dimanche 30 septembre 2012

Retour

Le Papa des enfants a été en déplacement pour son travail toute la semaine ; jamais nous n’avions été séparés plus d’une journée depuis la naissance d’Antonin, et les enfants étaient fous de joie de le voir réapparaître ce matin. Je n’étais en reste : un peu de renfort va me faire du bien !  ;-)

Bon retour chez toi, mon homme ! Bon retour sous notre ciel grenoblois lavé par les dernières pluies, bon retour sous le soleil du sourire de Louiselle, bon retour vers ton fils pot-de-colle qui ne veux plus lâcher tes jambes des fois que tu déciderais de disparaitre à nouveau, bon retour parmi les piaillements d’excitation de fins d’après-midi, bon retour au milieu des jouets qui jonchent le sol jusque dans notre chambre à nous, les parents, bon retour au pays des comptines qui se disent avec les mains, bon retour au doux bruit du chauffe-biberon qui glougloute, bon retour sous la brise des mobiles qui oscillent et agitent les relents de couches pas propres… Bienvenu chez toi ! N’est-ce pas que nous t’avons manqué ?  ;-)

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Bon dimanche à tous !

jeudi 27 septembre 2012

Tri de formes

Lorsque j’ai proposé des perles pour la première fois à Antonin, il avait 18 mois et demi, et il a d’emblée manifesté une préférence pour certaines d’entre elles :


Il en prenait plusieurs dans sa main, les observait longuement en les caressant, les empilait, les alignait… Après l’avoir observé quelques jours, je me suis rendue à l’évidence : puisqu’il reprenait toujours les mêmes, c’est qu’il les discriminait des autres quant à leur forme. Un autre enfant aurait peut-être commencé par faire des rapprochements entre couleurs, mais le Damoiseau est visiblement plus sensible à la forme, voilà ! Du moins, en ce moment…

Nous avons alors improvisé un petit jeu de tri. À l’époque, j’avais sélectionné deux types de perles (les élipsoïdes, donc, et des cubiques). En reprenant la méthodologie de son premier plateau, et qu’Antonin connaît à présent très bien, j’ai rempli un récipient des perles des deux sortes et disposé devant le damoiseau deux petits bols vides. En me plaçant à sa droite, j’ai pris les perles une à une, très lentement, en énonçant "Je prends une perle..." . Comme je parle lentement, le temps que cette partie de la phrase se termine, j’ai le temps de faire une pause d’une seconde sous ses yeux, dans une position où il voit bien « la pince à trois doigts » que forme ma main tenant la perle. Puis j’achève : "…et je la mets dans le bol" . Je dispose les perles au fur et à mesure dans deux bols en fonction de leur catégorie.

C’est drôle comme Antonin est extrêmement attentif lors de cette phase de présentation ; il est comme figé, il écoute et regarde jusqu’au bout sans se lasser alors que c’est très long (et horriblement répétitif : mais je crois que c’est cela qui lui plait !). Puis, on verse à nouveau les perles dans le récipient initial, et c’est son tour. Il s’applique vraiment à m’imiter en tout, exagérant même la pause avant de poser la perle, et tâchant de répéter la phrase "bleble… PERLE… blumeuh… BOL !" . Et donc, il trie. S’il se trompe, il se corrige de lui-même (j’ai du mal quant à moi à réprimer une réaction dans  ce cas, il faut vraiment que je me contrôle à ce niveau-là !!).

Quelques semaines plus tard, nous sommes passés naturellement à trois sortes de perles à trier dans trois bol.

Et aujourd’hui, Antonin a trié quatre sortes de perles différentes !! Il était tout joyeux quand il m’a vu sortir le matériel et s’est empressé d’aller à la cuisine chercher les bols pour les rapporter sur sa table de travail !!  ;-)


Cela commence à faire une bonne quantité, mais il a écouté la présentation aussi attentivement que d’habitude !


Il aime vraiment beaucoup cette activité… Bien plus que de faire des colliers, à vrai dire !!  ;-)

Et bien sûr après quelques dix minutes d’une très belle concentration, quelle joie sans mélange que de tout transvaser en vrac encore et encore jusqu’à ce que les perles jonchent le sol !  :-D

Edit du 29 décembre : Petit correctif : la pédagogie Montessori privilégie les présentations silencieuses afin de faciliter la concentration et l'intensité de l'observation de l'enfant. Les gestes de l'adulte lors de la démonstration doivent "parler" d'eux-mêmes ! J'essaie à présent de me taire autant que possible... Un vrai exercice spirituel pour la bavarde que je suis ! :-D

mercredi 26 septembre 2012

En route pour la garderie !


Durant cette année scolaire, Antonin (puis Louiselle, mais plus tard) iront à la garderie trois heures chaque mercredi matin. Histoire que je prenne du temps pour moi, pour prendre un bain, bouquiner ou dormir. Quoi, vous m’avez crue ? Non, il s’agit en fait de faire tout ce que je ne peux absolument pas faire avec mes enfants, en particulier courir en démarches ou en courses et caser mes rendez-vous médicaux (marre de négliger ma santé depuis que je suis Maman). Avec un tel programme, les trois heures en question risquent de passer bien vite… :-(

Aujourd’hui, nous sommes allés visiter les lieux et rencontrer l’équipe qualifiée. Et si j’avoue que l’ambiance m’a paru pour le moins… critiquable, j’essaie d’aborder les choses sereinement, puisque cela est nécessaire (il n’y a pas encore de crêche respectueuse à Grenoble, avis aux amateurs !), et je ne veux pas que mon ressenti interfère sur celui d’Antonin. Car il s’agit bien de lui, et plus que de découvrir les lieux (je savais grosso modo à quoi m’attendre), je voulais l’observer lui, en train de découvrir les lieux !

