mardi 22 janvier 2013

Sur ma planète


 Il y a deux ans, ma vie a pris un tour vraiment bizarre. Alors que j'évoluais, libre comme l'air, dans un cercle fournis d'amis très chaleureux et intelligents, je me suis soudain retrouvée à 1000 kilomètres de la région que j'habitais depuis mon enfance. Et avec un bébé. Lequel bébé s'est trouvé flanqué d'une petite soeur quelques 16 mois plus tard.

Évidemment, avoir deux bébés en deux ans, ça n'aide pas à se construire une vie sociale. Surtout quand on ne travaille pas. Mais avec toutes ces (bonnes) excuses à mon actif, je dois avouer que la raison principale à "mon repliement sur la sphère familiale", comme disent les sociologues, est surtout dû à une flemme monumentale. Voilà, je n'ai pas envie. Pas envie d'inviter quatre personnes à dîner alors que mes enfants dorment juste derrière la cloison, pas envie de m'engager être à l'heure quelque part pour prendre le thé alors que je n'ai aucune idée du moment où mes enfants vont terminer leur sieste et que je ne veux pas les réveiller. Je n'ai pas d'énergie pour aller au-devant des autres, je ne suis pas disponible pour cela, mais ne m'en inquiète pas plus que cela dans la mesure où je sais que le temps passe très vite et que dès que Louiselle ne sera plus un bébé, cette atmosphère de tendre confinement si particulier va disparaitre. Et que nous aurons tous besoin d'air - et d'amis.

Pour être encore plus honnête, je dois dire que les rares tentatives de rapprochement que j'ai faite depuis que j'habite Grenoble se sont soldées par des échecs. Oh, pas éclatants. Pas de disputes, ni même de discussions vives, non, rien de ce genre. Juste une fatigue, ou, dans le pire des cas, une espèce d'instinct, une réaction épidermique. Et pourquoi, d'après vous ? Et bien oui, vous avez tapé dans le mille : pour de sombres histoires de divergence de conceptions éducatives...

Alors là, entendons-nous bien. Si je ne crois pas plus à la mère parfaite qu'au Père Noël, j'avoue que j'aimerais quand même bien lui ressembler un peu plus. J'ai plein de défauts en tant que Maman, mais alors, plein, plein, plein. Je me mets en colère. Je suis agitée et anxieuse, sans cesse ébranlée par mille contrariétés qui n'en valent même pas la peine. Je réfléchis souvent après avoir parlé (ou agi). Je culpabilise sur tout, même sur ce qui n'existe pas. Je ne parviens pas toujours à créer un climat dans lequel ma famille se sente bien. Je ne suis pas sûre de savoir ce que je transmets à mes enfants en terme de capacité à agir, à communiquer. Je ne sais pas souvent les comprendre. Je ne suis pas spécialement gentille, rarement lucide, et mon esprit de décision est souvent en berne.

Voilà pour moi. C'est dire.

Oui. MAIS. 

Mais je le sais. ;-)

Aux vacances de Noël, je me suis retrouvée avec des gens d'une autre génération, d'un autre temps, qui avaient été parents il y a bien longtemps, et qui, puisque cela ne leur avait jamais posé question, étaient tout étonnés de m'entendre dire qu'élever des enfants est difficile. Ils en concluaient bien vite que j'étais dépassée par la tâche, ce qui évidemment m'horripilait atrocement.

Passons. J'étais vraiment gonflée à bloc, en gros manque de rapports humains, et j'étais même prête à leur ne pas leur arracher les yeux pour avoir oser me juger en tant que mère.

Mais, il y a ce que les gens pensent de vous, et il y a ce qu'ils font à vos enfants. Être enfant, c'est un état très particulier, on porte en soi l'avenir de l'humanité, alors tout un chacun qui passe se sent autorisé à vous aimer. À vous consoler quand vous faites mal, par exemple. Oui, c'est adorable. Cette dame qui prend gentiment mon fils dans ses bras alors qu'il vient de se cogner, et qui lui parle tendrement... Mais... Que lui-dit-elle ??

Je rêve. Elle lui dit : "Là, là, c'est rien... Tu n'as pas mal."

Mon sang n'a fait qu'un tour. Cette femme était en train de nier le ressenti de mon fils, qui, soit dit en passant, AVAIT MAL. Ce n'est pas RIEN, d'avoir mal, quand on a deux ans.

