vendredi 31 août 2012

P'tit cuistot

Voici un objet qui n’est pas ce qu’il a l’air d’être !


Ben quoi, c’est un tablier de cuisine, direz-vous…

Mais c’est bien plus que cela ! D’abord, c’est un tablier d’enfant, et ensuite c’est en fait un symbole, un signal. En effet, il va servir à indiquer à Antonin que nous commençons une activité sérieuse, encadrée, dans la cuisine, pièce dangereuse dans laquelle on ne fait pas n’importe quoi. L’heure a bientôt sonné où je vais proposer à Antonin de « mettre la main à la pâte », pour sa plus grande joie !

Je suis en train de mûrir les activités que je vais organiser ; ce ne sera rien de compliqué, mais j’ai besoin que cela soit très clair dans ma tête, alors je me donne un peu de temps. Mais, bien sûr, vous saurez tout ! Et la première étape était celle-ci : se procurer un petit tablier qui circonscrive l’activité : on le met au début, on l’enlève à la fin, et pendant tout le temps où l’enfant le porte, il est investi d’une mission un peu spéciale…

A suivre !

jeudi 30 août 2012

Aplats et fourchette


Je préfère la pluie à la canicule : au moins, il est possible de sortir, même si on ne passe pas la journée dehors non plus…

Ce matin, je sentais bien qu’Antonin tournait en rond dans l’appartement. Alors, pendant la sieste de Louiselle, j’ai pris mon courage à deux mains, et je lui ai installé une activité peinture. Je lui en propose rarement car le rapport investissement matériel/interêt du Damoiseau n’est pas très bon… En effet, il faut que je découpe une grande feuille de papier, la scotche sur la table, installe le tout dans la cuisine (carrelée) avec une petite chaise, dilue de la peinture dans un petit pot, persuade Antonin d’enfiler une blouse. Le Damoiseau patouille quelques minutes (façon de parler, Antonin travaille au pinceau, il n’aime pas avoir de la peinture sur les doigts), puis je dois lui laver les mains, le visage, laver la blouse, le pinceau, faire sécher l’oeuvre, nettoyer la cuisine… Et je ne parle pas du cas, frèquent, où Antonin manifeste son envie de s’y remettre alors que tout est rangé !

La séance de ce matin m’a quand même apporté deux satisfactions :
- J’ai pu constater qu’Antonin, qui commence vraiment à prendre plaisir à laisser des traces, était dans sa phase « aplats » genre « Je colorie tout sans laisser de blanc et plus c’est épais, mieux c’est » !


- A un moment, le Damoiseau a filé dans sa chambre (je m’apprêtais donc à devoir tout ranger…) et est revenu avec une fourchette en plastique ! Il a griffé la matière quelques instants, et j’ai trouvé cela vraiment chouette qu’il utilise, de sa propre initaitive, une autre technique plastique que celle que je lui proposais !


C’est exactement le genre d’activité que l’on propose en maternelle pour permettre aux enfants d’expérimenter différents outils : on met à leur disposition des fourchettes (ou des petites voitures) pour qu’il rayent la matière. Mais la différence ici, c’est qu’Antonin a identifié lui-même la fourchette comme un outil à détourner ! Et forcément, je suis très fière de mon fiston ! 

Voilà qui égaye bien un jour de pluie, non ?

Séances de larmes


Il y a quelques semaines, je vous faisais part ici d’une situation assez pénible que j’avais un peu de mal à décrypter : les chouinements ininterrompus du Damoiseau. J’adresse au passage un merci particulier à Luluberlue (grâce à qui nous avons testé les Fleurs de Bach, avec un relatif succès, m’a-t-il semblé) et à Aya dont le commentaire m’a mis la puce à l’oreille : car si la naissance de sa soeur a été pour Antonin un bouleversement radical, il me semblait que la cause profonde était ailleurs… Cette cause, je crois à présent l’avoir trouvé dans la frustration permanente d’un grand bébé qui commence à comprendre comment son petit monde fonctionne, mais n’a pas encore la compétence nécessaire pour le faire fonctionner seul.

Or, cette frustration, je ne peux (et ne veux) rien faire pour l’éviter à Antonin. Elle est constitutive de la nature humaine, et il n’en a pas fini avec elle ! La question devenait donc : comment lui permettre d’exprimer cette frustration autrement que par ce comportement fébrile usant pour moi et notre relation ?

C’est alors que je me suis souvenue de la théorie d’Aletha Solter, dont je vous ai déjà parlé ici, et qui prétend que les pleurs ont justement cette fonction cathartique, aussi indispensable à l’être humain que le  fait de s’alimenter ou de dormir.


Jusqu’à il y a quelques mois, j’étais très attentive au besoin de pleurer d’Antonin. Les crises avaient souvent lieu après la sieste. Je restais tout près de lui en lui caressant le dos et en essayant d’écouter et d’adopter une attitude positive. Ce fut pour moi toute une démarche personnelle que d’accepter ces crises dans un état d’esprit de joie, tant il est vrai que les pleurs sont socialement condamnés (« Que tu es grand, tu n’as même pas pleuré, c’est bien ! » dit-on aux petits courageux). Ces séances duraient environ une heure, et elles se répétaient trois fois par semaine à peu près. Après avoir pleuré, Antonin était toujours très câlin, très calme et serein.

Et puis… J’ai dû perdre l’importance de ces séances de vue. J’ai dû, petit à petit, adopter une attitude consolatrice pour éviter les crises. Le Damoiseau a certainement accumulé colères, tristesse et frustrations. Il a certainement déployé de puissants « automatismes de contrôle » (la têtine en est un, c’est certain !) pour éviter lui-même d’avoir à pleurer. Et il est devenu pénible.

Mais depuis quelques semaines, je fais à nouveau très attention. Je sens la crise arriver : le Damoiseau chouine, il est « pot-de-colle », il enchaîne menus « caprices » et provocations. Et puis, souvent au réveil, ça éclate. Il pleure tout son saoul, avec fureur, parfois pendant plus d’une heure. Puis, une fois toute la tension libérée, il redevient le petit garçon joyeux et curieux avec lequel j’aime tant passer mes journées !