Les enfants sont répartis en quatre groupes selon leur tranche d’âge et chaque groupe a une salle consacrée. Cette crêche vient d’ouvrir, et il faut croire que l’équipe a hésité quant à la composition des groupes, car on m’avait parlé dans un premier temps de groupes inter-âges. Il semble donc qu’ils soient revenus sur cette décision, et évidemment, je trouve cela dommage : d’un point de vue personnel, j’aurais aimé que mes deux enfants puissent être ensemble, et d’un point de vue plus professionnel, il me semblait que la richesse des interactions entre enfants d’âges différents n’était plus à démontrer ? D’autant que pour la tranche spécifique à laquelle Antonin appartient (nommée là-bas « les moyens »), je plains les puéricultrices, car ce n’est pas de tout repos ! Il sont tous exactement dans la même problématique, à savoir un désir de toute-puissance exacerbé par la marche nouvellement acquise et une frustration terrible de ne pas encore pouvoir se faire comprendre par le langage. Il me semble que mêlés à des enfants plus petits (grâce auxquels on se sent grands et sur lesquels les moins de deux ans prennent plaisir à veiller) et à d’autres plus grands (qu’on se dépêche d’imiter), le groupe serait plus gérable. M’enfin, ce n’est que mon humble avis, hein ?

À peine la porte franchie de ce qui sera la salle de jeux et d’activités d’Antonin, je constate qu’elle regorge de jeux intelligents (en particulier une petite cuisine et pléthore de dînette, chouette !), qu’il y a un espace au sol avec tapis et coussins pour les plus petits, et un bon nombre (à vrai dire un trop grand nombre, mais les enfants prennent leur repas de midi dans cette pièce) de petites tables avec leurs petites chaises assorties (Antonin aime beaucoup les petites chaises aussi !).

Hélàs, c’est le milieu de la matinée, et deux ou trois enfants, certainement épuisés et anxieux, hurlent à s’en exploser les poumons. Je jette un oeil au Damoiseau, il semble hésiter devant cet afflux d’émotions qui lui parvient. Je me hâte de mettre en mots et en signes : « Oh, la petite fille pleure, tu vois, elle pleure ! ». Bon, ça, pleurer, il connaît, ça le rassérène. Il reste néanmoins collé à mes jambes, à tel point qu’il m’est difficile d’avancer alors qu’il faut dégager la place (justement, une dame entre avec une pile de linge), mais il n’a pas l’air inquiet, il observe. Je le reconnais bien là. Mais c’est moi, ou elle est petite, cette pièce, non ?

Il y a là une dizaine d’enfants, et les deux puéricultrices ont l’air un peu débordées, d’autant plus que j’accapare l’éducatrice de jeunes enfants qui n’en aura que pour nous pendant une heure. Je suis sensible à sa disponibilité, pas facile, quand le travail nous appelle par ailleurs ! Elle m’explique que pourtant, le mercredi, c’est relax, car il y a moins d’enfants que les autres jours (tant mieux pour Antonin, mais qu’est-ce que ça doit être les autres jours !), et que ce groupe peut accueillir jusqu’à 17 bébés ! Moui. J’ai une impression de déjà-vu… Laissez-moi réfléchir… Ah, le jour de la rentrée en Petite section. Mon cauchemar le plus récurrent ! Laissez-moi vous dire qu’auxiliaire de puériculture, c’est sport, comme métier ! Et que la pièce, qui d’emblée m’avait parue exigüe, m’apparait soudain minuscule…

Antonin est semblable à lui-même. Après avoir observé les autres enfants pendant cinq grosses minutes, collé à mes jambes donc, il entreprend de saisir quelques éléments de dînette et de vadrouiller silencieusement en serrant son butin. Je vais m’asseoir avec l’éducatrice pour lui parler de mon fils et de ses habitudes et il s’installe naturellement à côté de nous, en écoutant et en touillant énergiquement sa tambouille imaginaire. Ses traits sont détendus, il n’est pas loin de sourire. Sauf quand un petit garçon s’assoit sur la chaise qu’il a quitté juste quelques secondes avec l’intention de la reprendre, mais finalement chacun trouve sa place en bonne amitié.

Lorsque nous nous levons pour aller visiter les autres locaux, j’ai l’impression de le brusquer. C’était justement le moment où il me lâchait un peu pour explorer les lieux avec un enthousiasme visible. « Tu peux rester là, si tu veux, mon chéri ! » Non, quand même pas; il nous suit, mais à regret.

Puisqu’Antonin ne mangera ni ne dormira à la garderie, la visite se réduit à deux pièces : la salle de motricité et la salle de patouille (j’ai bien aimé ce terme !).

La salle de motricité est assez grande, et justement un groupe d’enfants, très excités, s’ébattent librement sur de gros tapis de sol, escaladant des blocs de mousse, poussant d’énormes ballons. Antonin est tout de suite attiré vers une mini-cuisine reléguée dans un coin (*) (mais qu’est-ce qu’elle fait là ?), puis se jette à corps perdu au milieu des autres bambins, gagné par la liesse générale. Je ne l’ai jamais vu se défouler autant dans les parcs où je l’emmène et ça me fait plaisir ! Comme quoi, un espace adapté et du matériel adéquat… et l’émulation, bien sûr ! Mais hélàs, il faut calmer les ardeurs du Damoiseau : d’abord, il a gardé ses chaussures alors que les autres enfants sont pieds nus, et ensuite, il nous faut continuer la visite, car l’éducatrice a autre chose à faire. Que de frustrations en si peu de temps pour mon petit garçon dont je prends soin, à l’ordinaire, de respecter le rythme ! Bienvenu dans une structure collective, mon chéri…

