vendredi 21 octobre 2011

Des jouets, oui, mais lesquels ?

Antonin aura dix mois dans quatre jours, et j’avoue avoir eu envie, ces derniers temps, de lui acheter des jouets.

Entendons-nous bien, le Damoiseau ne croule pas sous les présents. Je pense même pouvoir lister la totalité de ses jouets là tout de suite, hop, de mémoire : quelques balles, quelques livres en carton et tissu, quelques peluches bien inutiles pour le moment, une boite à trésors avec trésors, un culbuto, un sac de hochets variés, six cubes en mousse, un petit miroir, des petites bouteilles d’eau colorée

Hé, mais ça fait quand même pas mal d’objets, finalement !

Et puis il y a les favoris.

Il est temps que je parle d’eux.

Quand Antonin eu sept mois, son papa sortit d’un placard un jouet de ce type :


Je me récriais : Ah mais non, c’est trop tôt, il sera bien incapable de mettre les cubes dans les formes appropriées !

Le papa d’Antonin me répondit : Mais ce n’est pas fait pour qu’il y arrive.

Soit. Voyons voir.

Effectivement, Monsieur Fischer-Price-ou-assimilé n’avait certainement pas anticipé la quantité de choses qu’on pouvait faire avec son jeu : la plus passionnante étant d’ôter le couvercle “à trous” de la boite et de le lancer loin derrière soi, puis de se retourner pour évaluer la compétence réalisée. Ou encore, de frapper l’un contre l’autre les petits cubes de différentes formes, après s’être longuement absorbé dans la contemplation de leurs couleurs. Ou bien d’évaluer les angles avec la bouche. Et enfin, tout vider et éparpiller le plus rapidement possible avec de grands gestes et plein de bruit.

Bref ce jeu est un des favoris, et quel que soit l’endroit où je le range, Antonin va le chercher tous les jours.

Le deuxième jeu préféré est bien plus simple : il s’agit d’une boite de lait maternisé en métal, dont on a retiré l’étiquette. C’est un objet superbe, rutilant et sonore comme pas deux. Si en plus vous vous amusez à collectionner pour votre bébé les gros bouchons de plastique de toutes les couleurs (type “bouteille de lait”) et que vous les empilez à l’intérieur, c’est l’extase ! Si l’objet est fermé, on peut le frapper, ou le faire rouler et écouter le bruit des bouchons. Si la boîte est ouverte, quel bonheur de la vider et de la remplir (inlassablement).
Bref, nous en étions là depuis pas mal de temps. Antonin évolue de jour en jour, mais ses jouets, eux, ne changent pas. Je me dis alors que j’aimerais lui offrir des choses nouvelles.

Or, ça n’est pas facile, à cet âge : la plupart des jouets proposés sont hors de sa portée. Je pourrais me dire, comme son papa, que ce n’est pas très grave, mais je sais qu’on est toujours tenté de proposer des choses prématurément. Quel sera son intérêt pour ces objets dans quelques mois si il les connaît déjà par cœur (sans s’en être jamais véritablement servi cependant ?).

Je suis partie en quête. J’ai acheté plusieurs choses. Des choses qui ne m’ont pas vraiment satisfaite, d’abord. Et puis la perle.

Le premier objet que j’ai acheté, c’est par un concours de circonstance : l’objet est d’occasion.


Ça s’appelle un circuit de motricité (le nôtre est moins complexe). Verdict : Antonin s’y intéresse, modérément mais sûrement. Il aime faire tourner les perles sur elles-mêmes du bout des doigts et semble regretter qu’elles ne puissent s’ôter de leur tige. Évidemment, il est trop petit pour faire exécuter leur chemin aux perles. C’est un jouet que je range plus souvent que je ne le mets à disposition. S’il fallait lui mettre une note correspondant à l’intérêt pour mon enfant, je dirais 2,5/5.

Ensuite, j’ai craqué sur ce jouet :

Alors, c’est un peu le même scénario que la boîte Fischer Price et ses formes : ce jouet n’est pas de l’âge d’Antonin ! Il ne peut pas enfiler les éléments en bois sur la tige, à plus forte raison dans leur ordre de grandeur. Mais il adore les retirer ! Et les éparpiller. Et les comparer, les soupeser, les frapper les uns contre les autres. Et les confier aux mains de ses parents pour les reprendre aussitôt. 4/5.