Mais je rencontre deux problèmes à cette mise en pratique :
- Premier problème : lors de ces crises de défoulement, Antonin semble ne pas supporter d’être tenu dans les bras. Si j’essaie de le contenir, il me repousse en hurlant, et ne revient vers moi qu’à la fin de la séance de larmes. D’après Aletha Solter, il faut insister, car cette lutte entre l’enfant et nous fait partie du processus : cela permet à l’enfant de concrétiser ce « combat » permanent contre tout ce qui le dépasse et est source de frustration. D’après elle, même si l’enfant se débat, il veut être pris dans les bras, et il en a besoin pour s’assurer de l’inconditionnalité de notre amour en ce moment où il est particulièrement « pénible ». Mieux, ce contact physique aide l’enfant à se libérer de son chagrin, et sa colère en est la preuve ! Mais c’est du sport ! Et, forte charge symbolique ou pas, c’est une lutte ! Il faut être préparé à cela, et j’avoue que je n’y parviens pas. Je laisse Antonin pleurer à quelques pas de moi sans le toucher. J’essaie de lui parler mentalement, de lui envoyer mes pensées positives ; j’espère qu’il le ressent et c’est tout ce que je peux faire en terme de « contact ».
- Deuxième problème : il est important de ne pas laisser l’enfant pleurer seul ! Je pense que nous sommes toutes d’accord sur ce blog pour dire qu’abandonner l’enfant face à sa souffrance est vraiment dommageable. La présence de l’adulte (et si possible, donc, son contact chaleureux) est indispensable pour que ces crises soit salvatrices. Mais… j’ai Louiselle aussi, dont je dois m’occuper, et que je ne peux pas laisser seule face à son propre désarroi ! Or, en entendant son frère pleurer, la Damoiselle s’angoisse. A croire qu’elle comprend dans le détail ce qu’il exprime, et qu’il s’agit de toute la misère du monde ! Et me voilà avec deux bébés hurlant… Impossible, dans ces conditions, de donner de l’attention aux deux ! C’est une situation compliquée, mais récurrente. Je suis alors obligée de distraire Antonin de son besoin de pleurer alors que je sais que c’est le moment pour lui… Je suis contente quand ses crises  ont lieu de 6h30 à 7h30 du matin (mais mon voisin, beaucoup moins…), parce que mon mari est là pour rassurer Louiselle !

Il est à noter que lorsque c’est Louiselle qui fait ses séances de larmes (et oui, elle aussi ! et cette fois, je ne lui colle pas de tétine dans la bouche, mais je l’écoute !), Antonin, lui, est tout à fait serein et n’interrompt pas ses activités pour autant… Encore une chance !

lundi 27 août 2012

Autogestion

Antonin a eu 20 mois samedi dernier, et comme par un fait exprès, ce week-end a vu s’opérer deux changements majeurs dans notre organisation familale.


Entrer et sortir de table :
Cela faisait une quinzaine de jours qu’Antonin s’essayait à escalader sa chaise Tripp Trapp. Ce que voyant, nous avons décidé d’ôter l’arceau de sécurité qui l’obligeait à rester assis et l’empêchait de sortir de sa chaise haute. Avec une petite appréhension néanmoins : Antonin saurait-il rester assis pendant son repas, sans sortir à tout-va pour explorer la cuisine qui le fascine tant ? Et bien, oui ! J’ai même l’impression que les repas se passent plus sereinement depuis que nous avons opéré ce petit changement ! Le Damoiseau est très fier d’escalader lui-même sa chaise (et ne manque pas de s’autocongratuler à chaque fois !), même s’il a encore besoin d’un peu d’aide pour en redescendre. Nous lui avons clairement expliqué que s’il sort de table, le repas est terminé : « Nous te faisons confiance quant à la quantité de nourriture dont tu as besoin. Si tu sors de table, c’est que tu en as assez, et ce sera fini jusqu’au prochain repas. » Antonin a parfaitement compris, et lorsqu’il fait mine de descendre alors que le repas n’est pas terminé, il suffit de lui demander « C’est fini ? » pour qu’il se rassoie sagement. Un vrai succès, donc !

Parallèlement, nous avons nous-mêmes amménagé nos horaires pour que nous puissions manger tous ensemble le midi et le soir… sauf les vendredis, samedis et dimanches soirs, où les parents mangent seuls un peu plus tard, histoire de se sentir en week-end, de prendre le temps d’admirer un coucher de soleil en sirotant un rosé-pamplemousse… La vie sans enfant, quoi !!  ;-)

J’avoue que lorsque je vois notre couvert placé, avec les deux couverts d’adultes et le petit couvert d’enfant (dont je reparlerai très bientôt), j’ai un gonflement de contentement ! Depuis le temps que j’attendais cela ! 
Qu’il est grand, mon petit !

Entrer et sortir de son lit :
Cette petite révolution effectuée, le hasard (mais est-ce vraiment un hasard ?) en a provoqué une autre : dimanche, à l’heure de la sieste d’Antonin, nous l’entendons soudain pleurer. Un pleur non-habituel, genre « Il se passe quelque chose ». J’entre dans la chambre : le Damoiseau est hors de son lit à barreaux ! Et voilà, il paraît que cela finit par arriver un jour ou l’autre dans toutes les familles : les bébés ne se laissent pas contenir éternellement, et c’est tant mieux, n’est-ce pas ? Du coup, nous avons installé le petit lit au sol qui attendait son heure. La transition est tout de même plus difficile dans la mesure où Antonin peut se lever… et ne s’en prive pas. La porte refermée (« Bonne sieste, mon chéri !« ), nous l’entendons jouer… Et puis, plus rien. Le damoiseau s’écroule, car l’heure bien passée, c’est plus que l’heure, et le sommeil est ravageur. De la même façon, nous avons expliqué à Antonin : « Nous ne pouvons pas t’obliger à dormir, même si nous savons que ton petit corps a besoin de repos. Mais de 13h à 15h, et le soir à partir de 20h, la porte de ta chambre sera fermée. Nous, nous avons besoin de ce temps-là pour faire nos activités de grandes personnes. Tu ne dois pas nous déranger. »


Touchons du bois, pour le moment, ça ne se passe pas trop mal !

P.S. J’écris cet article pendant la « sieste«  d’Antonin. Si je crois les bruits que j’entends, il est en train de vider son coffre de Duplos…

vendredi 24 août 2012

Variation sur le mobile de Gobbi

Bon, si j’étais totalement honnête, j’appelerais cet article "Mobile de Gobbi raté" … :-D


Le mobile de Gobbi, il est vraiment très très joli, mais je l’ai trouvé difficile à réaliser ! J’ai rencontré plusieurs difficultés au cours de sa fabrication :
- D’abord, le choix des couleurs. Pas évident de trouver un dégradé de coton pertinent ! A tel point que je me suis demandé si je n’allais pas me rabattre sur un pot de peinture, dans laquelle on ajoute la même quantité de blanc entre chaque peinture de boule… Mais ce serait dommage de perdre l’aspect chatoyant du coton, non ?
- Ensuite, le diamètre des boules. Les premières que j’ai acheté était trop grosse, une aiguille à tapisserie les traversait pas diamétralement ! Tant pis, elle serviront pour faire des boules de Noël cet hiver ! J’ai en racheté de 40 mm de diamètre, là, c’est parfait.
- Dur – dur : il faut couper le fil en longues aiguillées (mais pas trop longues, sinon le fil s’emmêle) et cela fait plein de nœuds autour des petites boules… Pas très joli.
- Et puis, il faut trouer les boules, pour permettre à l’aiguille à tapisserie de passer. J’ai pris ma plus grosse aiguille à tricoter (n°8) et j’ai percé. Le trou était trop petit, il était plein avant que les boules ne soient recouvertes. Alors, « aux grands maux, les grands remèdes », j’ai troué mes boules avec… un évide-pomme ! Evidemment, les trous sont trop grands, 3 écheveaux de coton n’ont pas réussi à les combler, et mes boules sont restées perçées… Tant pis, Madame Gobbi ne m’en voudrait pas trop, je pense… L’esprit reste le même, non ? Mais l’avantage, c’est que l’écheveau passe en entier dans le trou et je n’avais pas à couper le fil en aiguillées : plus de noeuds disgrâcieux !
- Enfin, il faut disposer les boules de façon à ce qu’elles soient alignées, et encore une fois, même si ça se calcule, je n’ai obtenu qu’un à-peu-près…