La salle de patouille me déçoit un peu par sa taille (ridiculement minuscule) et sa nudité. Que voulez-vous, dès qu’on me parle arts plastiques, moi je fantasme sur les oeuvres d’enfants (les meilleures !) placardées joyeusement sur les murs, je rêve d’une pièce digne des mille et une nuits, avec plein de trucs qui pendouillent, qui virevoltent, qui flashent et qui étonnent… Rien de tout cela. Cette pièce a un petit côté clinique. Ici, on patouille, oui, mais ensuite tout est soigneusement effacé. Le mobilier se compose de mini-lavabos et d’une table pouvant accueillir six enfants (on me confirme, oui, c’est par six que les enfants viennent expérimenter ici) destinée à la peinture et au modelage et dont le plateau se détache, découvrant des bacs de sable et de semoule. Ah, ce matériel pro, ça me fait toujours rêver. Je pense que cela plaira à Antonin, de venir patouiller ici avec une liberté que notre cuisine et son petit bac à sable d’appartement ne permet pas.

Voilà, c’est fini. Nous disons « Au revoir » et nous partons.

Verdict ?

Je me suis sentie en confiance avec l’éducatrice, qui m’a vraiment fait bonne impression. Elle s’est vraiment rendue disponible dans un contexte tout de même pas évident, elle posait des questions justes, était très attentive à mon enfant. Bon, elle a eu l’air un peu interloquée parfois, en particulier quand je lui ai expliqué qu’Antonin signait. Elle ne connaissait pas cette pratique et a exprimé ses craintes quant au fait que ça retarde l’apparition du langage… Je lui ai bien expliqué, exemples à l’appui, que non (je le sais, je le constate tous les jours, tout ce qui est communication enrichit la communication, et mots et signes se construisent ensemble, se soutiennent, se stimulent !), mais je ne sais pas si je l’ai convaincue ! Je n’ai hélas pas pu parler aux autres membres de l’équipe, très pris, mais cela se fera avec le temps.

En terme d’espace, j’aurais souhaité plus de place pour permettre aux enfants de déambuler (c’est capital, pour un enfant, de déambuler !), quitte à ce qu’il y ait moins de jouets. Il me semble aussi qu’on gagnerait à feutrer l’atmosphère avec des tapis (mais est-ce autorisé ? because les méchants acariens, vous savez…), des rideaux, un parler bas, une épuration du mobilier…

L’expérience à venir sera à présent celle d’Antonin. S’il me signifie qu’il se sent prêt, je lui fais confiance quant à ce qu’il fera de ce vécu, si étrange et peut-être violent qu’il puisse être. À chaque fois que je vois mon fils en société (la vraie, celle avec des gens de tous les âges engagés dans de vraies activités dotées d’un sens profond), je me sens fière de lui. Je sens que les liens émotionnels qui le lient à ceux qu’ils aiment sont suffisamment intégrés pour qu’il ne se perde pas au milieu des autres. Alors… à suivre ! La semaine prochaine, commence ce que le personnel de la crèche appelle « l’adaptation » (comprenez : de l’enfant à la structure et non l’inverse !). Antonin ira à la garderie quatre jours de suite, sur des temps de plus en plus longs…

Si j’appréhende ? Meuhhh, non, bien sûr que non… :-(

(*) : Devinez ce que le Damoiseau trouvera sous le sapin à Noël prochain !!  ;-)

mardi 25 septembre 2012

Un mobile du commerce


Le plus ancien des mobiles que nous ayons en notre possession a été acheté par mon homme peu de temps après la naissance d’Antonin. Nous n’avions alors aucune connaissance de l’existence d’une pédagogie Montessori relative aux bébés, et nous l’avions suspendu au dessus de son lit à barreaux. Bien haut, évidemment, pour que les adultes puissent se pencher au-dessus de l’enfant sans se prendre les cheveux dans ses éléments.

Antonin ne s’y est jamais intéressé. Et pour cause : il ne le voyait pas. Il m’apparait aujourd’hui comme une évidence que ce mobile est bien trop fin, que ses couleurs ne sont pas assez contrastées pour intéresser un nouveau-né, surtout si on le suspend à un mètre au-dessus de son nez !

Le mobile avait donc été suspendu ailleurs. Il y a quelques semaines, je l’ai décroché et l’ai proposé à Louiselle. Elle l’a longuement admiré. Bien sûr, il était accroché très bas ; et Louiselle est déjà un grand bébé de 4 mois !  ;-)


Je ne sais pas si je rachèterai ce mobile aujourd’hui ; le fait qu’il soit en plastique léger ne me plait pas trop, je préfère les matériaux naturels ou de récupération. Mais à bien l’observer, il est tout de même joli, ce petit mobile. Et Antonin l’apprécie aujourd’hui beaucoup, qui court chercher ses figurines pour les mettre en relation avec les animaux représentés : le hibou avec le hibou, le lapin avec le lapin, le cochon d’Inde avec l’écureuil… (Ben, oui, bon, on ne va pas rentrer dans le détail, ce que vous êtes tatillons, vous alors !) ;-D

Le plus beau de tous les plafonds du monde

C’est officiel, j’ai la passion des mobiles ! À tel point que je vais avoir du mal à arrêter d’en fabriquer, même si Louiselle commence sérieusement à avoir d’autres centres d’intérêt. Je pense suspendre bientôt de petits objets qu’elle pourra attraper, et rares sont les mobiles qui s’y prêtent. Mais alors, que faire de tous ces mobiles, auxquels je suis très attachée ?

Et bien, j’ai entrepris d’en décorer la chambre d’Antonin !