Et voilà ce que je lui ai proposé aujourd’hui :






Etc.

Verdict : tout à fait adapté, esthétique et intelligent : 5/5 !

vendredi 14 octobre 2011

Aménagement de l'espace pour bébé de 9 mois


Non, non, la photo ci-dessus n’est pas extraite du dernier catalogue Ikea, style “nous avons créé un espace tellement aseptisé qu’on voit bien que personne n’y vit”.

En fait, il s’agit de notre salon, complètement transformé (vidé…) depuis qu’un petit bonhomme délaisse totalement sa chambre pour y passer de longues heures avec ses parents…

Et d’ailleurs le voilà, parfaitement chez lui ( à juste titre) dans la pièce dite commune.


 En vrai de vrai, le salon ne s’est pas simplement vidé, il s’est scindé, oui madame.

Vous reconnaîtrez sans doute notre bonne vieille barrière de sécurité, qui sépare dorénavant deux mondes : celui du design poussé au dénuement et la caverne d’Ali Baba.


Dans ce deuxième monde, tout ce qui est fragile, toxique ou dangereux s’entasse, en attendant que le Damoiseau soit assez grand pour comprendre que certains gestes ne sont pas autorisés.




Curieusement, cela se passe très bien. Depuis plusieurs semaines que ce système est en place, il n’est pas source de frustration pour Antonin. Il faut dire que le coin dans lequel il évolue librement s’ouvre sur toutes les autres pièces de l’appartement : sa chambre, dont la porte reste ouverte en permanence, mais qui, allez savoir pourquoi, ne l’intéresse absolument pas, mais surtout la chambre des parents, la salle de bain, la cuisine, les toilettes et leurs merveilles : lampes de chevet, imprimante, poubelles, placards bas emplis de choses tintantes, cuvettes en émail… Des sources inépuisables de petites bêtises sous haute surveillance ! 

mercredi 5 octobre 2011

Les boites à trésors

(Antonin a 9 mois)

Des vacances, une rentrée, quelques maladies généreusement partagées entre tous les membres de la famille… et nous revoilà, Antonin et moi, pour aborder un grand classique des activités Montessori pour les bébés.

Dès que votre tout-petit est capable de s’asseoir par lui-même, ses mains se libèrent, et c’est le début d’une nouvelle phase d’exploration du monde. Depuis quelques mois qu’Antonin maîtrise cette position, je remarque d’ailleurs qu’il porte beaucoup moins les objets à sa bouche ; il prend beaucoup de temps, par contre, à les retourner, à les contempler, et les faire sonner sur tous les supports disponibles… Un de ses passe-temps favoris (juste derrière “Se dresser debout en prenant appui sur la table basse, le canapé, les guitares, les poubelles, les portes et les jambes des parents !”) consiste à vider et remplir des récipients; c’est dire si les “boîtes aux trésors” correspondent parfaitement à ses intérêts du moment.




Le mode d’emploi est très simple : il s’agit d’investir dans une panière* et d’y déposer quelques objets amoureusement choisis. Les objets, bien évidemment, ne doivent présenter aucun danger pour le bébé. A vous de varier les matières et les sensations (métal, plastique, bois…), ou au contraire de faire des boites thématiques (objets de la nature, objets rugueux, objets oranges, objets sonores…). L’important est d’être imaginatif et de bien observer les réactions de l’enfant : certains objets le laisseront complètement froid (réessayer plus tard !), d’autres le raviront (à proposer souvent !).

Les objets préférés d’Antonin, pour le moment, sont :
- Une petite natte en bambou qui sert à rouler des sushis.
- Un assortiment de jolis bols à riz japonais en bois incassables.
- Deux petites boîtes en bois de cannelle odorant (qui, hélas, se sont, elles, révélées cassables).
- Deux bandes fluorescentes jaunes que l’on fixe autour des chevilles pour faire du vélo la nuit.
- Un mètre en ruban.
- Un minuscule ballon de baudruche (très peu gonflé pour éviter l’éclatement).
- Tous les prospectus et papiers dont les parents ne veulent pas (avec une préférence marquée pour les “livres” dont on peut tourner les pages : petits catalogues publicitaires, programmes de théâtre périmés etc.).
- Des feuilles de Sopalin ou des mouchoirs en papier à déchiqueter (pas écolo du tout, j’en conviens…).