Mais l’important, c’est que la Damoiselle adore son nouveau mobile ! Enfin, quand elle peut le voir, ce qui n’est le cas dans sa nouvelle posture favorite !! ;-D

jeudi 23 août 2012

Fèves et canicule


La canicule c’est un peu comme lorsqu’il pleut : personne ne peut sortir et les parents se creusent la cervelle pour proposer à leurs bambins survoltés des activités riches improvisées avec les moyens du bord. Chez nous, le salut pour endurer ces longues heures du jour passées en intérieur est venu d’un sachet de fèves sèches que j’ai retrouvé au fond d’un placard.

On peut faire plein plein plein de choses, avec des fèves !
  • D’abord, on peut transvaser. Classique, mais interminablement efficace.


  • Ensuite, ça se prête à tout plein d’expériences sensorielles. Pour attirer l’attention du Damoiseau sur le joli bruit que font les fèves contre le métal, je les ai versées dans une passoire. J’en ai rempli une louche métallique et j’ai fait tomber en pluie les graines en disant « Écoute ! ». Antonin signe immédiatement « écouter », et écoute, effectivement, très attentivement ! Mais manipuler la louche ne l’intéresse que moyennement, il n’a pas cherché à m’imiter trop longtemps. Par contre, il a beaucoup aimé enfouir ses mains dans les fèves et les faire rouler dans ses poings. Moi aussi ! C’est très relaxant… 

  • Ensuite, c’est un support idéal pour les jeux d’imitation, qui commencent à pointer leur nez par chez nous ! 
Nous avons donc fait de délicieux gâteaux aux fèves…


Et nous avons mixé les fèves…


(Sur cette photo, Antonin tient fermement le bouton imaginaire du mixer, vous voyez ? Et il fait « VRRR » en secouant tout le haut du corps !)

Mais les fèves, c’est aussi très bon quand on fait semblant de les manger telles quelles, à la cuillère… ce qui demande une certaine dextérité !


Et puis, on peut les ranger quand on en a mis partout. Il y a toujours un moment où, après une longue phase d’attention et d’action resserrée, une sorte de frénésie s’empare du Damoiseau. C’est l’heure où il aime tout éparpiller et s’exclamer d’un air ravi « Y’en a pa’tout ! » en mimant une fausse indignation. Et c’est l’heure où je l’aide à ranger, avant de mettre un terme à l’activité…


  • Et même, on peut les trier quand il se trouve qu’elles ont été mélangées à des pinces à linge. J’adore quand le hasard propose une nouvelle activité qui se trouve être pile dans les compétences du Damoiseau. Bien sûr, quand j’ai vu cela, j’ai expliqué à Antonin qu’il fallait ranger :


Mais par n’importe comment, non ! Les pinces à linge avec les pinces à linge, dans leur pot en terre, et les fèves avec les fèves, dans la passoire métallique ! Non mais, ce serait trop facile, sinon. Et puis, moi, j’aime l’ordre (pas autant qu’Antonin, mais je me soigne). Le Damoiseau a adoré cette activité ! Il s’est très peu trompé et a beaucoup aimé se corriger. Cette observation n’est pas tombé dans l’oeil d’une aveugle, je vous prie de le croire… (à suivre).
  • Enfin, c’est une excellente activité pour tester le fait de « travailler » sur un petit tapis. Hier, j’en ai déroulé un sur lequel j’ai proposé le pot de fèves à Antonin. Aujourd’hui, quand il m’a vu entrer dans sa chambre avec le même récipient, il a couru chercher le tapis et l’a installé lui-même ! Il m’a vraiment bluffée sur ce coup-là !! 

mercredi 22 août 2012

Et pourtant, elle tourne !

… ou plutôt, elle se REtourne !

Lundi matin, je lisais une histoire à Antonin, qui siégeait sur son pot. Louiselle babillait dans son parc. C’est un espace qu’elle apprécie de plus en plus : elle est toujours de bonne humeur quand nous l’y posons. Elle sait qu’il y a toujours plein de choses à observer et à attraper !

Mon homme entre dans la pièce pour nous dire au revoir ; il part au travail. Il me dit : "Regarde Louiselle !"
 
Surprise : la Damoiselle est en torsion souple, le bassin et les jambes bien à plat face au sol, presque à plat ventre ! Seulement, le haut du corps a du mal à passer ; son épaule gauche est en contact avec le tapis, son épaule droite est pointée vers le ciel, la tête complètement renversée en arrière qui suit l’arc du dos, et elle se concentre et fait visiblement de gros efforts !

Et là ! Lentement, sous nos trois-fois-deux yeux ébahis, la lourde petite tête se souleve et, entraînée par son poids, bascule, faisant pivoter le haut du corps ! Ça y est ! Louiselle s’est mise sur le ventre, toute seule, pour la première fois de sa vie ! Emportée par son élan, sa tête a heurté la paroi du parc, mais ce petit détail n’a rien ôté à sa fierté. Car elle rayonnait de contentement ! Et ne semblait pas du tout surprise de se retrouver dans cette drôle de position.

"Ah, ben voilà ce que je voulais faire depuis le début" , semblait-elle nous dire en suçotant les poils de sa peau de mouton.

Depuis, elle ne cesse de récidiver. Et si elle ne s’échine pas toujours à se retourner, une chose est sûre, c’est qu’à présent, elle a une nouvelle position préférée, qui lui permet de voir le monde… sous un autre angle !

Ne dirait-on pas une danseuse ?

L’observer suscite chez nous tous émerveillement et admiration : même Antonin s’est exclamé ce matin « Bravo, Louiselle !! » en battant des mains ! La variété de ses gestes, leur souplesse, leur précision nous apparaissent aujourd’hui brusquement, même si c’est depuis sa naissance que la Damoiselle y travaille, en observant ses mains, ses doigts, les objets qui l’entourent, et en explorant, de façon subreptice et quasi souterraine, la subtilité des mouvements possibles. Que je suis heureuse de l’avoir toujours laissé sur le dos, sans chercher à l’inciter ni à lui imposer des positions non naturelles !

Hier soir, nous avons pu constater que le passage était maitrisé ; elle a même compris comment décoincer son bras gauche de sous son corps pour pouvoir prendre appui sur les deux mains. Et de faire alors des pompes, en levant la tête le plus haut possible et le plus longtemps possible en soufflant des « han-han » ! Ouah ! Encore une preuve pour moi de l’existence d’une sorte de plan de développement interne, exigeant et propre à chacun, que l’enfant suit avec une volonté de fer, sans que nous n’y soyons pour rien ! 

lundi 20 août 2012

Ecouter de la musique

Au jour d’aujourd’hui qui n’écoute pas de musique ? Qui, aujourd’hui, n’a pas son ordinateur avec la possibilité de télécharger tout ce qu’il désire en MP3, qui n’a pas son I-Pod ? Nous à la maison, nous avons deux ordinateurs et demi (si on compte le portable professionnel de mon homme) et deux I-Pod.