C'est dans des moments comme ceux-là que je comprends que je vis sur la planète. Sur ma planète, on essaie d'accueillir les émotions de l'enfant et de les accompagner. Je ne dis pas qu'on y arrive toujours, hein ? ;-) Mais les habitants de ma planète se disent qu'il n'est pas bon de réprimer ces émotions. Que si on affirme sans cesse à l'enfant qu'il n'éprouve pas ce qu'il éprouve, il va finir par douter de ses ressentis. Et comme ce sont des processus physiologiques, et qu'ils sont donc accompagnés de sensations corporelles, l'enfant peut étouffer ces dernières pour complaire à l'adulte. Est-ce si compliqué de dire à l'enfant : "Je crois que tu es colère. Il me semble que tu es triste. Oui, tu as eu peur" ? Que d'énergie les adultes mettent à certifier des choses absurdes (Mais non, tu ne t'es pas fait mal !! C'est fini ! Ce n'est rien !) ! Pensent-ils une seconde qu'entre remettre en question les paroles des garants de sa survie et éteindre ses sensations, l'enfant va choisir sans hésiter la seconde option ? Qu'ils sont en train d'apprendre à l'enfant à ne pas sentir, et donc de préparer un adulte qui se réfugiera dans le passé ou se projetera dans l'avenir, incapable de vivre son temps présent ? Qu'ils sont en train de tisser des scolioses, des aigreurs d'estomac, des névroses, en obligeant l'enfant à rayer de son corps un procesus physiologique qui pourtant existe ??

Voilà à quoi ça mène de vivre sur sa toute petite planète comme le Petit Prince. Quand on se retrouve à la quitter, ça fait très mal (et on finit par y retourner dare-dare).

29 commentaires:

  1. Bonsoir Elsa,
    c'est la première fois que je commente ton poste, parce que je me retrouve tout à fait dans ce que tu écrit :-) Je suis maman de 2 filles (2 ans et demi et 9 mois), et comme toi souvent j'ai une conception d'éducation différente que les gens autour de moi. Crois moi, étant donné que je travaille le sujet des enfants "arrive" souvent autour de la machine à café et quand mes collègues de travail m'entendent parler de cododo, l'éducation non violente, pédagogie Montessori et Waldorf me regardent très souvent comme un ovnie. Très souvent je me dis, que je serai beaucoup plus heureuse avec les enfants à la maison, donc je t'envie énormément.
    D'ailleurs, j'ai travaillé 2 ans à Grenoble et j'adorais cette ville et les gens, actuellement j'habite à Lyon et je trouve que c'est beaucoup plus difficile de nouer les relations avec les gens d'ici, peut être parce que je suis aussi flemmarde que toi ;-)
    Sinon on peut se faire une petite sortie "neige" dans le Vercors avec nos enfants (ma grande adore la luge), je connais une auberge sympa à Autrans avec une bonne tartiflette ;-)

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  2. Cette planète beaucoup y habite :) le problème c'est que ses habitants ont tendance à vivre loin les uns des autres, mais heureusement il y a Internet qui permet quand même (et c'est toujours ça) de partager ses points de vue et de voir qu'on est pas seul à penser comme cela ! Ici aussi on a du mal à se mêler aux autres pour les mêmes raisons que toi (je me permets de te tutoyer) mais j'ai remarqué un truc, si on "soule" les gens avec la pédagogie Montessori ils finissent doucement par l'accepter et par laisser faire (au début j'étais constamment en train de justifier mes choix auprès de ma famille par exemple mais maintenant on en parle beaucoup moins, ils ont compris en gros ce que je faisais et pourquoi je le faisais et ont très bien vu que ça ne nuisait en rien au bien être de mon fils ou des enfants dont je m'occupe en tant qu'assistante maternelle ! Maintenant ils me posent des questions sur comment faire telle ou telle chose façon Montessori). Le truc aussi c'est qu'il ne faut pas se gêner pour dire aux gens qu'on aime pas la façon dont ils se comportent avec notre enfant, en expliquant pourquoi bien sûr (ça marche bien si on le dit de façon non agressive même si nos cheveux se dressent sur la tête !!) Je reste persuadée que cette méthode est la bonne et que les gens finiront par y venir si on continue à leur montrer tout les bénéfices qu'on en retire (et pas seulement pour l'enfant).