Et puisque j’aborde le sujet, je me permets de vous présenter la boite à trésor de Sasha, un adorable petit garçon de l’âge d’Antonin, dont les Mamans Montessoriennes se sont rencontrées par l’entremise de ce blog  ! Bonjour Alexandra ! ;)

Quand la Maman a pris ces photos, Sasha ne s’asseyait pas encore ; Alexandra a collecté soigneusement plusieurs objets en pensant particulièrement à lui. Voici le résultat, qui vous donnera peut-être des idées :



Dans ce joli panier, Sasha trouvera : des pommes de pin, des noyaux d’avocat, des cuillères en bois, des pots en verre contenant du riz et des haricots rouges, des pelotes de laines (dont le destin étaient de devenir pompons), un foulard de soie, des rubans de satin et de velours, et la dernière trouvaille dont Alexandra est particulièrement fière : un épi de maïs ! Alexandra cherchait aussi, à l’époque, un joli morceau de bois (branche morte dont on a retiré l’écorce), je lui souhaite de l’avoir trouvé !

Et pour tenter d’être complète sur le sujet, je me permets de citer le très bon livre pratique de Tim Seldin (Éveiller, épanouir, encourager son enfant, la pédagogie Montessori à la maison), qui classe les objets à proposer selon leur matériaux. Voici les autres idées qu’il propose :

- Métal : clochettes, cuillères, petit fouet de cuisine, bonde d’évier avec sa chaîne (goutée et approuvée par Antonin, mais attention : achetez-en une neuve pour votre bébé !).
- Nature : plumes, gros galets, coquillages, éponges (encore plus intéressantes si elles sont double face rugueuse et douce, mais à proposer neuve et bio si possible, et à faire bouillir avant de présenter car elles sont imprégnées de produits chimiques pour rester souples dans leur emballage ! Je sais : j’ai goûté ! BEURK !).
- Bois : œufs en bois, pinceau à patisserie, pinces à linge, pièces de jeux de construction, brosse à chaussure (neuve et propre…).
- Verre : coquetier, pots à épices, salières, petits presse-papiers, grosses perles enfilées.
- Tissu et cuir : petit porte-monnaie, porte-clé (avec quelques clefs accrochées, succès assuré !).

ET VOUS, QUE METTEZ-VOUS DANS VOS BOITES A TRÉSOR ?

* Pendant que vous y êtes, investissez dans UN GRAND NOMBRE de panières : elles permettent de ranger les jouets, de plus en plus nombreux, de l’enfant. Il y aura ainsi la boite pour les balles et ballons, la boîte pour les livres, celle pour les petites peluches, celles des cubes… que sais-je. Si possible, le tout est à disposer à portée de l’enfant sur de petites étagères (en organisant un roulement si la place manque). Cette “catégorisation” des objets favorise d’une part l’envie de se servir des objets si bien présentés (et donc l’autonomie), d’autre part la capacité à abstraire et à subsumer (pardon pour les mots barbares !) grâce au fameux “esprit absorbant” qui s’imprègne de l’ordre environnant. 

mercredi 3 août 2011

Le tapis d'éveil du café des enfants

Et pour les jours de pluie, voici la présentation de quelques détails du tapis d’éveil géant dont je vous avais parlé ici.

Une vue d’ensemble :


Et quelques détails :

Dans un coin, un bon gros soleil comme dans les dessins d’enfants :
 

Quelques oiseaux picorent des fruits rouges en relief :


Au centre, une énorme fleur-coussin se scratche et se dé-scratche à volonté :


Voici l’un des sympathiques habitants de ce paradis :


Les végétaux ne sont pas en reste ! Ici de jolis légumes qui se rangent dans des poches brunes : on peut donc les faire “pousser” !