(C’est mal, mais on n’a pas de télé, est-ce que ceci compense cela ??)

Alors, il y a belle lurette que nous nous sommes dit qu’il était inutile de s’encombrer de nos CDs ; nous les avons tous copiés dans notre musicothèque virtuelle, et les CDs sont descendus à la cave, libérant ainsi un bon pan de mur du salon.

Les mois ont passé, et un jour j’ai réalisé que je n’écoutais plus de musique. C’est vrai, souvent j’ai envie d’écouter un morceau, mais l’idée d’allumer l’ordinateur me décourage immédiatement, sans compter qu’il faut faire les branchements nécessaires aux enceintes, puis chercher mon morceau… et souvent ne pas le lancer, parce que devant la multitude d’albums proposés, je ne suis plus vraiment sûre de ce dont j’ai envie (attitude typique du « zappeur »)… Et bien voilà, petit à petit, je me suis mise à ne plus écouter de musique. En devenant Maman, j’ai donc craint que mes enfants n’en écoutent pas beaucoup non plus. Il fallait agir.

Il y a quelques semaines, je suis redescendue à la cave, et j’ai remonté tous les CDs qui me manquaient vraiment. J’ai dépoussiéré un petit poste radio-lecteur cassettes et CDs, le genre de petit truc à 30 euros dont le son n’est pas optimal mais qui a l’avantage d’être pratique et léger, et nous l’avons installé au coeur de l’appartement, à l’exact croisement de la cuisine, du couloir, du salon et de la chambre des enfants. Et oh, miracle, je me suis mise à réécouter de la musique. Et Antonin et Louiselle aussi.

Une précision s’impose ici : pour moi, écouter de la musique, ça n’a jamais été l’écouter en bruit de fond. C’est un peu comme la télévision : je suis toujours surprise d’entrer dans des maisons où la télé fonctionne en permanence et dans lesquelles les gens vivent avec ces images et ces bruitages. Ils ne semblent pas en être génés. Je ne sais pas si c’est parce que je n’ai jamais eu la télévision (non, même enfant, et non, non, je ne suis pas une extraterrestre !), mais quand elle est allumée, moi, je ne peux pas m’empêcher… de la regarder ! Et même je dois dire que cela m’hypnotise pas mal ! Mes hôtes souvent doivent me trouver complètement impolie, je rentre, je dis « Bonjour ! »,… et je m’abîme dans la contemplation de l’écran ! (Enfin, au bout d’un moment, j’arrive quand même à m’en extirper et à demander d’une petite voix si on ne peut pas éteindre, ce qui m’est toujours accordé). Bref, tout cela pour dire, qu’avec la musique c’est pareil. Je ne parviens pas à ne pas l’écouter. Ce qui est vite fatiguant et anti-social, il faut bien l’admettre.

Mais en y réfléchissant, je me dis aussi que c’est une bonne chose. Moi, j’aimerai bien que mes enfants, le jour où ils regarderont la télévision, la regardent vraiment (et avec un sens critique bien aiguisé) et j’aimerai aussi que, quand ils écoutent de la musique, ils l’écoutent vraiment.

La question devint donc : comment faire écouter de la musique à un bébé de 19 mois, et à un autre de 3 mois, de telle façon qu’ils l’écoutent vraiment ?

J’écoute peu de musique car cela signifie pour moi tout arrêter, m’asseoir dans le canapé et fermer les yeux… Je ne peux exiger d’eux cette attitude, bien évidemment ! C’est donc à moi d’avoir à présent une écoute plus « active » pour leur permettre de construire leur propre sensibilité. Et bien sûr, tout dépend aussi de ce que l’on écoute :

1. Les berceuses. Pendant les deux premiers mois de Louiselle, nous n’avons écouté quasiment que des berceuses. Dès qu’elle était un peu chagrine, je la prennais dans mes bras et la berçais pendant que nous écoutions ce disque-là :


En fait, nous n’en écoutions même que les 11 premières chansons, qui seules sont des berceuses (après ce sont des comptines plus rythmiques). Généralement, à la onzième chanson, la Damoiselle dormait benoitement. Mais pendant 11 chansons, nous n’avions fait que cela, elle et moi : écouter (et, pour ma part, chanter, aussi, et bercer en rythme).

2. Du classique. Là encore, nul besoin, à mon avis, inonder les jeunes oreilles. J’ai remonté exactement trois disques : un double CD de berceuses classiques, magnifique compilation dont je ne me lasse pas, cadeau de ma belle-mère ; Les quatre saisons de Vivaldi ; et Le carnaval des animaux de Saint-Saëns. Antonin réagit dès que je lance un de ces morceaux ! Et nous dansons ! Parfois dans les bras l’un de l’autre, parfois en tournoyant chacun de notre côté ! Et encore une fois, quel que soit le temps passé à cette activité, il est consacré entièrement à la musique !

3. Des comptines. Là encore, j’y vais doucement. J’ai attendu, malgré ma hâte, qu’Antonin soit en plein boum langagier pour introduire un disque (celui-là, mais ça aurait pu être un autre). Pour le moment, il ne connait que 3 comptines. Je prends le temps de les amener une à une, je les choisis soigneusement en fonction de son vocabulaire et de ses intérêts du moment. Et cette fois, l’écoute se traduit en gestes. J’invente une gestuelle, en puisant conjointement dans le DVD fourni (qu’Antonin ne regarde pas, il me regarde, moi !!), la LSF et mon inspiration du moment ! Le Damoiseau y prend beaucoup de plaisir, et nous, ses parents, aussi !

Car, c’est le plus important, dans cette histoire, le plaisir !

Et nous serons tous bien d’accord pour dire que la meilleure musique, à tout âge, reste celle-là :

Louiselle, un mois, écoute son Papa

Et si, comme moi, vous peinez sérieusement à arracher un son à un instrument, chantez !!  ;-)

Il signe !

Ça y est ! Il suffisait simplement que j’en parle, n’est-ce pas ?

Depuis ce week-end, Antonin signe pour signifier ses besoins (la faim, la soif), et réclamer des objets absents (principalement, le bol du baby cook) ! Notre frustration réciproque de ne pas toujours nous comprendre va en prendre un sacré coup !!

dimanche 19 août 2012

Une bibliothèque !


Puisqu’Antonin est maintenant très attentif aux histoires que je lui lis, puisqu’il est manifeste qu’il les comprend et qu’elles l’aident à structurer et à accroitre son vocabulaire, le moment était venu de lui installer une bibliothèque !