L’effet « groupé » a vraiment de l’allure et je trouve que cela harmonise les proportions de la pièce : chez nous, les plafond sont hauts, et comme dans cette chambre tout est à hauteur d’enfant (y compris les tableaux), l’espace s’équilibre.


Depuis qu’ils sont installés, tout le monde, adultes et enfants, passe beaucoup de temps le nez en l’air à les observer osciller doucement.

Et j’ai une belle excuse pour continuer sur ma lancée de confection de mobiles en tous genres (et oui, vous avez deviné, j’ai quelques projets en tête…) !  ;-)

P.S. Je vous prie sincèrement de me croire quand je vous dis que les mobiles sont bien plus beaux en réalité qu’en photo. Aucune photo prise par une néophyte comme moi ne peut rendre l’effet de profondeur qu’ils créent, la manière dont il reflètent ou absorbent la lumière, sans parler de leur mouvement si doux, très poétique ! Je trouve que le mobile est un sujet vraiment difficile à capturer ; avis aux pros !!

lundi 24 septembre 2012

C'est Gobbi le plus joli !


Le mobile de Gobbi est, chez nous, le préféré du moment de toute la famille.

La raison principale en est sa solidité. Ayant interprété la maltraitance d’Antonin à l’égard de mon mobile des octaèdres comme un signe qu’il voulait, lui aussi, jouer et s’allonger dans l’espace de jeu de sa soeur (on peut le comprendre, moi aussi, ça me faisait envie !!), j’ai décidé d’ouvrir le parc. C’est très facile avec notre modèle, qui a la forme d’un octogone dont chacun des côtés s’emboîte dans ceux d’à côté. Il a suffit donc d’ôter un côté et voilà une jolie porte, qui permet à mes enfants de se retrouver côté à côté sur la peau de mouton si Antonin le désire ! D’après les manuels de puériculture, c’est à 4 mois qu’ il faut commencer à mettre le tout-petit dans un  parc si on veut qu’il s’y habitue… Et bien pour Louiselle, c’est l’âge où je commence sérieusement à me dire que l’on ferait bien de le remiser à la cave ! Je le garde pour l’instant car il maintient le miroir contre le mur, et aussi parce qu’il délimite bien l’espace consacré (quoique plus trop à présent…) à la Damoiselle.


Bref, le mobile de Gobbi est le seul de ma collection que je puisse proposer à Antonin en toute confiance ; et il adore le faire vaciller pour les beaux yeux ébahis de sa soeur !!

Sa solidité est également un atout majeur dans la mesure où il se trouve désormais aux mains (et aux pieds !) de Louiselle. Ce mobile est connu pour être celui que l’on propose à l’enfant au moment où naissent en lui deux nouvelles compétences majeures : la capacité à distinguer les nuances, et celle de coordonner ses mouvements, et donc d’attraper, de donner des coups de pieds ou de poings. Et c’est vrai qu’il se prête joliment aux petits chocs que lui imprime la Damoiselle ! De la douce oscillation au fort balancement, ses mouvemenst fascine Louiselle qui commence à construire qu’elle est la cause de ces merveilles… Elle s’evertue à présent (et réussit parfaitement bien) à créer des contacts volontaires. Ses mouvements sont encore très lents, on sent qu’ils lui demande une intense concentration, ainsi qu’un controle de plus en plus précis des muscles de ses doigts, de ses mains, de ses bras.


Et vous, quel est votre mobile favori et pourquoi ?

Bac à sable d'appartement


Celles (et ceux ?) qui me suivent sauront que j’ai passé la semaine sur un mystérieux projet bricolage… Tadam ! Le voici achevé sous vos yeux ébahis : une boite à sable, dont l’idée m’a été inspirée par ce livre-là :


Il s’agit d’une caisse à vin dont j’ai vrillé les deux petits côtés opposés de deux trous chacun, afin d’y passer une cordelette que j’ai nouée solidement à l’intérieur de la caisse pour fabriquer des poignées. À vrai dire, ces quatre trous seraient plus vite faits à la perçeuse, mais travaillant sur les siestes de mes enfants, je n’ai pas voulu risquer de les réveiller… J’ai ensuite découpé le patron de la boîte dans un de ces grands sacs de courses en plastique épais que l’on vend aux caisses des supermarchés. Je l’ai fixé au fond de la caisse avec du scotch double-face. J’ai découpé ensuite quatre baquettes d’angle que j’ai collé avec une colle forte tout autour du caisson pour maintenir le plastique en place et finaliser le tout. Ne restait plus qu’à remplir mon oeuvre, à un peu plus de la moitié, de sable « spécial bac à sable » en vente dans les grands magasins de bricolage type « Casto ».



Antonin est ravi de pouvoir tripatouiller dans le sable. Le mieux est de l’humidifier légèrement, au moins au début : il sera moins volatile le temps que l’enfant intègre bien que le sable doit rester dans la caisse, et il est plus facile à travailler. Plus tard, le sable sec se prêtera merveilleusement à toutes sortes d’activités de transvasement. Je propose ce bac dans notre cuisine, qui est carrelée, sur un temps court et sous ma surveillance pour éviter les débordements.

J’avais remarqué que les bacs à sable se font de plus en plus rares dans les parcs, pour d’évidentes questions d’hygiène. C’est un matériau pourtant essentiel à la vie sensorielle des petits citadins, qui peuvent rarement manipuler de la terre (rare, et souvent mêlée ici à des mégots de cigarettes). Terre et sable sont pourtant les premières pâtes à modeler de nos petits, et les plus extraordinaires au niveau des sensations qu’elles procurent. Ne les en privons pas !!  ;-)

Il suffit parfois de pas grand chose...

