vendredi 31 janvier 2014

Ma bibliothèque idéale : l'hiver

L'hiver, c'est la saison idéale pour lire, n'est-ce pas ? Ma sélection thématique du mois était donc toute trouvée... Et toujours très ciblée sur les âges de mes enfants (1/3 ans)...


- Hiver, Marc Pouyet, Petite plume de carotte, 2013.


- Le monde merveilleux de l'hiver, Mack, Clavis, 2012.


- L'hiver, Jill Barklem, Gautier-Languereau, 2010.


- Contes d'hiver des drôles de Petites Bêtes, Antoon Krings, Gallimard, 2008.


- Magie d'hiver, Julie Monks, Gautier-Languereau, 2006.


- Jour de neige, Komako Sakaï, L'école des loisirs, 2006.


- C'était l'hiver, Aoi Huber-Kono, Panama, 2005.


- Le livre de l'hiver, Rotraut Susanne Berner, La Joie de Lire, 2003.


- Regarde la neige, bébé !, Oliver Dunrea, Kaléidoscope, 2003.


- Le manège de la neige, François Barré, Éric Battut, Didier Jeunesse, 2000 (livre-CD).


- La fille de neige, Robert Giraud, Hélène Müller, Père Castor Flammarion, 2000.


- L'hiver de la famille souris, Kazuo Iwamura, L'École de Loisirs, 1998.


- Nicki et les animaux de l'hiver, Jan Brett, Gautier-Languereau, 1996.


- Winter, Gerda Müller, Floris Books, 1994.


- Mimosa Blanc bonhomme, Jennifer Dalrymple, L'École des loisirs, 1993.


- Le grand livre de l'hiver, Renée Kayser, Nathan, 1991.


- Histoire du bonhomme de neige, Raymond Briggs, Grasset, 1991.

Je termine par une rareté...


- Le Noël de Pierre et Charlotte, Elsa Beskow, 1947 : si vous l'avez, surtout, gardez-le ! ;-)

jeudi 30 janvier 2014

Écran de glace


Mauvaise nouvelle : il n'y aura pas, cette semaine, de récapitulatif de nos dernières activités "en vrac", car nous avons malencontreusement perdu toutes nos photos récentes... C'est-à-dire toutes celles du mois de janvier... et toutes celles du mois de décembre (Noël et anniversaire d'Antonin inclus !). Glourps.

L'activité du jour est donc l'unique rescapée de ce que je comptais vous présenter ce week-end. Il s'agit d'une petite expérience scientifique d'inspiration Waldorf, simplissime et poétique.

Vous aurez besoin pour la réaliser d'un récipient quelconque (nous avons choisi une assiette creuse) dans laquelle vos enfants entasseront les primevères et pâquerettes téméraires qui ponctuent les pelouses en ce moment (ou tout autres éléments naturels de leur choix). Reste à verser dans l'assiette l'eau d'un petit pichet, et à disposer un morceau de fil de laiton qui se retrouvera pris dans la glace et servira à accrocher ce suncatcher d'un nouveau genre. Exposez au grand froid du dehors toute une nuit, et...


Antonin a vraiment aimé cette expérience et a longuement admiré le résultat. Il sait depuis longtemps que l'eau gèle quand il fait très froid ; il a eu l'occasion de le constater dans le seau d'eau de pluie du jardin, ou dans les flaques lors de nos promenades. Mais cette fois, c'est nous qui avions décidé de mettre de l'eau à geler. Au-delà de l'objectif esthétique, je crois qu'il a senti qu'il avait, dans une humble mesure, une marge d'action au sein des grands phénomènes naturels. Et cela lui a bien plu ! Nous recommencerons certainement à sa demande !

mercredi 29 janvier 2014

Jeux sensoriels : la ferme

Pour notre deuxième séance sur le thème de la ferme, j'avais un objectif élevé :  je voulais que mes enfants jouent, jouent, jouent !! Avouez que je suis impitoyable dès qu'il s'agit d'apprentissage, hein ? ;-)

Voici donc ce qu'ils ont découvert hier, dans la cuisine, après leur sieste :


Autour de notre ferme s'organisaient quatre bacs sensoriels thématiques, reprenant chacun un univers :


La porcherie : un cageot tapissé de papier puis empli de quelques poignées de terre, mêlée de débris de paille et d'authentiques épluchures. Les mangeoires sont figurées par des morceaux de boites d'oeufs (j'ai pris l'idée quelque part, mais où ??).