J’ai choisi le modèle que vous pouvez voir sur la photo pour plusieurs raisons :
1. D’abord, ce meuble prend très peu de place dans la chambre qui commence sérieusement à rétrécir (?) : s’il mesure 1 mètre 45 de haut, sa largeur est seulement de  55 cm, ce qui permet de le caser sur un petit pan de mur comme ici.
2. Ensuite, les livres y sont rangés face au petit lecteur, qui ne peut prendre d’information sur l’histoire à partir d’une simple tranche ! Antonin a besoin de voir les couvertures pour reconnaître ses livres. De plus, cette disposition fait que les livres sont beaucoup plus faciles à ranger pour l’enfant : Antonin s’est entraîné pendant des heures à ranger ses livres debout les uns à côté des autres, les redressant patiemment quand tout s’effondrait, mais tout de même, comme ça, c’est plus facile !!
3. Les différentes hauteurs d’étagère me permettent de proposer, sur les deux plus basses, les livres qu’Antonin va manipiler librement. Sur la plus haute, sont remisés ceux que nous ne lisons qu’ensemble (parce que fragiles). L’étagère intermédiaire est réservée aux livres de bibliothèque, que je ne veux pas qu’Antonin abîme. Pour le moment, ce sont des livres à lui qui s’y trouvent, car avec la canicule, je ne sort plus après 9h30 du matin, et la bibliothèque n’ouvre qu’à 10h ! Mais ce sera pour bientôt…

Ce meuble va me permettre de proposer un roulement dans les livres, comme je le fais avec les jeux : cela relance l’intérêt de l’enfant, et on se rend compte qu’on a bien plus de trésors que ce que l’on croyait !

mercredi 15 août 2012

Premier éclat de rire

Lundi dernier, j’arpentais l’appartement avec Louiselle dans les bras. Je la tenais debout bien contre moi, une main sous ses fesses, l’autre main contre l’arrière de sa tête. C’est une position qu’elle affectionne particulièrement et qu’elle réclame souvent. Et puis je marchais. Et je fredonnais. J’avais un peu la tête ailleurs, pour tout vous dire.

Et soudain…

La Damoiselle a éclaté de rire ! Oh, pas de ces petits gargouillis en cascade que j’appelle « rire » depuis quelques semaines, non, un vrai rire, modulé, ensoleillé, communicatif !


J’ai regardé autour de moi ce qui avait pu provoquer cette hilarité… Mais je n’ai pas trouvé !

mardi 14 août 2012

Boulimie de mots

Ça y est : Antonin en est au fameux stade du "un nouveau mot par jour" , et j’avoue que je me régale ! Aujourd’hui, c’est « là-haut », hier c’était « pied », avant-hier « chaud », le jour d’avant « compote », le jour encore avant « y’en a partout » (avec un air mi-étonné mi-choqué, alors que c’est LUI qui vient d’étaler consciencieusement son yaourt sur la table !!)… Sans compter tous les mots qu’il répète avec application après nous ! J’en perd le compte…

Cette « absorption du langage » se manifeste aussi quant aux signes. Ah ! Si j’avais été un peu plus constante dans leur utilisation, je suis sûre qu’Antonin signerait beaucoup plus aujourd’hui ! Ce sera pour Louiselle, puisque l’habitude en est prise désormais. Antonin signe, donc, mais généralement, il s’agit de mots qu’il sait dire, et il les signe en les disant (« chapeau » par exemple). Ou bien s’il ne sait pas dire le mot, il a tendance à signer en la présence de l’objet, sur le mode de la désignation (mixer), et non pas pour réclamer un objet absent qu’il désire. Il comprend également un tas de signe qu’il ne reproduit pas ("dormir" , « tétine »…). J’ai quand même eu une grosse satisfaction hier, lorsqu’en lui lisant une histoire de loup qui commence par « J’ai très très faim ! », il fit spontannément le signe « manger » !

Oui, car parlons-en des histoires ! Antonin manipule des livres depuis qu’il est en âge de tenir un objet dans ses mains mais jusqu’à récemment, je ne laissais à sa disposition que les albums cartonnés. Depuis un certain accident dans lequel Tigre, ce petit tigre a bien failli perdre des pages, je rangeais reliés et brochés dans un placard, et ne les sortais que pour les lui proposer en lecture du soir. Mais le mois dernier, nous avons emporté une selection de livres avec nous en vacances. Et j’ai pu constater deux choses : d’une part, Antonin est à présent très soigneux, d’autre part, il écoute jusqu’au bout les histoires que je lui raconte en journée. Jusqu’alors, s’il était très attentif lors de la lecture ritualisée avant le coucher, il avait un peu de mal à rester concentré aux autres moments.


Au retour de vacances, le Damoiseau s’est mis à me réclamer un tas de lectures ! Le fait que tous ses livres, hormis les vraiment-trop-beaux ou vraiment-trop-fragiles, soient désormais à sa disposition a certainement relancé son intérêt. Il peut aller jusqu’à en réclamer sept à la suite (et le même trois fois de suite), il est très attentif, et montre par ses réactions qu’il comprend plein de choses ! Autant dire que je me régale, moi qui aime tant lire des histoires ! Et j’avoue que je profite largement de cet engouement pour amener des « temps calmes » quand le Damoiseau est survolté : « Tiens, Antonin, tu veux que je te lise une histoire ? ». Oui, il veut. Toujours.

Il est donc logique que les imagiers que j’ai fabriqués pour Antonin (et surtout celui-là) aient un succès fou dans ce contexte. Depuis quelques temps, nous jouons à un petit jeu de mise en paire entre les photos des imagiers et les objets concrets.


Voici comment les choses se passent :


Les objets (ustensiles de cuisine ou figurines d’animaux) sont mis à disposition et Antonin joue avec librement. S’il me les montre, je les nomme. Au bout d’un moment, nous sortons l’imagier correspondant et le relisons. Puis je vais dans la pièce d’à côté avec l’imagier et je demande à Antonin d’aller me chercher « lion » ou « fourchette » en lui montrant la photographie de l’objet demandé. Il fonce dans la pièce d’à côté chercher l’objet en question. Il peut arriver qu’il se trompe, mais c’est rare ! Et trotter d’une pièce à l’autre participe à sa joie et à son besoin de mouvement ! De plus, le fait de ne pas avoir l’image sous les yeux l’oblige à garder son objectif en tête, tâche dont il s’acquitte très bien ; et nous vérifions ensuite que l’objet rapporté soit bien « le même » (concept mathématique que les jeunes enfants comprennent très vite, c’est impressionnant !) en le posant sur sa photo.

