mercredi 29 avril 2015

Tournant... naturaliste.


Il nous arrive une chose merveilleuse. C'est un peu comme si, soudain, Antonin se mettait à aimer les légumes. C'est même mieux.

Ce printemps, Antonin est devenu est vrai petit amoureux de la Nature. Et pourtant, ce n'était pas gagné...


En devenant Maman, j'ai vite compris que ce n'était pas parce que j'aimais quelque chose, MOI, que mes enfants allaient l'aimer. Les enfants de musiciens ne sont pas tous musiciens, malgré nos efforts. Les enfants de plasticiens, les enfants de sportifs, d'écrivains... ont de grandes chances de devenir autre chose. Cela nous fend le cœur, de sentir que nos enfants ne vibreront pas par les mêmes cordes que nous. Hein ?


Depuis 4 ans, la moindre balade se terminait en drame. Antonin, épuisé sur-stimulé - se mettait à pleurer/hurler/se rouler par terre (rayez la mention inutile). Antonin voulait rentrer. Antonin n'aimait pas marcher.


De guerre lasse - et aussi parce que c'était un vrai problème pratique d'emmener les enfants d'un point A à un point B, surtout si nous avions une contrainte horaire, nous avons acquis un jogger. Idéal pour aller et revenir de l'école, mais pour le reste... J'ai vite compris que la morphologie de mon bourg m'enfermait littéralement, comme un oiseau en cage...


Nos chemins "de campagne" sont impraticables autrement qu'à pied - si l'enfant refuse de marcher et que les médecins interdisent le portage, on oublie.


Depuis le début de la belle saison, nous les explorons enfin, ces sentiers escarpés dont les amorces au bord des routes me faisaient tant rêver.

Depuis le début de la belle saison, Antonin trépigne d'impatience à l'idée d'une promenade - et Louiselle, qui n'a jamais été contre, se met soudain à être pour, elle aussi.

Depuis le début de la belle saison, c'est moi qui doit imposer que nous rentrions - les enfants ne sont jamais fatigués. Ils marchent, marchent - que dis-je, ils explorent, ils courent devant, découvrent des chemins invisibles. Ils inventent des cabanes sous les petits arbres, ils pataugent dans les sources, ils recherchent les "cacas de cerfs" (qui doivent provenir, 9 fois sur 10, d'individus de race canine, mais ne chipotons pas sur les détails), ils collectionnent les bestioles peu ragoûtantes (Louiselle : "Oh, un bébé limace ! Moi, je l'aime beaucoup, ce bébé limace ! Je veux le caresser et lui faire des bisous !"), récoltent des trésors simples, écoutent les chants d'oiseaux... Ils ingurgitent avec une facilité déconcertante le nom des plantes et des animaux - c'est bien simple, sur le sujet, ils en savent autant que moi. Antonin court devant si vite, que souvent je le perd de vue dans le maquis - jusqu'à ce que je l'entende hurler : "MAMMAAAANNNN ! Viennnns !!! VIIIITE ! J'ai trouvé de l'EUPHOOOOOORBE !". :-)


J'adorerais pour voir gonfler le torse et dire : "AH ! C'est grâce à moi !! J'aime ça, MOI, les promenades, et depuis le temps que je m'acharne, j'ai transmis ce goût à mes enfants, et patatipatata."


Bmmfg, je ne dis rien. Mais je savoure !!! Et je rends grâce à la vie. Merci ! :-)

12 commentaires:

  1. Ces petits sentiers semblent très beaux et inspirants.
    Bonnes promenades et explorations à vous donc, j'espère que cet engouement durera toute une vie :-)

    RépondreSupprimer
  2. Ça me redonne de l’espoir, avec Maïa la moindre balade fini en drame également ou sur les épaules ce qui limite très fortement les balades où la poussette ne passe pas... Mais à priori rien n'est perdu alors ! ;-)

    Profitez en bien !

    RépondreSupprimer
  3. J'ai très hâte de faire de belles randonnées avec mon tout-petit, j'en garde un très vif souvenir de mon enfance! Merci pour les photos, elles sont supers!