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    1. Bonjour Eco Maman !
      Oui, bien sûr, on se tutoie !!
      En passant, j'ai beaucoup aimé ton post sur "les activités à faire avec son enfant avant ses 12 ans", je vais aller le commenter un des ces 4 (et pourquoi pas ce soir ?)

      Oui, il y a Internet. Et je dois dire que si j'avais une grosse méfiance a priori des "e - relations", cela m'appote énormément en ce moment ! Car je n'ai l'ai pas dit dans l'article, mais me mettre à blogger est une des choses les plus incroyables qui me soit arrivé ces deux dernières années (après la naissance de mes enfants, le bonheur de ma mutation et de retrouver ma vie de couple... et quelques autres trucs, mais passons !).
      J'ai d'ailleurs de plus en plus envie de creuser ces relations-là, quitte à fourrer mes enfants dans la voiture et à me faire, une fois l'an, la tournée des "e - copines"... Avis aux amatrices ! ;-)

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    2. Tu le sais, moi je serais amatrice!! En attendant il faudrait peut être inventer des tea-skype à défaut de se voir en vrai!

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    3. OUAH !!! Les "tea-skype" des "digital Mums" !!
      Bon, les filles, on vit peut-être sur notre planète, mais on ne pourra pas dire qu'on ne vit pas avec notre temps !! ;-DD

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  3. A la fois je suis d'accord avec toi (entièrement d'accord même) et à la fois je trouve ça très compliqué!
    Pour moi d'abord. je SAIS bien qu'il faut accueillir les émotions de l'enfant, et je m'y efforce chaque jour, mais quand on n'a pas été éduqué comme ça c'est pas si facile de faire taire le naturel qui revient souvent au galop! hier encore alors que PetitF venait de se faire une belle gamelle je me revois lui dire c'est tout c'est tout... En lui disant ça, alors que mon coeur de maman battait la chamade, je crois que c'est moi que j'essayais de rassurer.
    Et je crois que la dame qui disait c'est rien à ton fils n'avait pas de mauvais sentiment, sauf qu'on ne lui a jamais dit, ni appris à elle... Mais ça n'empêche qu'on n'a pas forcément envie d'entendre dire ça a ses enfants...

    Deuxième chose, as tu tenté de pousser la porte d'un lieu d'accueil parent enfant? C'est, je trouve un bel endroit, où sont accueillis pour ce qu'ils sont à la fois les parents et les enfants. Et je trouve qu'on s'y sent respecté pour ce qu'on est. (j'y ai d'ailleurs rencontré une maman assez montessorienne...) Tu trouveras la liste des lieux d'accueil près de chez toi sur mon-enfant.fr.
    Qu'en penses tu?

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    1. Bonjour Clo !
      Rassure-toi, ici aussi, c'est parfois difficile de respecter des choses toutes simples comme d'accueillir les émotions de l'enfant... Ce que je voulais dire dans l'article, et n'ai certainement pas bien exprimé, c'est que mon seuil de tolérance diminue quand j'ai affaire à des gens qui ne se remettent pas du tout en question... et considèrent comme une faiblesse chez l'autre le fait de le faire...
      Ce que j'aurai accepté d'une amie "consciente mais pas en veine ce jour-là", je n'ai l'ai pas supporté chez cette femme qui me renvoyait sans cesse qu'ELLE avait bien élevé ses enfants, alors pourquoi faire autrement qu'elle ? Tu vois ?

      Quant aux lieux d'accueil, il y en a un pas loin de chez moi qui a l'air super ! Tu m'a donné l'impulsion (chacun son tour...), je vais aller y faire un saut... Enfin, dès que j'ai 5 minutes entre les siestes, les couches, les repas, le ménage et l'écriture.. ;)

      Sinon, il y a aussi le Café des enfants à grenoble, qui est un lieu génial ! J'avais pris l'habitude d'y emmener Antonin avant la naissance de Louiselle, mais avec deux enfants, tout me parait plus difficile... Ils proposent des ateliers arts-pla pour les petits, c'est décidé, j'inscris Antonin un samedi (quand mon homme sera là pour garder Louiselle) et je vous raconte tout !!

      Merci pour ce commentaire ! ;-)

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    2. Chouette!
      Oui je vois bien les gens bien pensants bien surs d'eux...
      Et j'ai hate d'avoir ton retour sur le lieu d'accueil. D'ailleurs, si tu n'accroches pas la première fois ça peut valoir le coup d'y retourner une ou deux fois. Car ce ne sont pas toujours les mêmes accueillants et on peut accroché avec l'un et pas avec l'autre...