Voici un petit cheval à bascule chiné par ma Maman à Emmaüs pour quelques euros :


Mignon n’est-il pas ? Je le soupçonne d’être de fabrication artisanale, fabriqué maison à partir d’un fauteuil d’enfant, d’une bascule récupérée je-ne-sais-où et d’une tête de cheval fort habilement fixée à l’ensemble.

Mais… Oui, les mamans montessoriennes que vous êtes voyez tout de suite le problème, n’est-ce-pas ?

Quelques coups de scie plus tard, l’accessibilité en toute autonomie est permise :


Verdict : Antonin aime beaucoup, beaucoup !

vendredi 21 septembre 2012

L'émergence de la négation


Cette semaine, Antonin a découvert la force du "pas" . C’est très simple : on ajoute « pas » devant un nom de chose, et cela désigne son absence. Très simple et vraiment pratique.

Quand Antonin cherche sa figurine en forme de chat, il passe à présent toutes les autres en revue : « Pas chat, pas chat, pas chat… Ah ! Chat, l’est là ! ». Tout au long de la journée, il nous rappelle « Pas Papa ! » en montrant la porte que mon homme a franchie pour aller travailler. Quant aux "Pas dodo" et autres "Pas faim" , ont-ils vraiment besoin d’être explicités ? J’ai même eu droit à un « Pas dodo Louiselle ! » qui m’a vraiment impressionnée

Mais c’est hier que j’ai compris toute l’utilité que cette nouvelle acquisition allait avoir au niveau de notre communication.

Ce matin-là, Antonin s’est mis à signer « mixer » avec frénésie. Oui, cela lui arrive très souvent, à Antonin, de signer « mixer » avec frénésie. « Oui, mon chéri, un mixer. MI-XER« . Cependant, il a eu l’air d’être un peu déçu de ma réaction. Quelques heures plus tard, il m’apporte le lourd socle du baby-cook qui est à sa disposition.

(Une précision s’impose : à la maison, nous avons deux baby-cooks. J’en ai acheté un deuxième d’occasion à 20 euros un jour que le couvercle du premier avait été égaré suffisamment durablement pour me compliquer la vie. Je n’ai jamais su où le Damoiseau l’avait caché si longtemps ; il a reparu un matin entre les mains de mon fils ("Ah ! L’est là !" ) tout aussi mystérieusement qu’il avait disparu. À présent, nous avons donc un Baby-cook complet dans la cuisine et un autre… sur les étagères d’Antonin !!...)

Donc, Antonin m’apporte le lourd socle du baby-cook qui est à sa disposition. Il signe « mixer ». « Oui, mon chéri, c’est un mixer… » Il me regarde d’un air navré ("Mais qu’elle est obtuse, cette mère !!" ) et enchaîne : « BRRRRR !! – Oui, mon chéri, brrr ! C’est le bruit du mixer. MI-XER ! » Passe alors dans les yeux de mon fils cette petite lueur qui signifie qu’il a trouvé une astuce quelconque : "PAS Brrr !" , me dit-il. Et là, je comprends enfin que mon enfant n’est pas dans la désignation, mais exprime un manque ! Et je réalise que cela fait une éternité que je n’ai pas vu le bol du mixer entre ses mains, et que depuis ce matin, il le cherche !! Ça tombe bien, je sais où il est !

La fierté du Damoiseau quand je lui désigne l’objet recherché !!  :-D

jeudi 20 septembre 2012

Antonin et ses 20 mois


Antonin aura 21 mois dans une semaine ! Je suis un peu étourdie en songeant qu’une seule saison nous sépare désormais de son deuxième anniversaire, mais il est vrai que de jour en jour, nous voyons le garçonnet émerger derrière le bébé…

Saviez-vous que la pratique des transvasements participaient à l’apprentissage de la propreté ? Le fait de verser, déverser, permet à l’enfant de construire ce qui se passe dans son propre corps à travers la notion d’évacuation. Antonin transvase tout son content, c’est une activité dont il ne se lasse jamais, et il est vrai qu’en ce moment les « pipi – caca » commencent à occuper une place de choix dans nos discussions ! C’est drôle, avant de devenir Maman, c’était quelque chose qui m’inquiétait, l’apprentissage de la propreté (*). Je ne m’en fais plus du tout aujourd’hui. Cela suit son cours tout naturellement. Depuis quelques semaines, Antonin dit « caca » pendant qu’il est en train de déféquer, c’est une prise de conscience capitale, et un pas de plus vers la continence  ! 

Côté alimentation, pas de grands changements. Antonin mange à présent comme nous, il raffole des pois chiches marinés, des haricots blancs en conserve, du fromage et des corn-flakes ! Mais refuse tout aliment cru, qu’il soit légume ou fruit… Par contre, lorsque je lui réchauffe un petit pot les jours de-pas-le-temps, je dois soigneusement le mixer, car le Damoiseau continue de refuser les morceaux ! Alors qu’il mange comme nous en parallèle, c’est drôle, non ?

20 mois, c’est l’âge agile. Antonin court, marche en avant et en arrière, et même sur la pointe des pieds ! Il continue d’escalader les meubles de la maison, avec beaucoup d’adresse et d’ingénuosité : il construit ses propres parcours de motricité en déplaçant des éléments, enjambe, s’agenouille, passe en dessous… Mais  voilà, lorsque la fatigue et/ou l’excitation sont trop fortes, il expérimente aussi de magnifiques valdingues !! Le dernier en date, en début de semaine, quand le Damoiseau est tombé de notre lit la tête la première… Antonin a toujours une bosse ou un bleu quelque part. Et bien qu’il se fasse parfois très mal, je suis surprise de constater qu’il se console toujours très facilement. Une amie à moi pense que cela s’explique par le fait que les terminaisons nerveuses ne sont pas bien achevées à cet âge. Mmmm… Je n’aime pas trop cette idée. Quelqu’un sait si c’est scientifique, cela ? Je préfère penser qu’à 20 mois, on est très courageux !! 