    RépondreSupprimer
  4. JE SUIS JALOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUSE!!!!
    mes deux filles adorent marcher depuis longtemps mais c'est exactement le contraire nous avons toujours vécu en environnements citadins, bétonnés, arides et impraticables à pied!
    Ceci expliquant d'ailleurs peut-être cela? (le fait que nous n'ayons nulle part où nous promener transforme le moindre petit bois français en forêt de Brocéliande à nos yeux...)
    Zazaille

    RépondreSupprimer
  5. Bonjour Elsa,
    Je crois tout de même que le terreau était favorable pour qu'Antonin développe cet engouement!!
    Ce sera une richesse pour lui de se sentir bien dans la nature. Un lieu de ressourcement sur lequel il pourra compter toute sa vie... Tout comme toi, sans doute! En plus, en cette belle saison, même après le boulot on peut encore en profiter... Les choses sont bien faites!
    Faites le plein de bonnes choses pendant toutes ces balades!

    Emilie

    RépondreSupprimer
  6. Quel bonheur!!! C'est merveilleux ce changement de cap!
    Tes photos sont superbes, ça donne vraiment envie de crapahuter en forêt!!!
    Jolies balades à vous!!!

    RépondreSupprimer
  7. chouette, maintenant il n'y a plus qu'à explorer tous les recoins!!! Belles découvertes en famille...

    RépondreSupprimer
  8. Chez nous un sac pour ramasser tous les trésors (et faire des activites avec en rentrant à la maison) est un atout pour une promenade dans la bonne humeur.
    Mais pour ma petite le top c' est un bâton. C est incoyable dès cet objet en main, elle peut marcher des kilomètres !

    RépondreSupprimer
  9. La chaaaaance ! Chez nous, le plus dur à motiver, c'est le papa... Il préfère les sports "explosifs" (basket, snow) et mécaniques (moto, kart), pendant que je rêve de balades tranquilles, à pied ou à vélo...
    Du coup, il faut que nos miss grandissent un peu, pour que je puisse y aller seule avec les 3. En ce moment, avec la petite dernière de 3 mois, ne j'y pense même pas : porter mon bébé j'adore (et mon dos aussi : le portage a guéri les maux de dos que je trainais depuis mon adolescence !) mais ajouter le sac de change + le goûter + les trésors des grandes, ça ne va pas être possible...

    Merci de nous faire profiter de ces magnifiques sous-bois !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. il fallait que je mette à jour mon commentaire précédent : nous venons de faire une superbe rando à 2 pas de chez nous, dans le cadre d'une animation culturelle.

      Imaginez : vous marchez avec tout un groupe de personnes de tous âges, sous les arbres, en papotant un peu... mais pas trop : ça monte ! Et tout à coup, quelques notes de fifre vous fait lever la tête...
      "Écoute, ma chérie, un petit oiseau !
      - Ils savent jouer de la flûte, les oiseaux ?!!"
      Les enfants sont les premiers à les repérer : un musicien en haut d'un grès, un autre qui remonte d'un sentier en contrebas. Ils se répondent, s'harmonisent, et disparaissent... MAGIQUE !

      La balade continue, et c'est une guitare qui interpelle : sur un rocher, pratiquement dans le vide, avec au fond des montagnes qui se découpent sur un ciel d'azur. Dans les promeneurs, un autre guitariste : une rencontre musicale mi-préparée, mi-improvisée...

      Un peu plus loin, à mi-chemin vers le sommet, une vraie pause, poétique, cette fois-ci : Le Bestiaire, de Verlaine. Une multi-instrumentiste fascine les enfants, qui se collent à son tapis : xylophone, carillon, bol tibétain, percussions de toutes sortes... Je ferais volontiers comme mes filles : me mettre juste devant, pour tout voir, tout entendre !

      Et c'est reparti ! Un peu plus loin, les fifres jouent de nouveau à cache cache, dans un couloir entre d'immenses grès. L’acoustique est juste incroyable !

      L'arrivée dans la Chambre du Roi : il faut se mettre à 4 pattes pour entrer dans cette grotte, où nous attend une superbe exposition de gravure sur bois.
      Juste à côté, un plateau, où nous partageons le repas, arrosons le vernissage, avant de redescendre dans la vallée.

      Des "embuscades musicales" : voilà exactement ce qu'il nous manquait pour prendre la route des sentiers ! Pour la prochaine balade, promis, j'emporte nos instruments. En pleine nature, c'est juste... wouhaaaa !

      Supprimer