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  4. MMmmmh... C'est drôle, j'ai l'impression de voir une réponse à une partie de mon mail... Et quand je te lis, je m'y retrouve grave, en même temps je pense qu'on est dans le même système planétaire...
    et ce que tu ressens, je le ressens aussi, l'éloignement de notre chère contrée, de nos amis chers...
    Et puis, le fait de se sentir venus d'ailleurs... C'est la même pour moi, quand je dis qu' Anjali ira à l'école à 3 ans 1/2, qu'on essaie de respecter la pédagogie de Maria Montessori,
    et puis on n'a pas la télé,
    et je suis végétarienne (tu comprends, Anjali ne mange rien et doit avoir beaucoup de carences, quelle inconscience...),
    et puis, on n'a pas fait tous les vaccins, SACRILEGE!!!!
    et un intermittent et une auto-entrepreneuse, c'est pas des métiers, etc, etc, blablabli, et blablabla..
    Bref, comme le dirait si bien une amie: "Que ceux qui critiquent mes choix de vie se rassurent, je n'envie pas la leur..."
    Aujourd'hui même Anjali a 2 ans, et vraiment elle rayonne de joie de vivre, et baigne dans l'amour...
    Basta!

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    1. Coucou Lucie !
      Décidément, chaque message me fait réfléchir aujourd'hui... ;-)
      Bon, la différence, c'est que toi, tu n'es pas une "e - copine", on s'est même vu (trop brièvement) à Noël... J'ai passé la fin de mes vacances (socialement catastrophiques, tu l'as deviné, je te racontes tout prochainement) à me demander pourquoi je m'embêtais à passer mon temps avec des gens avec lesquels je n'avais aucune affinité, alors que nous nous étions vu si peu, et que je me suis sentie si bien. Ah, oui : la famille, j'oubliais... ;-)

      Bon anniversaire à ta puce, j'ai hâte de savoir comment la petite "cérémonie" s'est passé...

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    2. OHoh! une cérémonie pour bien nous remettre en place, Anjali n'a QUE 2 ans!!!
      Je résume, pas de sieste de la journée... A la crêche, ils ont voulu fêter et souffler les bougies:
      1-Anjali n'aime pas la chanson joyeux anniversaire quand c'est pour elle (trop timide, elle se cache et pleure...bizarre...)
      2- Les bougies étaient de celles qui ne s'éteignent pas et font des étincelles (je n'aime pas du tout), elle a eu peur, et a passé le retour à la maison à me dire "A peu' bouzie, A peu' bouzie"..
      Du coup, le soir venu, elle était fatiguée, et a vite souffloté sur les 2 bougies, qui ont juste dansé légèrement (un bon début!)...
      Après elle a dévoré ses chouquettes (son dessert préféré), a vite ouvert son cadeau et après gros dodo dès 19h.
      Mais ce matin, quelle bonne humeur!!!
      Ca résume un truc, ce genre de fête, c'est pas notre fort...

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  5. Pour en revenir aux bobos, je suis d'accord que les réactions ne sont pas toujours les nôtres (les mamies...on pourrait en écrire des articles!!).
    Mais maintenant, quand Anjali tombe, elle sait mettre 2 mots sur sa chute, soit "bobo", soit "peur Anlali".
    On s'est efforcé à lui demander si petit mal ou gros bobo, et si elle avait eu peur, mais si on n'avait pas lu ça, est-ce que ça serait venu de nous??

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    1. Grande question, oui. Heureusement qu'on "hérite" de toutes les réflexions de ces gens qui ont pris la peine d'écrire des bouquins !! ;-)
      Ceci dit, nous, on a pris la peine de les lire, ce n'est pas anodin non plus...