Ne grandis pas trop vite !

(*) : Par contre, le sommeil et l’alimentation ne m’inquiétaient pas du tout a priori… Je ne doutais de rien !  ;-D

mercredi 19 septembre 2012

La p'tite vache

Aujourd’hui, j’ai l’honneur de vous présenter celle qu’à la maison nous appelons « La P’tite vache » :

La bien nommée...

Vous noterez notre esprit d’à propos, puisque justement La P’tite vache est une peluche qui représente… une p’tite vache ! Plus encore, c’est une peluche très douce, qu’une amie bien documentée a offert à Louiselle cet été, alors qu’elle n’était encore qu’un tout petit bébé qui se plaisait à contempler les forts contrastes. La P’tite vache est en fait une peluche-marionnette, et pour les besoins de la photo, je l’ai enfilée sur un bocal. Dans la vraie vie, La P’tite vache est une vache avachie ! 


Mais voilà. Si La p’tite vache fut officiellement offerte à Louiselle, Antonin en est tombé littéralement amoureux. Et si ce fut un coup de foudre, je dois dire que la relation entre Antonin et La P’tite vache s’est enrichie au fil des jours, jusqu’à devenir ce qu’elle est aujourd’hui.

Aujourd’hui, Antonin emporte La P’tite vache partout. Il lui donne les restes des biberons de Louiselle ; il partage généreusement son yaourt avec elle ; les délices imaginaires qu’il concocte avec sa dînette, c’est pour elle qu’il les fait ; il l’emmène dans son bain, dans son lit. Je me demande si ce n’est pas à elle que l’on doit le fait qu’Antonin dorme mieux en ce moment. Quand il la perd de vue, il déambule de pièce en pièce en la réclamant. Je ne peux même plus la subtiliser une demi-heure pour la passer dans la machine à laver.



C’est officiel : le Damoiseau s’est choisi un objet transitionnel, et c’est La P’tite vache ! J’en suis émue, car contrairement à ce qu’on pourrait penser spontanément, choisir un objet transitionnel, c’est grandir, puisque c’est lutter contre la dépendance angoissante qu’a l’enfant de sa mère. Ouf  ! J’ai craint un instant qu’Antonin ne prenne un bol de mixer comme interface entre lui et moi !  ;-)

mardi 18 septembre 2012

Ma journée avec deux bébés


Vos bébés sont grands maintenant, et vous êtes nostalgiques ? Allors suivez-moi dans le récit épique d’une journée ordinaire avec deux tout-petits de 4 et 20 mois !! 

Une journée ne fait pas l’autre, mais il y a certains invariants, tant il est vrai que les tout-petits ont besoin de "routines" . Bien que deux enfants des âges des miens soient en perpétuelle évolution, et que nous, adultes, soyons donc toujours en train de nous adapter, il faut tout de même avouer que les jours se suivent et qu’ils se ressemblent (un peu) !

Cette nuit-là est une nuit aux réveils multiples, comme cela n’était pas arrivé depuis quelques jours. À 3h30, Louiselle s’agite et pleurniche. La Damoiselle dort au salon ; c’est la seule solution que nous ayons trouvé (oh combien insatisfaisante !) pour que nous nous génions les uns les autres le moins possible. Mon mari se lève pour la rassurer, elle se rendort facilement, moi aussi. Mon homme, non. Il est comme ça, mon homme : c’est un insomniaque du petit matin (je suis, quant à moi, une insomniaque du soir, autant dire qu’il y a rarement deux personnes en même temps dans notre lit !). ;-D

À 4h30, c’est au tour d’Antonin de pleurer. Un grand pleur bref, qui veut dire : "J’ai perdu ma tétine !" . D’un bond, je suis hors du lit, mais le Damoiseau s’est apparemment rendormi tout seul. Chouette. Il fait des progrès dans sa dépendance, ces derniers temps.

À 5h00, Louiselle réclame son premier biberon. J’ai conscience que mon mari, qui ne s’est pas rendormi, gère. Je dors. Je sens confusément que ma fille se rendort après avoir mangé, et que mon homme trouve enfin le sommeil. Dormons, dormons, que c’est bon ! 

6h30 : c’est réglé comme du papier à musique, Antonin se lève, commence par réclamer sa tétine puis me signe qu’il veut manger en disant "Faim, faim !" . La journée commence. J’entraîne le Damoiseau dans la cuisine dont je ferme soigneusement la porte pour ne pas réveiller le reste de la maisonnée et nous préparons sa bouillie. Nous la préparons ensemble, hein, car s’il n’a pas sa part de la tâche, Antonin se fâche très fort (et réveille sa soeur qui, elle, ferait bien la grasse matinée si elle n’avait pas de grand frère, j’en suis sûre…). Donc Antonin verse de l’eau dans le chauffe-biberon, appuie sur le bouton pour l’allumer et surveille très attentivement les volutes de vapeur (« C’est chaud, c’est chaud ! » – « Oui, mon chéri, ça chauffe, tout va bien. »). Pendant que le lait chauffe, je découpe une banane dans le mixer, et Antonin y verse ensuite les cuillérées de bouillie, ainsi qu’un peu de purée d’amandes. Puis il transvase le lait tiède du biberon au bol du mixer. Je mixe le tout sous l’oeil attentif (et envieux) de mon fils, puis Antonin verse à nouveau le contenu du bol dans le biberon. Je visse la tétine, Antonin m’arrache son biberon des mains, me tend sa tétine en échange (que je m’empresse d’aller ranger jusqu’à l’heure de la sieste), et engloutit sa bouillie. Si vous pensez qu’un petit déj’ au biberon n’est pas très montessorien, je vous répondrai que j’y tiens néanmoins beaucoup, jusqu’aux deux ans de mes enfants. Depuis son premier anniversaire, c’est le seul repas au biberon d’Antonin, mais je pense qu’il est nécessaire à son besoin de succion.