Si un jour quelqu’un se lance dans une réalisation analogue, qu’il me fasse signe !

Et respect !! 

Billet fourre-tout

Je vous l’accorde, les “fourre-tout” ne sont pas très montessoriens…

Mais comme nous partons en vacances pour quelques semaines, je post à la hâte les derniers exploits en date :

Des coussins et des gadins !

Non, non, cette photo ne représente pas un exploit d’Antonin, mais bien un des miens : c’était la première fois ce jour-là que j’étais assez détendue et confiante, alors qu’Antonin s’asseyait, pour me dire : “Tiens, et si je prenais une photo ?”. Remarquez quand même l’accumulation de coussins disposés sur le sol par une main inquiète…

Je ne compte plus les chutes d’Antonin. Il tombe de sa propre hauteur, alors, j’essaie de me dire que ça n’est pas bien grave, mais à chaque fois que j’entends des BOUM résonner sur le parquet de sa chambre, les mots “TRAUMATISME CRÂNIEN” clignotent en rouge devant mes yeux soudain brûlants.

Et il se débrouille toujours pour tomber là où il n’y a pas de coussins, bien évidemment…

La semaine dernière fut aussi consacrée à faire un sort à mon aménagement-matelas :

Vaincre l'Evrest

Et aussitôt là-haut :

Le "V" de la victoire !

J'ai eu du travail également : j’ai monté huits gros cubes qui remplacent à présent la petite bibliothèque dans la chambre d’Antonin, trop instable maintenant qu’il cherche des appuis. Antonin a adoré passer et repasser dans les cubes pendant leur construction, ce qui m’a beaucoup fait rire… et a passablement nuit à mon rendement, mais bon…


Et voici le résultat :


Bonnes vacances à tous ! ;)

mardi 26 juillet 2011

Le petit yogi

Antonin a eu 7 mois hier, et voici sa position préférée en ce moment :


Ça ne vous dit rien ?


Ah ben oui, voilà !!

vendredi 22 juillet 2011

Le stade du miroir


Honnêtement, pendant fort longtemps, je n’ai pas bien compris pourquoi la pédagogie Montessori faisait si grand cas du miroir : dans les ambiances montessoriennes, on voit en effet souvent de grand miroirs installés au ras du sol pour que les petits jouent avec leur reflet. Je me disais que cela devait être très déstabilisant pour la construction psychique (moi, en tous cas, je détesterais cela, vivre en permanence devant un miroir !).


Antonin, bien sûr, connaît les miroirs : il y en a un dans la chambre de ses parents, et un autre dans la salle de bain. Depuis qu’il est en âge de sourire, il fait régulièrement du charme à son reflet.

Et puis, il y a quelques semaines, quelque chose d’extraordinaire s’est produit :
Le Damoiseau était dans mes bras devant le miroir de la salle de bain, quand son Papa est entré derrière nous, et est donc apparu dans le miroir devant nous. Vous suivez ? Car c’est très compliqué, les miroirs !

Et là : Antonin se retourna !

J’ai su alors que le fameux “stade du miroir” était commencé.

Et alors, vous direz-vous ?

Et bien, en fait, le stade du miroir, c’est un truc super important ! Et ça fait d’ailleurs le lien avec mon dernier billet sur la construction du langage, puisqu’il s’agit de rien de moins que de l’acquisition du “Je” linguistique !!

Comme l’acquisition du langage, l’accès au sujet linguistique (”Je parle donc je suis“) suppose elle aussi plusieurs étapes. Et une des premières étapes de la construction du sujet a été décrite par Lacan en 1949 : c’est justement la “phase du miroir“, entre 6 et 18 mois ! L’enfant reconnait son image et joue avec elle (disparition/apparition) : “Je suis où je me vois“.

Laissons donc nos bébés jouer avec leur reflet, cela participe à la construction du moi, d’abord pour autrui (”Je suis où l’on me dit” … et je me désigne souvent par mon propre prénom), puis pour lui-même (”Je suis où je parle” et je dis “je” en parlant de moi).