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  6. je n'ai pu m'empêcher de sourire en lisant ce sujet et ses commentaires et ma première remarque sera : "vivons heureux, vivons cachés":
    - parce qu'on a toute une belle mère qui a cru plus ou moins, quand on parlé de la pédagogie Montessori, qu'on faisait partie d'une secte
    - parce que les ainés diront toujours "mais nous on ne s'est pas posé ces questions là et vous allez très bien" (euh bah non justement, si on cherche une autre pédagogie, c'est qu'il y a des choses qui nous ont marquées dans notre enfance ou déplues mais ce n'est pas de votre faute, vous ne saviez pas)
    - parce votre collègue de travail vous annonce un matin que leur fille de 2 ans et demi a réussi à détacher sa ceinture du siège auto et qu'elle "s'en ai pris une" et "qu'elle n'est pas prêt d'oublier la leçon" et que, interloquée, vous préfèrez rester silencieuse avant de vous lancer dans une prose qui n'aurait pas d'écoute attentive de toute façon vu que ladite collègue cherche votre approbation pour son geste qui vous horrifie (et le récit également bien sur)
    - parce que la société prône une image de la femme qui est non seulement une bonne mère, mais aussi une bonne épouse et une femme qui a une carrière professionnelle prometteuse et que, de toute façon, faut être réaliste, c'est impossible de jouer sur tous les tableaux !

    Quant à l'isolement social, ce ressenti du post me chagrine un peu. Je dirai simplement que je pense que chaque femme y est plus ou moins confrontée à la naissance de son premier enfant, que j'habite à 30 minutes en train de la capitale où vit la majorité de mes amies mais que je n'y ai mis les pieds qu'une fois par trimestre l'année dernière, que même si c'est difficile de se sentir des fois isolée dans sa vie quotidienne vu que je ne connais personne non plus dans la ville où nous habitons, j'assume mon choix à 100% quand je regarde l'épanouissement de notre fils, qu'il faut au contraire être fier de ses choix et assumer, et enfin, que sur internet, la preuve, on peut faire des rencontres magiques qui fait qu'on se sent moins seule...
    ...mais aussi ne pas oublier qu'il faut que la maman soit épanouie pour que les enfants aillent bien, que je me force à téléphoner au moins une fois par semaine à une amie pour parler de vive voix, que je respecte le choix des autres (et notamment ceux qui sortent très tard avec leurs petits bébés à droite à gauche car chacun son mode de vie après tout), que j'apprends à faire oeuvre de diplomatie pour "corriger" les réflexions du type que tu cites quand notre fils tombe, et que je ne suis pas parfaite mais que je fais de mon mieux et c'est déjà pas mal (stop à la performance et au stress d'être une bonne mère, tu l'es forcément vu que tu es LEUR maman), que toute "erreur" est réparable, même une colère non justifiée.
    Quant aux rencontres, attend l'entrée à l'école maternelle d'Antonin, tu y rencontreras surement des mamans comme toi, c'est inéluctable...en attendant, je crois qu'Antonin fréquente un peu la halte garderie...du coup, tu peux peut-être nouer un peu connaissance là bas. Même les familles qui pratiquent l'IEF se rencontrent entre elles pour échanger et ne pas rester isolées...

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  7. Bonjour lc ! ;-)
    Aïe, tiens donc, une belle mère, tu dis ?? ;-D
    Tous tes "parce que", je ne connais que trop bien...
    (Quelle horreur, cette collègue !)

    Quant à l'aspect qui te chagrine, je ne te cacherai pas que cet article a été écrit un soir de (petit) blues. En même temps, ça fait du bien quand ça sort...

    Je continue néanmoins à prendre soin de mes amitiés d'antan ; je n'ai pas perdu le contact, heureusement ! C'est juste que j'adorerai qu'une bonne copine n'habite pas trop loin et qu'on puisse prendre le thé simplement, sans avoir à planifier, ni à s'excuser (euh, sers-toi, là, il faut que je change ma fille).

    Je n'ai pas ce type de relations ici, car cela prend du temps à construire... Et à 35 ans, les amitiés sont plus difficiles à nouer qu'à 25, je trouve...

    Ça viendra...

    Contrairement à ce que l'article peut laisser croire, je ne juge pas trop les positions éducatives des autres (sérieux !). Et j'ai d'ailleurs beaucoup de mal à parler des miennes si je n'ai pas l'assurance qu'elles seront entendues... (Et même avec mon homme, parfois !! ;-) )
    C'est juste que jusqu'à présent, les gens que j'ai rencontré ici ne m'ont pas fait de bien, je les quittais dans un état qui n'était pas du bien-être, alors je n'insiste pas...
    Mais ça viendra ! J'ai confiance !

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  8. Oh bon sang, tu en trouveras de l'écho à ce post dans le coeur de tes lecteurs ...