Après chaque repas, nous avons un rituel immuable : passage dans la salle de bain, où Antonin escalade un escabeau devant le lavabo et se lave les mains, le visage et les dents. Je l’assiste, mais l’encourage le plus possible à faire seul, même si on y perd en efficacité. Puis, c’est l’heure du pot. Le rituel consiste d’abord à le chercher : "Il est où, le pot ?" . Tiens, quelle surprise ! Il est… à sa place,  toujours à la même place ! Antonin s’exclame : "Ah !! Il est là !!" comme si c’était l’étonnement du siècle, l’empoigne, le transporte dans sa chambre et le pose devant sa bibliothèque. Il installe également sa petite table (taillée dans un carton de couches…) devant. Je lui ôte sa couche, il va la mettre à la poubelle fièrement, non sans avoir fait l’état des lieux de ce quelle contient ("Pipi ! " – "Et oui, mon chéri, pipi…" ). Pendant qu’Antonin siège, je lui lis des histoires, il grifonne quelques dessins, cajole sa peluche préférée… et je sirote mon café.

7h05 : Antonin se relève brusquement. Apparemment, il en a terminé : "Pipi, pipi !" – "Bravo, Antonin, c’est un gros pipi, effectivement" . Antonin porte le pot jusqu’aux toilettes, le vide, rabat les battants, escalade (avec mon aide) pour accéder à la chasse d’eau. "Au revoir, pipi !" – "C’est cela, oui, salut…" . Il s’agit à présent de faire enfiler une nouvelle couche au Damoiseau, et il en profite pour cavaler dans tout l’appartement en s’eclaffant pendant que je le poursuis.

7h10 : évidemment, la cavalcade a réveillé Louiselle. Je la prends dans mes bras et nous nous reconnectons quelques minutes, en déambulant dans l’appartement pendant que je continue de siroter mon café ; Antonin joue un peu dans sa chambre et me dit "Non !" à chaque fois que je lui demande s’il n’a pas froid, s’il ne veut pas mettre un pantalon…

7h20 : j’installe Louiselle sur la table à langer pour la changer. Antonin installe son escabeau à côté de nous. Il n’en perd pas une miette ("Pipi, pipi !" – "Et oui, pipi, décidemment…")  et en profite pour faire de gros câlins à sa soeur puisqu’il se retrouve à son niveau.

7h30 : le papa des enfants se lève. Pas tôt ce matin ! Il faut dire qu’avec la nuit qu’il a eu, le pauvre ! Il fait des bisous à tout le monde, puis disparait dans la cuisine se servir sa rasade de café fort. Louiselle changée, je fais notre lit ; plus qu’un meuble, c’est un support de choix pour poser la petite, il faut donc qu’il soit fait. Puisque mon homme s’occupe de la petite, je m’habille et j’habille Antonin dans la foulée. Voilà qui est fait.

8h00 : C’est l’heure du biberon de la Damoiselle. C’est aussi l’heure où mon homme part au travail, après s’être douché et habillé ("Et ton petit déjeuner ?""Pas l’temps" – "Mouais…" ). Après quoi, j’installe Louiselle près de la porte de la cuisine, sur sa peau de mouton, et débute un des moment favori du damoiseau : il s’agit de faire la vaisselle ! Dès qu’il me voit commencer, il pousse une chaise contre l’évier, de façon à se tenir tout contre la surface où la vaisselle sèche. Au fur et à mesure que je lave, puis rince les ustensiles, je les pose devant lui. Il manipule tout, empile, désempile, nomme, signe, me demande de nommer, de signer ("Fourchette, marmite, couvercle, tasse…" ). Puisque je suis tout à côté, je n’ai pas peur des accidents ; il n’y a jamais de casse, ni de coupures (d’ailleurs Antonin manipule les couteaux avec énormément de précautions, en disant "Couteau, couteau !". Il sait que cela peut blesser, et encore une fois, je veille, à quelques centimètres). Lorsque j’essuie, Antonin me passe les objets un à un ; parfois il manifeste l’envie d’essuyer, lui aussi,  ce que j’accepte en lui tendant les objets à mon tour (et en évitant les couteaux, cette fois, tout de même…).

La vaisselle terminée, je caline Louiselle quelques instants, la réinstalle sur le dos si elle le souhaite (mais je sens que le retournement dans l’autre sens est pour bientôt !), puis donne un rapide coup d’éponge sur la gazinière, et balaie, tout aussi rapidement. Nous fermons ensuite la porte de la cuisine, nous n’y retournerons plus avant le prochain repas !

Mon objectif suivant consiste à balayer les deux chambres de l’appartement – et donc à ranger tout ce qui traîne par terre pour ce faire. C’est dans ces moments-là que j’ai parfois l’impression d’avoir le cerveau qui fonctionne comme une machine – Connaissez-vous cette impression ? Je m’explique : 1. La chambre des parents : mettre Louiselle sur le lit ; ouvrir la fenêtre ; ranger à leur place les livres qu’Antonin a répandu par terre ; balayer ; contourner les livres qu’Antonin a répandu par terre pendant que je commençais à balayer ; fermer la fenêtre ;  ranger à leur place les livres qu’Antonin a répandu par terre avant de quitter la pièce. 2. La chambre des enfants : brosser le tapis de parc ; secouer la peau de mouton par la fenêtre ; installer Louiselle dans son parc ; accrocher un mobile ; faire le lit d’Antonin (aérer la couette, retourner le matelas, tiens, il faut changer ce drap…) ; ranger tous les jouets et les livres qui traînent ; déplacer Louiselle sur mon lit pour ne pas qu’elle soit dans la poussière pendant que je balaie ; constater qu’Antonin a à nouveau (quand ?) fichu tous mes livres en l’air et les ranger ; revenir dans la chambre des enfants balayer dare-dare car je sens l’excitation monter ; penser (en se disant que c’est déjà un peu tard…) à décrocher le mobile avant qu’il ne lui arrive malheur.