Le champ et la prairie : un morceau d'argile bien étalé au rouleau à patisserie, quelques branches de conifères plantés là dans une crise de nostalgie bocagière. Bovins et équidés s'enfoncent jusqu'au jarret dans l'herbe fraichement récoltée au jardin.


La mare : oies et canard pataugent dans une flaque... un peu trop "propre sur soi", nous sommes d'accord. Rassurez-vous, elle ne va pas le rester ! ;-)


La basse-cour : des graines à gogo, et les coques de boites d'oeufs figurent cette fois aussi bien les mangeoires que les nids...

... quelques haricots coco en guise d'oeufs...

Le coin des lapins
(veinards, je n'ai pas trouvé de clapiers...)

Et le roi incontesté de tout ce petit monde !

Sensorielle, je savais que cette proposition l'était. J'espérais aussi qu'elle induise un jeu d'imitation, mais je dois admettre que l'expérience fut plutôt... sensorielle ! :-D

J'ai déjà développé tout ce qu'on pouvait apprendre en jouant, sans même y penser, et je n'y reviens donc pas. Mais vous serez sans doute heureux d'apprendre que l'activité principale fut de remplir la petite mare avec... tout le reste...


... encore...


... encore...


... encore...


... et encore !


C'est vraiment une excellente activité à proposer à tous les âges, je recommencerai, c'est sûr ! Mais... peut-être en extérieur, cette fois ! :-D

Carnage... :-D

lundi 27 janvier 2014

Lisse et rugueux : tri d'objets



Mercredi dernier, j'ai invité Antonin à découvrir les planchettes montessoriennes lisses et rugueuses. La densité de notre fin de semaine ne m'a pas permise de les lui reproposer avant hier dimanche, et à ma grande satisfaction, il a choisi de refaire l'exercice à deux reprises dans la journée. J'ai pu constater dès la première séance que le vocabulaire était acquis, et que le geste se précisait à chaque manipulation.

Bien décidée à battre le fer pendant qu'il était chaud, j'ai suggéré aujourd'hui mon Damoiseau de trier quelques objets selon leur rugosité... et ce jeu lui a beaucoup plu !


Le petit rituel de rinçage des mains signe bien le début de l'activité, donne à l'enfant des indications sur la nature de l'activité qui va suivre (même si on ne précise pas oralement qu'il s'agit d'une expérience tactile), permet une fois de plus d'isoler les doigts scripteurs, et de pratiquer l'ouverture de la bouteille et le versé. Pas question de le zapper ! ;-)


Antonin a immédiatement compris ce que j'attendais de lui. La disposition "en colonne" que l'on retrouve si souvent dans les exercices montessoriens et qui construisent la latéralisation ne lui pose plus problème depuis bien longtemps. Quant à la vérification, elle est tactile, bien sûr :

Ça, c'est rugueux...              ... comme ici !

Résultat : un sans faute, dès la première fois !

Photo prise avant l'exercice... L'ordre des items
varie donc quelque peu !

Et moi, je suis bien contente de perdre prendre un peu de temps pour ce type de situations. Car si je suis bien certaine que mon fils, enfant de son siècle, saura lire un jour, je ne suis pas persuadée que sa scolarité lui donne l'occasion d'investir ses sens dans sa découverte du monde. Ce sont pourtant eux, nos sens, qui nous donnent à comprendre les liens de causes à effets si subtils qui se cachent derrière les évènements de la vie, et complètent la compréhension des choses que nous donne notre intelligence.

À présent, nous partons en chasse : yeux ouverts ou fermés, nous touchons tout ce qui nous tombe sous les doigts : la barbe de Papa, nos collections de cailloux et de coquillages, les fruits et légumes de notre réserve, les textiles de nos vêtements... Tout y passe ! Alors... Lisse ou rugueux ? :-D

mercredi 22 janvier 2014

Lisse et rugueux


Peut-être avez-vous suivi la passionnante discussion qui a eu lieu par commentaires interposés hier ? Si oui, vous ne serez certainement pas surpris de savoir que j'ai jailli de mon lit à 6h30 avec une seule idée en tête : vite, vite, planifier cette fichue séance "lisse et rugueux" dont le matériel dort depuis trop longtemps dans mon placard ! 

