture auquel il ne comprendrait rien. Non, si j’inscrivais mon fiston à la bibliothèque, c’était très égoïstement pour emprunter pour moi-même : l’inscription des mineurs est gratuite !

Seulement voilà : la très gentille bibliothécaire m’annonce qu’Antonin, étant né à Grenoble en 2010, a droit à un album gratuit. Cet album, le voici :


Bien que passionnée de littérature jeunesse, je ne connais pas cet auteur. A première vue, je lui trouve le trait épais, mais la couverture dégage quelque chose de sympatique. De toute façon, j’attends de le lire : quelle que soit la qualité des illustrations, c’est toujours par les mots que j’entre dans une oeuvre.

Et bien, j’ai beaucoup aimé ce livre : le thème en est la singularité du tout-petit, malgré (grâce à ?) son appartenance à sa famille. Mais que c’est un thème compliqué pour un bébé ! Le livre est allé rejoindre ses confrères dans notre bibliothèque quelques semaines.

Et puis, un jour, j’ai eu envie de le lire à Antonin. Pour voir. Et aussi parce que décidément, ce texte faisait écho aux discours de mes proches qui s’acharnaient à disséquer mon fiston pour lui trouver des ressemblances (Il a ton menton, et le front de son papa ! L’oreille droite, c’est de notre côté, l’oreille gauche, par contre…) là où moi je ne voyais, et ne voulais voir, que LUI !

La réaction d’Antonin fut incroyable. Quel âge avait-il donc ? Un mois et demi, deux mois ? Ses yeux  naviguaient sur les illustrations sans les lâcher, il frétillait et agitait les jambes, je me souviens ! Un mélange d’excitation et de concentration !

Et de mon côté, je me suis aperçue que le texte utilisait des mots simples et doux à l’oreille. Que les phrases étaient rythmées. Et que les aplats de couleurs franches, les traits épais et les gros yeux des personnages étaient d’excellentes choses pour la vue encore vacillante d’un tout petit.

Il n’y eu jamais un deuxième livre comme Tigre, ce petit tigre. Jamais Antonin n’écouta une autre histoire avec la même patience et la même attention. Aujourd’hui encore, je la lui lis tous les soirs avant le coucher. Il l’écoute sans se lasser, et ne cherche même pas à toucher le livre ! Il regarde, babille, écoute. Il rit aux passages amusants. Je suis stupéfaite.

Quant aux autres livres d’Antonin …

Bien sûr Antonin a d’autres livres : des livres adaptés à son âge, entendez : en carton fort, petit format, des histoires courtes, aux thématiques proches de son quotidien de bébé, avec des textures à toucher…


Antonin adore les manipuler, mais il s’impatiente assez vite si j’essaie de lui lire une de ces histoires, pourtant soigneusement choisies. Je comprends bien que pour lui, ce ne sont pour le moment que des objets, fascinants au même titre que l’essoreuse à salade en plastique ou la corbeille de papier à recycler (il faudra que je vous parle de la passion d’Antonin pour le monde des objets domestiques, un de ces quatre).

Mais pour le Damoiseau, Tigre, ce petit tigre est une oeuvre. C’est différent.