Je sens venir le temps où le Damoiseau va être mûr pour les nomenclatures

lundi 13 août 2012

Perles rares

Cela faisait un petit moment que je cherchais un lot de grosses perles en bois pour Antonin. J’ai eu quelques difficultés à trouver un jeu qui satisfasse mes attentes, à savoir :
  • Je cherchais un lot conséquent, car les petits aiment beaucoup manipuler une grande quantité d’éléments (transvaser, brasser, éparpiller, trier, empiler…). Or la plupart des lots se constituait d’une quinzaine de perles seulement, à des prix assez prohibitifs (1 euro la perle…).
  • Je voulais les perles dont les trous soient bien gros, bien lisses ; il en existe certaines que mêmes les adultes ne parviennent pas à enfiler ! A bannir !
  • Je cherchais un jeu proposant des liens suffisamment rigides ; c’est un paramètre très important qui va grandement aider le jeune enfant. Et c’est logique si on pense la proposition de perles à enfiler sur liens rigides dans une progression, après les disques à enfiler sur tige, et avant les perles à enfiler sur liens souples.
Mais il est évident que les fabriquants de jouets qui prennent le temps de manipuler et de tester leurs produits ne sont pas légion… J’ai fini par trouver un produit qui correspondait aux deux premiers critères (lot de 50 perles en bois, aux gros trous lisses, pour un peu plus de 15 euros, de la marque Wood’n play), mais j’ai bien compris que le dernier critère était une utopie totale ! Les perles que j’ai achetées étaient vendue avec une poignée de petits liens type « lacets de chaussures » de… 10 cm de long ! Impossible, même pour moi, d’y enfiler plus de 2 perles ! Mais à quoi songent les fabriquants ???

J’ai commencé par remplacer ces liens par des fils pour scoubidous. Mais ça n’était pas encore assez rigide. Antonin avait besoin de mon aide pour enfiler les perles, et moi, je voulais qu’il puisse s’en sorti seul ! Et puis, alors que je farfouillais dans un magasin de loisirs créatifs à la recherche du necessaire pour fabriquer un mobile de Gobbi, je suis tombée là-dessus :


(Cela s’appelle des "chenilles cure-pipes" , et cela m’a bien fait rire. Je ne sais pas pourquoi, « chenille cure-pipe », ça m’évoque la chenille d’Alice aux Pays des Merveilles qui se faufilerait dans une pipe sculptée pour en grignoter le tabac brûlé… Mais lorsque j’ai désigné la chose à mon homme en lui demandant, sourire aux lèvres : « Tu sais comment ça s’appelle ? », il m’a répondu sans hésiter : « Ben, des chenilles cure-pipes, pourquoi ? ». Que voulez-vous, en plus d’être ignorante, j’ai l’imagination débordante…)

Ces « chenilles » constituent le lien idéal pour les perles d’Antonin ! Elles sont rigides, et leur diamètre permet à l’enfant de bien les voir, et de bien viser. Antonin peut à présent jouer avec ses perles en autonomie !
Et la preuve en image :





Bravo mon chéri !

samedi 11 août 2012

Trois mois déjà


Louiselle a eu trois mois aujourd’hui, et je n’en reviens pas ! Trois mois, rendez-vous compte, la moitié de 6 mois, le quart d’une année ! Comme le temps passe vite ! Même mon corps semble avoir (presque) oublié qu’il y a 92 jours j’étais comme une baleine échouée…

Les nuits de la Damoiselle sont de plus en plus longues et les adultes de cette maison commencent à avoir des semblants de soirées… Même si nous nous écroulons d’épuisement à 21h30, nous tenons le bon bout ! Et en journée, de longues plages de sommeil, que l’on commence à appeler « siestes », prennent leurs aises et se régularisent, elles aussi. Pour le moment, Louiselle prend cinq repas par jour et dort quatre ou cinq fois dans la journée. Ses petits bodys taille 6 mois sont tendus à craquer ! Elle grandit beaucoup ces derniers temps, mais s’affine : il me semble bien qu’elle a un cou entre le menton et la poitrine, si, si, là, derrière les trois bourrelets !

Antonin est toujours aussi aimant et attentif, mais commence tout doucement à coller un peu moins sa soeur qui, j’en suis sûre, lui en sait grès ! Les calins-coup-de-boule, c’est sympa deux minutes, mais bon…
Trois mois ! Trois mois de sourires comme des rayons de soleil, trois mois de contacts légers comme de petits baisers, trois mois et quelques larmes aussi (si peu !), histoire de faire bonne mesure et de donner à toute cette aventure humaine une dimension bien réelle.

Allez, je vous souhaite un très bon week-end à tous et m’en vais dormir mes dix-huit heures quotidiennes (comment avez-vous deviné que c’était une blague ?)…  :-D

vendredi 10 août 2012

NON !


Si on m’avait pris 5 centimes à chaque fois que j’ai dit NON à Antonin cette année, je crois que j’aurais à ce jour le plus beau découvert de l’histoire de l’humanité…  :-(

Comment ça ? Ne suis-je pas ouverte à la « pédagogie respectueuse » ? Il me semble qu’on peut le dire, étant donné la place que celle-ci occupe dans mes pensées. Est-ce que je n’essaie pas d’accepter  les émotions de mon enfant sans jugement, qu’elles soient de tristesse, de colère ou de frustration ? Est-ce que je ne lui fais pas confiance quant à sa manière d’apprendre, sans essayer d’entraver ou d’accélérer son développement naturel ? Est-ce que je ne m’applique pas à proposer sans jamais diriger l’activité de mon fils ? Est-ce que je ne l’encourage pas à résoudre lui-même ses problèmes sans chercher à le faire à sa place ? N’ai-je pas banni fessées, menaces, punitions et récompenses ?

Mais « chasser le naturel, il revient au galop », et j’ai souvent l’impression, quand je profère un de ces « NON » assassins, que des générations entières parlent à travers ma bouche, des générations au cours desquelles il était naturel de penser qu’il fallait dresser l’enfant, le contraindre, au cours desquelles nous étions persuadés que l’adulte vallait mieux que l’enfant, savait mieux que lui ce qui était bon pour lui, au cours desquelles l’enfant n’était perçu que comme l’adulte qu’il devait devenir, en miniature.

Qu’elle est lourde, cette ascendance !!

Pourtant, bien sûr, il y a plusieurs catégories de NON, et j’ai essayé de consigner toutes les circonstances dans lesquelles ces refus jaillissaient :

- Il y a d’abord le NON non-négociable. Il s’agit de protéger l’enfant de dangers réels, et nous faillirions à notre mission de parents si nous ne donnions pas à l’enfant des interdits clairs, qui le structurent. J’en avais déjà parlé un peu ici. Mais finalement, combien y a-t-il d’interdit réels à respecter ? Si on prend le temps de bien sécuriser son intérieur, et de le penser avec des yeux d’enfant, il devrait en rester trois ou quatre. Je pense que si trop d’interdits planent sur l’enfant, c’est qu’il y en a qu’on pourrait réviser sans dommage. L’enfant à qui trop de choses sont interdites devient vite fébrile (ce qu’on a tendance à qualifier un peu rapidement « d’hyper-activité » aujourd’hui). Pour ma part, je suis heureuse de constater qu’Antonin est beaucoup moins touche-à-tout depuis quelques semaines, ce qui me permet de me détendre. Ce matin, j’ai fais tout le ménage de ma cuisine avec lui à mes côtés. Je ne crains plus qu’il casse, se brûle, ou que sais-je. C’est pour moi un vrai bonheur de l’avoir à côté de moi sans avoir à lui interdire l’accés à cette pièce qui le fascine tant ! Il faut dire qu’avec le temps j’ai appris à mettre hors de portée tout ce que je ne voulais pas qu’il attrape. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai découvert le Damoiseau en train de goûter avec volupté le café moulu à l’aide de sa cuillère doseuse… Disons que j’aimerais qu’il attende encore quelques années avant de faire cette expérience sensorielle ! La boite de café a changé de place et n’en parlons plus !