    Ici aussi, j'ai changé de région deux fois depuis mon projet bébé : une fois dans le 94 et maintenant en Normandie.
    A chaque fois, j'ai pu cependant rencontrer des familles proches de mes convictions de maman maternante/education positive. Ce fut en région parisienne via une MJC (celle de Fresnes!) qui proposait des ateliers de portage, des rencontres autour de l'allaitement. J'y ai rencontré des femmes qui sont devenues des amies avec des enfants du même âge que la mienne et qui viennent me voir en Normandie !
    En Normandie justement, j'ai rencontré d'autres familles via une association (Bulle de bébé) qui propose aussi cours de portage, langue des signes... et là j'y ai rencontré des mamans qui pratiquent l'IEF et Montessori ! je les vois lundi ^^. J'ai rencontré aussi d'autres maman plus "basiques" (je ne trouve pas d'autres mots là maintenant) lors de temps parents/enfants à la PMI, ça fait du bien quand même de papoter de tout de rien autour d'un café, de ragoter sur le maire :), de comparer les températures des piscines du coin. Je mets de côté le côté éducatif lors de ces conversations de trottoir.

    C'est vrai, il faut faire la démarche du premier contact, prendre le risque d'être déçue. Toute la question est : Est-ce que je ressent le besoin d'avoir ce genre de cercle amical ? ou Par convention sociale, il faut avoir des "amis" que l'on reçoit régulièrement ?
    On est plus ou moins misanthrope ...

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    1. Merci de ton petit mot, Clairette B !
      Ton récit me fait prendre conscience qu'en fait, si j'ai besoin que mes ami(e)s partagent grosse modo mes convictions éducatives, je n'ai pas forcément envie de parler (que) de ça. Ce qui me manque, ce n'est pas ça, car, la pédagogie, je suis dedans 100% du temps (dans ma tête !). Non, j'aurai plutôt envie de parler de la vie, quoi, et de rigoler, de raconter ma journée, et écouter celle des autres...

      Parallèlement, tu as raison de mettre le doigt sur le fait qu'on est pas OBLIGÉ d'avoir des relation sociales. C'est vrai quoi. Mais bon, ça fait quand même du bien, et dans mon cas, oui, je suis plutôt quelqu'un qui en a besoin (mais aussi de solitude, hein ?). Pas de misanthropie ici, oh non, et serait-ce d'ailleurs compatible avec ma passion pour l'éducation ?? Accompagner l'enfant d'aujourd'hui, c'est participer à ce que sera l'humanité demain, parce qu'on y croit et qu'on l'aime !!
      Non ? ;-)

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  9. Juste un petit mot pour te dire que lire ton blog me repose =).

    Surtout après une journée dans l'école où je bosse 6h par semaine, du style "bonne école" où on me dit "tiens il paraît que Machin a été infect" quand j'ai vu un jeune garçon submergé par ses émotions...

    Bref ;)

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    1. Un GRAND merci à toi, Fanny !
      Ça me fait plaisir de savoir qu'il y a des gens comme toi qui hantent les écoles... même si ce n'est que 6h par semaine ! Et merci pour ce petit garçon de l'avoir "vu". Si, si, je t'assure, c'est déjà ça...

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  10. J'adore cet article! Comme tout vos articles d'ailleurs ! Je parcours votre blog régulièrement et ça m'aide beaucoup dans les activités que je propose a ma fille de 17 mois ! Merci d'être la !!
    PS: je suis de la région Rhône alpes (études à Grenoble) mais je me suis expatriée a Toulouse ! Je regrette beaucoup ma région
    Marie

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  11. J'ai repensé à cet article hier en emmenant ma fille de 10 mois pour la première fois au "babygym". N'allant pas à la crèche je trouvais sympa l'idée de l'emmener s'amuser avec d'autres enfants sur des parcours de motricité. Je pensais à la bougeoteque (je t'avais envoyé le lien d'une vidéo sur la motricité libre). Bon on était très loin de l'ambiance de cette fameuse bougeotèque. Il y avait un parcourt bien défini à faire dans un certain sens et tous les parents faisaient faire ce parcours dans son intégralité en portant les enfants sur les blocs et les barres s'ils étaient trop petits.