Par contre, si mes réticences du début sont complètement tombées, je n’ai introduit des miroirs dans la chambre d’Antonin qu’une fois qu’il a été capable d’y reconnaitre son image en tant qu’image (ce qu’il m’a indiqué le jour où il s’est retourné vers son Papa dans la salle de bain). De plus, un miroir ne reste que quelques minutes à sa disposition (jamais plus d’une heure par jour) : le vrai monde est à découvrir, et lui n’est pas un reflet !

Je déplace donc de temps en temps le miroir de la salle de bain pour le poser contre le mur de la chambre du petit, bien calé avec un objet lourd (ici un grand panier rempli de vêtements et de draps). Il a l’avantage de refléter tout le corps de l’enfant, ce qui plait beaucoup à Antonin qui teste sans cesse de nouvelles postures en ce moment.


Et puis, j’ai craqué pour un joli petit miroir pour bébé (Merci Maman de BBF ! ) Celui-ci ne reflète qu’une petite portion du monde et permet de jouer avec la disparition et la réapparition du visage.

De loin...
... et de près !

Dernière précision : ces jeux préparent doucement Antonin à notre séparation de la rentrée prochaine, puisque je reprendrai le travail à mi-temps et qu’il sera en nourrice. Nous les renforçons par des jeux de “Caché, Coucou !” qui commencent à le faire beaucoup rire : je me cache derrière un pan de mur et je réapparais en disant “coucou” (mais vous aviez compris : je pense qu’il s’agit du plus vieux jeu du monde !).

mercredi 20 juillet 2011

Les étapes de la construction du langage

Pour des raisons professionnelles, j’ai révisé un  peu cette question des étapes de l’acquisition du langage. Il va sans dire que cela m’a d’autant plus passionnée que je suis Maman. Et puis, je me dis que je saurai quoi répondre à la doctoresse si elle m’embête à nouveau pour savoir quels sons produit mon bébé !

“Parler” est une activité hautement complexe ; on peut (très artificiellement) la disséquer en quatre compétences :

L’acquisition de phonèmes :
  • La perception commence avant la naissance, dans le ventre maternel. Les 3 derniers mois de grossesse, le bébé in utero reçoit de nombreuses stimulations auditives et langagières, ce qui explique que dès sa naissance, il soit capable de différencier la voix de sa mère des autres voix ; de même, il a des réactions différentes suivant qu’il entend sa langue maternelle ou une langue étrangère.
  • La phase de production : le nourrisson produit d’abord des cris, des pleurs, des sons végétatifs (toux, renvoi, déglutition) : ce sont des formes élémentaires et inorganisées d’activité vocale.
  • Le babil apparaît approximativement à la fin du deuxième mois, en situation de confort (cette phase coïncide avec le sourire). A la naissance, l’enfant a la possibilité d’apprendre n’importe quelle langue, mais peu à peu l’entourage exerce son influence : dès 6 mois, les enfants chinois utilisent des variations tonales originales ; tous les bébés privilégient les intonations phrastiques et les accentuations qu’il entendent. Si vous avez vu le film Bébés, peut-être vous souviendrez-vous de cette petite japonaise qui babillait … en “japonais” ? Généralement, dans les différentes langues étudiées, le a inaugure les voyelles, le p et le m les consonnes - ce qui explique la production précoce et attendue par les parents de mama et papa.
  • La différenciation progressive des phonèmes est très rapide après 18 mois. L’ordre d’acquisition varie d’un enfant à l’autre dans la même langue. Les enfants procèdent pendant longtemps à des simplifications : ouvi pour ouvrir, femé pour fermé, toup pour soupe, ou à des redoublement : tétère pour pomme de terre.


L’émergence de la référence :

Avant le premier mot, le bébé commence à signifier par des sons (vers 9 mois) : par exemple [iiii] quand il a plaisir à voir quelqu’un, ou [eeee] pour attraper un objet lointain. C’est le début de la manifestation de la fonction symbolique : une unité signifiante est à la place de l’objet et permet de l’évoquer même en son absence !