- Il y a le NON anticipé. Celui-là est terrible. Heureusement, je n’ai pas trop ce réflexe, mais je l’ai constaté chez nombre d’adultes à l’égard d’Antonin ou d’autres enfants pendant les vacances. Il consiste à dire NON parce qu’on attribue à l’enfant une intention. Sans prendre la peine de vérifier si cette intention est réelle, nous interdisons. Exemple : l’enfant joue sur un terrain en bordure de route, et se dirige vaguement, à un moment donné, vers l’axe où passent des voitures. L’adulte crie : « NON ! » d’un ton péremptoire. L’enfant s’arrête, l’air interrogateur. Il n’a pas bien compris. Plusieurs raisons à cela : d’abord, l’enfant ne perçoit pas comme nous la limite entre ce qui est route et ne l’est pas. Il a le droit d’être là où il est, il n’a rien fait, alors ? Ensuite, il n’entrait peut-être pas du tout dans son intention d’aller sur la route ! L’enfant déambule, nous avons perdu cette capacité. L’enfant ne va pas d’un point à l’autre avec une intention, il explore, se promène, ce n’est pas parce qu’il se dirige vers la route qui est encore à plusieurs dizaines de mètres qu’il a l’intention de s’y engager. Quatre fois sur cinq, il rebroussera chemin. Et s’il ne le fait pas, c’est à nous de le prendre dans nos bras, à l’endroit qu’on estime être la limite et de lui montrer l’interdit : « Tu vois, ça, c’est la route. C’est dangereux, alors on va dire Au revoir aux voitures, et puis, on va retourner jouer un peu plus loin. » Ça marche très bien avec Antonin, qui adore dire Au revoir à ce qu’il faut quitter. Les automobilistes sont juste un peu interloqués de voir une maman et son petit leur faire « Coucou », mais il y en a même qui répondent, c’est sympa !

Autre exemple : ce matin, donc, en balayant ma cuisine, j’ai fais un tas de toutes les rognures de nourriture qui jonchent le sol quand on a un bébé qui mange seul. Antonin se précipite sur une belle miette de pain rassis qui traînait au milieu de la poussière. Reflexe : « NON ! », sous-entendu : « Non, ne le mange pas, c’est sale ! ». Je me suis aussitôt ressaisie (mais je l’ai dit, hein, allez, 5 centimes de moins !), et j’ai enchaîné, plus doucement : « C’était par terre, c’est sale, alors tu vas le mettre à la poubelle, n’est-ce pas ? » Et Antonin, très fier, a été mettre le déchet à la poubelle. Mais qui me dit que ça n’avait pas été là son intention dès le départ ?

- Il y a le NON qui se tranforme en OUI. Celui-là, je le pratique couramment. Il est assez nul, parce qu’alors, le moyen pour l’enfant de s’y retrouver ? On voit l’enfant faire quelque chose qu’on n’avait pas anticipé. Exemple, ce matin, Antonin saisit une boite de boulgour en carton toute neuve et s’acharne à essayer de l’ouvrir. Reflexe : « NON ». Et puis, on réfléchit très vite, et on se dit que finalement ça n’est pas grave et qu’on peut laisser faire. Ben oui, le boulgour est enfermé dans un sachet plastique très épais, il ne va pas se répandre sur le sol si Antonin parvient à ouvrir la boite. D’autant que je vais l’ouvrir, moi, cette boite, dans deux minutes. Un NON que j’aurais pu éviter (et 5 centimes de moins !)… D’autant que le Damoiseau n’a pas réussi à l’ouvrir et a préféré aller la ranger à sa place… Moralité : tourner 7 fois la langue dans sa bouche…

- Il y a enfin le NON conservateur. On a interdit quelque chose à un moment, mais il faut savoir adapter ses réactions en fonction de l’âge de l’enfant. Cela suppose de se remettre en question en tant qu’adulte et aussi de faire confiance à l’enfant pour qu’il comprenne que ces évolutions ne sont pas des démissions de notre part. Une fois les interdits intériorisés (on ne fait de mal aux plantes, on ne déchire pas les pages des livres, on n’ouvre pas le réfrigérateur, on ne touche pas la porte du four…), certains espaces de la maison peuvent être ouverts, pour le plus grand bonheur de tous ! Cela se fait naturellement avec la croissance de l’enfant, qu’il faut, une fois de plus, savoir observer pour ajuster les règles. Notre discours évolue avec notre enfant, c’est normal, et absolument pas contradictoire.

Alors, tout en gardant un oeil ouvert, soyons serein ! Notre vigilance ne devrait pas être oppressante pour l’enfant ; et notre confiance en lui lui permetrra de se construire paisiblement, dans le respect des règles !

jeudi 9 août 2012

Premiers hochets

Louiselle a deux phases d’éveil très distinctes :
  • celle où elle est concentrée, quasi-immobile, quasi-silensieuse, contemplant béatement un mobile, sa main, ou n’importe quel détail du paysage ;
  • celle où elle est très active, suçotant sa main en bavant avec frénésie, tricotant fébrilement des bras et des jambes, gazouillant tout un tas de notes contrastées, enchaînant sourires et oeillades, tentant de se retourner coûte que coûte en se cambrant très fort et sans jamais y parvenir (ce qui l’agace !!).
Elle prend plaisir à agir. Mais comme une satisfaction ne vient jamais sans son corollaire, elle découvre du même coup l’ennui.

Il nous est apparu avec évidence, après notre retour de vacances, que Louiselle ne pouvait plus se contenter de choses à observer ; il lui fallait des objets à manipuler.

En fait, à cet âge, de simples petits coupons de tissu suffisent. J’ai eu envie de quelque chose d’un peu plus « fini », et j’ai cousu rapidement trois minuscules coussins (mon mari les appelle « des coussins d’oreille ») dans des chutes que j’ai choisies pour leur contraste tant au niveau des couleurs que de la texture. Le coussin bleu a été réalisé dans une chiffonnette toute douce pour essuyer les lunettes !


Il s’agit de simples carrés pliés en deux, cousus et rembourrés. Leur forme permet une bonne prise en main (et en bouche !). Et bien sûr, rien n’empêche d’ajouter quelques grelots à l’intérieur…

Édit du lendemain : Et si, en fait quelque chose empêche… Merci à Co de m'avoir appris que, d'après la grande Emy Pickler, il ne fallait pas que la source du bruit soit invisible aux yeux de l'enfant. Favoriser au contraire des hochets dans lesquels les grelots sont apparents participe à construire le rapport cause/conséquence chez le tout-petit. Voilà qui m'a consolée aussitôt de ne pas avoir eu de grelots sous la main ce jour-là !

mercredi 8 août 2012

La Dame Blanche

A deux pas de chez mes beaux-parents, dans le Pays d’Auge, se trouve un centre de sauvegarde de la faune qui s’occupe d’animaux sauvages blessés. Il a pour nom « La Dame Blanche » (d’après le surnom de notre fantômatique chouette effraie), et se compose d’une clinique et d’une ferme nature. L’objectif est, bien sûr, de relâcher les animaux, une fois soignés, dans la nature, mais cela n’est pas toujours possible. Les rescapés deviennent alors résidents officiels du parc, dans un cadre de vie assez idyllique, je dois dire !