    Ma fille observait, se tenait debout et regardait les enfants passer avec grand plaisir, tout ce qu'il y a de plus normal.
    Jusqu'à ce que "l'animatrice" arrive tire Maïa par les bras pour la hisser en haut d'un petit pan incliné puis la pousse par les fesses pour la faire rentrer dans une sorte de tunnel (alors que techniquement elle aurait très bien pu tout faire seule si elle en avait eu envie), elle était donc complètement aplatie la tête dans la mousse ne pouvant plus bouger et "l'animatrice" demande à mon conjoint de la tirer par les bras de l'autre côté du tunnel. On s'est regardé avec mon conjoint, en se disant qu'effectivement on devait vraiment vivre sur notre planète !! Que ma grand-mère et des personnes d'un certain âge fassent ça ok (j'ai renoncer à parler éducation avec ma grand-mère ;-) mais des gens jeunes qui ont des enfants...
    A force de lire des livres et des blogs comme le tient j'ai l'impression que presque tout le monde vit sur cette planète mais visiblement c'est une vision biaisée. Maïa n'a pas bien compris ce qui lui arrivait mais n'a pas été inquiète, on a juste expliqué gentillement à l'animatrice qu'elle irait à son rythme.

    A la fin il y a des chansons de gestes où tous les parents prennent les mains de leurs enfants pour leur faire faire tous les mouvements que fait "l'animatrice".

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  12. quel plaisir de te lire; je ne me sens plus seule... il y a donc des autres gens sur cette planète!
    Anaïs

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  13. Bonjour Elsa, je tombe sur ce billet...la situation n'est peut-être plus la même de ton côté, 1 an et demi après ?
    Toujours est-il que je me retrouve tellement dans ce billet que ça me rassure énormément...en fait depuis que j'ai eu ma 1ère fille il y a 20 mois, je ressens exactement ce que tu as écrit dans ton 2e paragraphe !

    Pour moi, tout est dans le "Voilà, je n'ai pas envie.", et c'est mot pour mot ce que j'ai dit à mon mari il y a peu, je me sens devenue associale et me complaît là-dedans...
    Mais ça me fait culpabiliser malgré tout car pour le coup moi je ne suis pas isolée géographiquement de mes amis...

    Bon, il faut dire que ma 2e fille n'a que 1 mois 1/2 mais je crois que le souci principal est ce que tu évoques : malheureusement mes relations amicales ne correspondent pas du tout à ma vision des choses depuis que ma 1ère fille est née, et j'en arrive à "vivre sur ma planète" moi aussi, virtuellement du coup, sans avoir besoin de voir les amis en question.

    Ceci étant, tu as raison de dire que ça passera quand les enfants grandiront, j'en suis convaincue.

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  14. Bonjour,

    Etant dans le même cas et habitant à côté de Grenoble (même si vous n'y êtes plus tout à fait maintenant de ce que j'ai compris), je ne peux m'empêcher de jeter une bouteille à la mer. Si un jour l'envie vous en prenait de rencontrer une de vos commentatrices dont vous inspirez (en partie au moins) les activités à proposer à la maison, je suis à votre disposition (sans exagérer, ma petite aussi dort sans que je ne veuille la réveiller de force pour mes envies, je l'embête déjà assez pour la crèche et les besoins médicaux). Je ne trouve pas votre mail sur le blog, mais vous avez le mien (peut-être) dans la liste des inscrits aux nouveautés du blog.
    Myriam D.

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    1. Coucou, Myriam !

      Merci pour votre proposition, ça me fait chaud au coeur ! :-)

      Je ne dis pas non... Même si ma vie sociale s'est considérablement enrichie depuis l'écriture de cet article et que je cours de plus en plus après le temps... Nous procéderons peut-être à un échange de mails un de ces quatre (car, non, je n'ai pas le vôtre non plus, c'est compliqué, hein ?!)... Vous êtes plutôt à l'est/ouest/nord ou sud de Grenoble ? ;-)

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    2. J'ai trouvé une adresse mail à vous (toi ?) sur cette page. Je ne sais si elle fonctionne encore, mis je vous y ai écrit hier au cas où.

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  15. Bonjour !
    J'espérais bien que votre vie sociale c'était améliorée, ce serait bigrement triste sinon, n'est-ce-pas ?
    J'habite côté Sud-Est de Grenoble, mais je suis déplaçable :)

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    1. Un grand merci, Myriam, j'ai bien reçu ton mail !

      Dès que j'ai un créneau, je te contacte, OK ? :-)

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    2. Super :) ça me va

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