(Je précise que cela ne m'arrive JAMAIS de m'extirper si vite de mon lit bien chaud pour aller travailler avant le réveil des enfants, mais ce matin, ça me faisait vraiment plaisir !!!)

Je ne sais pas vous, mais j'ai décidé depuis peu d'avoir un petit cahier dédié aux présentations. Plusieurs avantages à cela : il me soutient lors de la préparation (je suis quelqu'un qui a toujours besoin de passer par l'écrit, je dis souvent que ce sont mes mains qui pensent pour moi !), il me sert éventuellement d'anti-sèche lors de la présentation (mais pas question de présenter le nez collé à sa fiche, nous sommes d'accord ?) et il me permet de garder une trace de mon travail, ce qui me sera très utile quand je reprendrai une classe.

C'est un sytème dont je suis très contente, et que je ne puis que vous conseiller !


Je réalise deux brouillons très brouillons avant de recopier définitivement au propre, c'est ce qui explique que cela soit si beau, et c'est vraiment nécessaire pour mettre les choses au clair dans ma tête ! Je reporte en rouge les paroles que j'énonce, ce qui me permet de travailler mon point faible (je suis bavarde, le croyez-vous ?) : je me cantonne à ce qui est écrit, et à ce que j'ai répété (un peu) en amont !

Aujourd'hui, Antonin a donc découvert les planches lisses et rugueuses.

(Alors, pour suivre ce qui vient, il faut que vous ayez un peu en tête ce dont il s'agit. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez lire CECI ou CELA).


Premier point très positif : lorsque je lui ai annoncé que j'avais une nouvelle activité à lui montrer, Antonin était très excité. "Qu'est-ce que tu as installé dans ma chambre ?", ne cessait-il de répéter en montant les escaliers. Cet enthousisame est vraiment le signe pour moi qu'Antonin adhère aux activités sensorielles, et j'en suis très heureuse !


Ensuite, le plateau qui permet de rincer et d'essuyer les trois doigts "de la pince" représente un point d'intérêt non négligeable. Il parait que cela éveille la sensibilité tactile... Pour moi, je n'en sais rien ! Je me suis aperçue en testant cette activité que j'avais l'épiderme quelque peu endurci ! Sûr que les mises en paire à venir de plaquettes plus ou moins rugueuses vont me poser problème... Heureusement, mon Damoiseau est plus sensible de moi avec sa peau toute tendre ! En tous cas, il a intensément observé cette eau que l'on verse et dans laquelle on fait trempette, et je suis sûre que c'est une entrée en matière qu'il sera content de retrouver demain !


Le plateau remisé (... j'aurais dû situer la tablette pour le poser à ma droite, car dans cette situation, j'ai été obligée de me pencher devant Antonin, installé à ma gauche... À corriger !), Antonin a voulu se jeter sur les planchettes, et j'ai dû calmer ses ardeurs, comme bien souvent lors des présentations. Il a suivi sans broncher la présentation de la première planche, a imité le geste avec curiosité, mais visiblement dans l'attente de la suite. La démonstration de la seconde planche a été plus difficile, puisqu'il a essayé de toucher les bandes en même temps que moi... J'ai dû le rappeler à l'ordre en lui rappelant que son tour viendrait vite, mais du coup, sa belle concentration était perdue : au moment d'exécuter l'exercice, il n'a effleuré que les bandes rugueuses et a totalement zappé les parties lisses.


Compte tenu de cela, j'ai décidé, pour ne pas le mettre en difficulté, de ne pas refaire les deux exercices en fermant les yeux. Je pense que cette contrainte aurait pourtant attisé son intérêt - mais je ne suis pas sûre qu'il aurait accepté de le faire. J'ai remarqué qu'Antonin avait souvent des difficultés à renoncer à son sens de la vue, notamment lors de nos séances de sac à mystère durant lesquels il triche toujours un peu ! :-D

(Si on pouvait résumer la problématique d'Antonin en ce moment, ce serait d'ailleurs : LÂCHER PRISE ? JAMAIS ! Antonin ne lâche rien... ni son parler bébé, ni ses multiples motifs de frustration, ni son caca (dans le pot...), ni son sens de la vue. Ce n'est pas facile d'avoir trois ans... Mais cela passera !)