Et c’est ainsi qu’Antonin découvrit les animaux bien de chez nous, qu’ils soient sauvages (blaireaux, renards, corbeaux…) ou domestiques (ânes, chevaux, vaches…). En réalité, ils sont tout aussi fascinants que les animaux exotiques, et combien de fois avons-nous, dans une vie, l’occasion de caresser une biche ou un cochon de Bayeux ?

Suivez le petit guide…


Saviez-vous que les cochons d’Inde ne sont heureux qu’en meute ? Qu’ils sont originaires du Nouveau-Monde et qu’ils doivent leur nom à Christophe Colomb qui, dans son journal, les compare à de petits cochons ? On apprend plein de choses, à la Dame Blanche ! Quant à moi, j’ai bien écouté leur cri (car ils ont un cri), afin de savoir le reproduire quand mon fils me le réclame !


Au moins, contrairement à la plupart des zoos, la proximité avec l’animal était optimale ! Antonin a enlacé une chèvre et a posé sa tête sur son cou dans un gros calin ! Mais la bête s’est ensuite mise en devoir de machouiller le pull de mon mari, il a fallu filer dare-dare !

Un monde merveilleux où les biches sont apprivoisées...
...ainsi que les sangliers !

J’ai eu une petite appréhension en voyant l’enclos du sanglier, mais ce gros bonhomme (il ressemblait vraiment aux sangliers dodus d’Astérix !!) était vraiment très placide. Antonin et lui ont fait copain-copain (comme cochon, bien entendu…)

Ces poules de compèt' étaient aussi grande que le Damoiseau !
Qu'il soit noir ou roux...
... le dindon est une drôle de bestiole !

L’exotisme commence sous nos latitudes, et le didon nous le rappelle ! Avec sa tête bleue, son excèdent de chair au-dessus et sous le bec, il est vraiment fascinant ! Sans parler de son cri bizarre… 


Beaucoup de petits faons vivent dans ce parc. La raison ? Le syndrôme de Bambi !! Voici de quoi il s’agit : au mois de mai, les cueilleurs de muguet envahissent la forêt et découvrent souvent de petits faons couchés dans les feuilles. C’est la saison où ces bébés sont encore dépendants de leurs mères, lesquelles ne viennent vers eux que pour les nourir. Le reste du temps, elles leur apprennent à rester bien cachés au ras du sol, et surtout à ne pas bouger (c’est la meilleure technique de camouflage). Làs, les humains bien intentionnés que nous sommes pensent que le petit est abandonné, voire orphelin (et les souvenirs larmoyants de notre Disney préféré de nous revenir en mémoire…). Et nous nous chargeons de recueillir le malheureux, commettant ainsi une grave erreur ! Alors, si vous croisez un faon allongé au sol lors de vos promenades de printemps, surtout n’y touchez pas, et passez votre chemin !

Et pour savoir comment ça se passe chez les autres, lisez ceci !

Quelques jours après cette excursion, une de mes amies a offert un très beau cadeau à Antonin, et qui tombait à pic !

Les animaux de la ferme !

Virginie, si tu me lis, encore MERCI !

mardi 7 août 2012

Partir d'une passion

(J’emprunte le titre de ce billet à un article du blog de Marie-Josée : je sais qu’elle ne m’en voudra pas et il a le mérite de rappeler en quatre petits mots un principe pédagogique capital.)

En revenant de vacances, j’ai remisé les jouets que j’avais disposés sur les étagères d’Antonin et je me suis mise en devoir d’en mettre de nouveaux. J’aime bien ce moment où, tous les mois, je me recentre sur les dernières activités observées chez mon fils pour essayer de lui proposer les objets qui correspondent le mieux à ses besoins du moment.

Seulement, voilà. Vous savez qu’en ce moment, Antonin ne jure que par les ustensiles de cuisine. C’est bien simple, il serait complètement mono-maniaque, s’il ne daignait pas, très ponctuellement, brasser ses figurines d’animaux ou ses albums. Moi qui aime tant voir ses jolis jouets bien arrangés sur ses étagères, il a fallu que je me fasse une raison. Ce mois-ci, ce sera tupperweares, bols, couverts de pique-nique, boites à lunch de toutes les couleurs et casseroles… Et oui, ça fait un peu bizarre…




J’ai quand même laissé un baril de cubes et une boite de grosses perles, mais Antonin s’en désintéresse totalement. Même la dînette, mise à disposition dans une barquette, est complètement délaissée. Le constater m’a permis d’éviter une folie, car devant la passion dévorante de mon fils, j’avais sérieusement pensé à lui acheter une mini-cuisine en plein milieu d’année, alors que ce n’est ni Noël ni son anniversaire (qui d’ailleurs, tombent pour lui le même jour…), mais je me suis heureusement ravisée : ce qui l’intéresse, ce n’est pas la dînette, mais bien la vaisselle véritable, de préférence sonore et encombrante !

Dans le salon, sur un des côtés de ses cubes-étagères, j’ai accroché un torchon à un petit crochet ventouse. Antonin s’en sert pour essuyer sa préciseuse vaisselle, et son petit balai, déniché pour 2 euros dans un magasin de jouet, a trouvé sa place naturellement juste à côté…


Et maintenant, au boulot !

Et comme parallèlement, Antonin est en plein « boum langagier », il allait de soi que mon deuxième imagier serait celui des ustensiles de cuisine ! Sur le même principe que le premier, j’ai donc fabriqué « Un imagier des ustensiles » qui présente 15 mots : casserole, poêle, marmite, passoire, moule, mixer, essoreuse, boite, cuillère, fourchette, couteau, assiette, verre, bol, et tasse.

En voici la couverture...

Je n’avais jamais vu Antonin adhérer aussi rapidement à ce que je lui proposais ! L’imagier fut adopté immédiatement !




Et voici la page préférée du damoiseau : quand il l’a découverte, il fait a fait « Vrrr » en appuyant sur le bouton de la photo. Puis il a couru désigner notre Babycook dans la cuisine et est resté longtemps debout, l’imagier dans les mains, ses yeux allant de l’image à l’objet réel.


Vous verrez que le Damoiseau dira « Marmite » et « Passoire » avant de prononcer correctement « Maman » ou « Louiselle » !

Edit de janvier 2013 : À deux ans, Antonin dit "Maman" (oui, tout de même...) et "Passoire" à la perfection ; il préfère signer "Marmite" plutôt que de le prononcer maladroitement, et appelle sa soeur... "Shacha" (!). Il y avait donc un peu de vrai dans mes prédictions... ;-)