Vers 10 mois, on observe l’émission de formes stables qui résultent de la répétition d’une même syllabe : dadadada, papapapa ([p] et [m] sont des labiales, celles dont l’émission est le plus visible). L’adulte guette l’apparition des premiers mots et isole, émerveillé, une séquence qui, pour lui, est signifiante (”maman” ou “papa”, généralement !!).


Puis s’opère la différenciation du lexique : 20 mots environ au milieu de la seconde année (par exemple coucou, oui, non, au revoir, encore, d’accord …). Le rythme d’acquisition s’accélère alors : 250 mots à deux ans, 450 mots à deux ans et demi, 900 à trois ans, etc., avec, bien sûr, toutes sortes de variantes individuelles.

Une des caractéristiques de ce système lexical est que les formes phoniques produites sont souvent approximatives : l’enfant dira [tisa] pour “petit chat“. De plus, le référent n’est pas toujours le même : papa désignera parfois le vrai papa mais aussi d’autres adultes de l’entourage !

La syntaxe :

Le mot-phrase est un mot seul qui représente une phrase et que l’on interprète. L’enfant peut montrer le journal et dire : “Papa” : il ne s’agit pas d’une dénomination mais d’une mise en relation entre deux éléments. Papa prononcé avec une intonation interrogative peut signifier : “Je ne vois pas Papa”. Le sens varie en contexte : Bobo peut signifier la marque encore rouge présente au bout du doigt, un bobo plus ancien ou l’objet qui a fait mal.


En général entre 18 et 24 mois apparaît l’énoncé à deux mots qui permet de commencer  affronter la complexité et la richesse du monde à exprimer. Les deux mots s’organisent sémantiquement autour d’une seule relation : bébé mange (agent-action), “Papa buiau” pour “Papa travaille dans le bureau (localisation), “Tauto bébé” pour “l’auto de bébé” (possession) … L’énoncé à trois mots et plus permet d’exprimer plusieurs relations : “Papa pati tauto” pour “Papa est parti en auto” (agent-action-instrument).

Les acquisitions morphologiques :

Entre deux et trois ans, l’enfant repère des régularités morphologiques, il devient grammairien et produit des formes par analogie (metter pour mettre ; pleutre pour pleuvoir). Vers trois ans, l’enfant commence à objectiver ces règles : il repère, par exemple, qu’on dit gentil pour un garçon et gentille pour une fille.


Après ce stade, on ne peut plus décrire linéairement les apprentissages car le langage explose et se complexifie.

mardi 19 juillet 2011

Une semaine bien remplie

Lundi 11 juillet, Antonin a trouvé comment ramper de façon efficace … et ses parents ont improvisé une barrière de sécurité à la porte de sa chambre. Bien sûr, il lui reste à acquérir de la force et de l’adresse, mais le mouvement est là : “J’appuie sur mes avants-bras et je pousse avec mes pieds. Han !”

On fait avec ce qu'on a...
Ici, un ampli !

Mardi 12 juillet au soir, Antonin s’est brièvement assis en trépied (pour de vrai, cette fois).

Mercredi 13 juillet, le matin, nous constations la percée de sa première incisive !

Le même jour, vers 10h, alors qu’il était dans sa position “Quatre pattes statique”, Antonin a levé le bras droit haut, haut, haut ! A trois pattes, le Damoiseau (ravi) !

Le même jour, au café des enfants, je constate soudain que mon fiston est assis …mais oui, assis, sans appui des mains, jambes bien étalées et écartées devant lui ! Ouah ! A peine ai-je eu le temps de réaliser, que je vois le Damoiseau basculer lentement en arrière, s’écrouler sur des coussins … et se mettre à pleurnicher, horriblement vexé !

Les espaces moletonnés sont propices
aux prises de risque

Jeudi 14 juillet, Antonin a visité sa chambre en détail. Il est allé visiter tous les recoins encore inexplorés et nous fûmes bien contents d’avoir anticiper en bloquant sa porte !

Le reste de la semaine fut consacré à réviser tous ces précieux acquis : le trois pattes, l’exploration libre, le trépied …

Mais Antonin n’a pas encore réitéré de tentative pour s’assoir sans appui ! A bien y réfléchir, il ne se sent pas tout à fait prêt … C’est encore petit, 6 mois et demi !

mardi 12 juillet 2011

Poursuivre un but

Antonin m’apprend beaucoup de choses, à moi, sa maman.