J'ai donc enchainé sur la leçon en trois temps "lisse"/"rugueux" et si le Damoiseau est resté concentré jusqu'au bout, j'ai bien senti qu'il était un peu déçu que la séance débouche sur un exercice de vocabulaire, dont il ne raffole pas spécialement. Il a pu, au terme de la leçon, restituer l'adjectif "lisse", mais pas "rugueux". C'est difficile pour moi de savoir si c'est parce qu'il n'a pas réussir à retenir le mot (malgré d'évidents efforts, il répétait à mi-voix après moi lors du deuxième temps de la leçon !) ou s'il ne pouvait pas le produire pour des raisons plus souterraines (les situations de langage trop scolaires le rendent vite complètement mutique).

Bilan : à reprendre demain, donc, où je réaliserai l'exercice les yeux fermés (ce qui permettra à Antonin d'assiter à une deuxième présentation de chaque planchette, mine de rien...) et reprendrai la leçon de vocabulaire en prenant l'air le plus gourmand possible (je sais, c'est une rouerie...).

Et pour conclure, je tiens à dire que je suis très contente de lui avoir présenté ce matériel, dont je pressentais l'intérêt. Il ne l'a pas du tout avalé en trois secondes, et il m'a semblé que cette présentation correspondait bien ses capacités du moment. Par exemple, la présentation hachurée (je fais - c'est très court - puis tu fais, puis je fais, et vite, c'est à toi...) est tout à fait adaptée à mon petit impatient !!

J'espère simplement que le matériel aura gardé tout son attrait demain... Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai eu le sentiment tout à l'heure qu'Antonin était content d'en finir, peut-être aussi vaguement déçu, et en tout cas heureux de passer à ses chers blocs de cylindres ! Nous verrons... :-/

mardi 21 janvier 2014

Pré-écriture

"Le langage écrit n'est que la traduction littérale du langage parlé. (...) C'est un véritable secret, une clef qui, une fois découverte, redouble une richesse acquise, permet à la main de s'emparer d'un travail vital, presque insconscient comme le langage parlé, et de créer un autre langage qui le reflète dans tous ses détails. 
Il y a la part de l'esprit et la part de la main".

Maria Montessori, L'enfant, 1935.


En constatant qu'Antonin savait lire les chiffres, j'étais un peu ennuyée que cet apprentissage n'ait pas été accompagné de manière sensorielle. Quant à lui proposer les chifffres rugueux, il n'en est pas question de sitôt, mais je cherchais un moyen pour que le travail de son esprit ne soit pas déconnecté de celui de sa main - pour reprendre les termes de Maria Montessori. C'est la relecture d'un passage de L'Enfant qui m'a donné l'idée : "Je n'enseignais d'abord aux enfants, écrit-elle, que quelques lettres de l'alphabet que je fis découper dans du carton par la maitresse." De simples lettres de carton, voilà une bonne idée ! Et qui devrait fonctionner pour les chiffres aussi ! ;-)

À la reflexion, j'ai opté pour des signes plastifiés - vous allez comprendre pourquoi dans deux paragraphes - au verso desquels j'ai collé du papier type Vénilia afin qu'Antonin ne soit pas tenté de les poser à l'envers sur la table. Le recto, c'est la face blanche. Ainsi, pas de risque de "positionnement en miroir".

Reste à explorer le tracé de façon sensorielle... En positionnant sur le signe tout un tas d'éléments, ce qui était mon idée d'activité première...


Oui, alors, souvent, Antonin travaille en robe...

Puis, je me suis doutée qu'Antonin aurait envie de les colorier, d'où le choix du support plastifié. Un petit coup d'éponge humide et hop, le support est comme neuf !

À ma grande surprise, Antonin n'a pas cherché à décorer ces lettres en les remplissant de couleurs, mais il s'est bel et bien appliqué à les tracer ! :-o


Dans la foulée, j'ai aussi préparé les lettres de l'alphabet correspondant aux sons que le Damoiseau reconnait : "A", "AN", "O", "P" et "S". Le "R" et le "M" sont en cours d'acquisition.

Et c'est Louiselle qui a colorié le "P" ! :-)

Je suis très contente de ce nouveau matériel, si simple et si ludique, et qui rebondit bien sur l'intérêt énorme qu'Antonin porte en ce moment aux chiffres et aux lettres. Mais je crois que c'était la boite de trop en ce qui concerne ma capacité de rangement... et qu'il va falloir que je songe, moi aussi, à faire tourner le matériel pédagogique! Pff, cette perspective d'organisation me décourage un peu, je dois avouer... Mais je ne crois pas avoir le choix !