Il m’a montré par exemple à quel point on peut être tenace, déterminé, concentré, et ce dès la naissance.

Je me souviens que tout petit, il fixait certains objets avec une attention extrême, et on sentait bien qu’il aurait été préjudiciable de le déranger. C’était parfois un peu fatiguant quand il fallait rester des quarts d’heures entiers devant un poster ou une fenêtre avec le petit dans les bras, mais que voulez-vous, être parent n’est pas de tout repos !

Aujourd’hui, Antonin n’a plus besoin de nos bras s’il veut se plonger dans une contemplation, puisqu’il voit parfaitement de loin ; par contre, il en a encore besoin s’il veut attraper un objet haut-placé ou faire le tour de l’appartement : c’est le cas tous les matins au réveil ! (Des fois que le monde se serait évaporé pendant la nuit, on ne sait jamais !) Alors je le promène lentement de pièce en pièce en baillant, tandis que lui, yeux bien ouverts, tourne la tête de tous les côtés pour vérifier que chaque chose est à sa place.

Chaque minute est l’occasion d’une exploration, d’un apprentissage, voire d’un défi.

Un petit exemple en image :


Ce panier est placé (délibérément, par une mère perverse) un petit peu haut pour un Damoiseau qui ne sait pas s’asseoir … Cette hauteur même le rend très intéressant, n’est-ce pas ?


A force de patience, Antonin a réussi à faire pivoter le panier. Je vois bien ce que le Damoiseau aimerait faire, mais tout de même, en plus d’être haut-perché, ce panier est très stable. (Et en plus d’être perverse, je suis sceptique).


BOUM ! Grattouillé, poussé, agrippé, le panier est tombé ! Antonin reste saisi un quart de seconde, et se rue à nouveau sur l’objet, maintenant à sa portée : sa tâche n’est apparemment pas terminée …


Antonin a fait basculer le panier : il voulait donc les petits jouets qu’il contient ??


 Pas du tout ! Ce qui l’intrigue depuis le début, c’est la profondeur. Il va donc expérimenter le “dedans-dehors” en plongeant sa main dans le panier et en la retirant, et ce jeu va durer de longues minutes ! Après quoi, il s’en désintéressera (et entreprendra de manipuler un livre en carton épais).

Et moi, je ne peux m’empêcher de me dire qu’il est souvent difficile, pour un parent, de ravaler sa bienveillance protectrice pour permettre à son enfant d’aller jusqu’au bout de ce genre d’expérimentation. Que c’est difficile de ne pas leur éviter des risques (réels d’ailleurs) :

“Tu risques de te cogner la tête contre les étagères à te cambrer comme cela, le panier va te tomber sur le nez, quelques brins d’osier durs dépassent et vont t’écorcher … Alors, arrête !”

Même si notre cœur bat à tout rompre, laissons les bébés poursuivre leurs buts, il sont déterminants pour leur construction de Sujet !

Et tenons-nous prêts à consoler en cas de petits bobos !

lundi 11 juillet 2011

La chambre en détail

Quand on ne se préoccupe que des besoins de l’enfant de 6 mois et demi pour aménager sa chambre, il en résulte un petit côté monacal que j’aime bien …

De quoi a besoin Antonin en ce moment ? De quelques objets bien choisis pour exercer ses sens, et surtout d’espace pour s’entraîner à ramper ! Le but est alors de lui offrir un espace sécurisé, dégagé … et propre ! Exit le joli rocking-chair depuis que le petit s’est coincé les doigts dessous en jouant à le faire basculer ! Et allez, les parents, on se relaie pour passer l’aspirateur une fois par jour ! (et même sous le lit, hein, car les explorations du petit rampeur ne connaissent pas de limites).

La chambre d’Antonin est loin d’être une chambre de magasine ! D’ailleurs si j’en avais le courage et le temps, je repeindrais bien les murs en blanc, car ils sont recouverts d’un papier rosé un peu fatigué.


Mais au final, c’est une pièce où nous aimons beaucoup vivre, Antonin (n’est-ce pas le plus important ?) mais aussi, nous, ses parents !
Faisons ensemble le tour du propriétaire :


  • La tablette près du lit a été chinée dans une vente d’objets de puériculture organisée par l’association de mon quartier (3 euros). Je l’ai repeinte en blanc (elle était un peu trop bariolée à mon goût) et accrochée à hauteur d’enfant. Même si Antonin ne se met pas encore debout, c’est finalement une hauteur très pratique lorsqu’on est assis par terre ! Elle servira plus tard de porte-manteaux pour enfants dans l’entrée, mais pour le moment nous y accrochons chapeaux et bavoirs.
  • Le traditionnel lit à barreaux, dans lequel mon mari dormait quand il était bébé ! Le grand-père d’Antonin l’a complètement remis à neuf et je dois avouer qu’il est magnifique. Nous avons juste eu à racheter un matelas neuf de qualité. Mais je pense que l’ensemble ne servira pas très longtemps : je brûle de dégoter un futon et d’installer Antonin par terre sur un tatami ! Nous n’utilisons ni couverture, ni couette, ni oreiller : Antonin dort dans une gigoteuse, plus ou moins chaude selon la saison (à manches très molletonnée en hiver, sans manche moins molletonnée en mi-saison, et en coton léger pour l’été). Néanmoins, nous lui en mettons toujours une, sans quoi nous le retrouvons vraiment sens dessus dessous, emmêlé dans les barreaux de son lit ! Remarquez qu’au dessus de son lit, de façon à ce qu’il puisse bien les voir, j’ai accroché trois reproductions d’œuvres de maîtres. Saurez-vous les reconnaître ?


  • Sous le lit, il y a un panier dans lequel je range les vêtements d’Antonin.
  • La fenêtre est agrémentée de deux rideaux (pas du tout coordonnés mais tant pis) : un occultant pour le soir et les siestes, un transparent pour les heures où le soleil donne dans la chambre.
  • Il y a aussi, accrochés à la tringle à rideaux, une guirlande en joli papier rouge et un carillon que je fais sonner au moment du rituel du coucher.
  •  L’espace-jeu se compose de deux plaids pliés et superposés surmontés d’un petit tapis d’éveil, cadeau de ma Maman, chiné aux Emmaüs pour quelques euros. Je dois avouer que c’est le genre d’objet qui me rendait un peu sceptique (et que ce nom m’énerve ! “Tapis d’éveil” !! Comme si un tapis pouvait éveiller un bébé !) mais Antonin l’aime beaucoup, et c’est le principal. Cette ère se complète de deux gros coussins autant pour Antonin, qui un jour aura sans doute l’idée de les escalader, que pour ses parents : j’aime me vautrer par terre avec un bon bouquin en observant mon petit du coin de l’œil ! J’y mets aussi le matelas du lit d’Antonin quelques heures tous les jours (pour l’instant, il y appuie ses avant-bras mais n’essaie pas d’y monter). 


  •  Une bibliothèque (donnée par des amis lors d’un de leur déménagement) qui sert d’étagère pour les jouets d’Antonin : j’aime beaucoup cette organisation parce que tous les jouets sont disponibles et visibles. Les étagères du bas touchent le sol, ce qui permet au Damoiseau de se servir en rampant ! 



  • Un objet très important est le radiateur : l’instrument de musique préféré du Damoiseau qui ne manque pas de le taper du plat de la main chaque jour de longues minutes !
  • Un grand panier en rotin contient des vêtements trop grands pour la saison prochaine, des draps, des serviettes de toilette sur lesquelles joue Antonin quand je le laisse tout nu  …

Et voilà ! Quand on y fait attention, il n’y a que très peu de choses par terre, et Antonin peut accéder librement à tous les espaces : il se faufile sous son lit, il en extrait le panier qui est en dessous etc. Nous-mêmes sommes par terre quand nous sommes dans sa chambre !

Bien sûr, c’est un espace qui va évoluer énormément dans les semaines à venir … Je vous tiendrais au courant des aménagements futurs !

PS : Alors, je la repeins, cette chambre, ou pas ? Qu’en pensez-vous ?