Oui, je sens l’excitation monter : Louiselle râle et s’agite ; Antonin pousse des cris aigüs et se casse la binette à tout-va : il nous faut sortir ! Bon, tout le monde est éveillé, lavé, habillé ? L’appartement est (à peu près) en état ? Alors, on sort ! Reste à mettre les chaussures, à retrouver les chapeaux ; c’est généralement le moment où je réalise qu’hormis un hectolitre de café, je n’ai rien dans l’estomac, et que j’ai FAIM. J’attrape une tranche de pain et un morceau de comté au passage (si, si, c’est un petit déjeuner équilibré !), et nous voilà partis. Il est 9h55.

Ce matin, nous commençons par nous diriger vers le magasin de bricolage. J’y ai pensé une bonne partie de la nuit, j’ai un projet pour Antonin (dont vous entendrez bientôt parler, mais que j’appelerai ici « le projet mystérieux »). J’emplette tranquillement, les enfants sont super sages, et au moment de payer, je constate qu’Antonin m’a « emprunté » ma carte bleue et qu’elle n’est pas dans mon sac. À bien y réfléchir, je l’ai vue quelque part, mais où ?? Pas grave, j’ai mon carnet de chèque… La dame a un petit rictus de surprise quand elle m’entend demander à mon fiston de 20 mois ce qu’il a fait de ma carte de crèdit, mais elle le réprime vite (polie), en fait je crois qu’elle commence à nous connaître… 

À 10h30, nous sommes de retour à l’appartement pour y déposer nos emplettes, mais repartons aussitôt. Louiselle s’est en effet endormie dans son écharpe de portage et je sais que si je la détache, elle se réveillera. Je veux lui permettre de faire sa sieste jusqu’au bout, et puis Antonin ne s’est pas encore dégourdi les jambes. Une fois délestés de deux rouleaux de gros scotch et d’une baguette en bois de 2 mètres de long (je vous intrigue, hein !), nous nous dirigeons vers le parc le plus proche.

Antonin est franchement fatigué ce matin ; après quelques tours de toboggan, il s’asseoit tranquillement à côté de moi sur un banc. J’espérais qu’il se défoule mais, comme bien souvent, il préfére apparemment faire ça chez lui ! 

À 11h25, nous voici de retour, pour de bon, cette fois. À peine la porte poussée, Louiselle s’éveille (je l’installe sur sa peau de mouton avec quelques hochets) et Antonin me signe qu’il a faim. Il est un peu tôt pour déjeuner, mais j’essaie, quand c’est possible, de coller au mieux au rythme de mes enfants. Et là, c’est possible, puisque nous allons nous régaler de restes de la veille : de délicieuses brochettes de seitan, qu’il suffit de faire frire rapido dans l’huile d’olive. Pendant que ça cuit, je change toute la famille, car la température commence à grimper en ce début d’après-midi. Nous mangeons, Antonin et moi, sous l’oeil attentif de Louiselle, et pendant que le Damoiseau termine son dessert, je lave rapidement la vaisselle et passe un coup de balai dans la cuisine.

Suit notre rituel de la toilette et la séance de pot ; j’en profite pour boire un nouveau café (…) et lorsqu’Antonin se lève, le pot est rempli à ras bord, quel succès… ("Pipi, caca, caca !" – "Chouette, mon chèri, c’est magnifique…" ). Reste à enfiler une nouvelle couche (cavalcade, pourquoi ai-je une impression de déjà vu ?) et à remettre le pantalon ("Non, non !" – "Ben, si, là, tu vois, si." ).

12h15 : Antonin joue pendant que je donne le biberon à sa soeur. Mais l’excitation monte de plus en plus, l’heure de la sieste est proche. Louiselle s’endort sur son repas, mais alors que je m’apprête à la déposer sur notre lit pour sa sieste, Antonin débarque en trombe dans notre chambre et la réveille.

Il est vraiment fatigué, ce petit. Je lui donne une tétine et le couche. Il râle un peu, puis se calme. Je l’entends jouer dans sa chambre pendant que je change la Damoiselle et lui donne la fin de son repas.

12h50 : Louiselle est sagement allongée sur mon lit avec quelques jouets; je suis allongée à côté d’elle et j’écoute Antonin s’agiter. J’attends.

13h00 : Antonin s’endort. Depuis qu’il dort dans son lit au sol, c’est extrêmement rare que l’endormissement l’après-midi soit si rapide. Il faut dire que nous avons eu un week-end particulièrement éreintant dont le Damoiseau ne s’est pas encore remis.

Commence le temps consacré exclusivement à Louiselle. C’est ainsi, et lorsque c’est la Damoiselle qui dort, je prends vraiment du temps pour son frère (en ce moment, nous jouons à la dînette, ou collons des gommettes…). Et inversement.

J’en profite pour faire prendre son bain à ma fille. Je la préviens néanmoins : "Cela risque d’être bref, ma chérie !" , car son frère peut s’éveiller d’un instant à l’autre. Effectivement, à peine la damoiselle savonnée et rincée, j’entends Antonin pousser un grand cri. No problemo, à présent le Damoiseau peut sortir de sa chambre, il n’a qu’à se lever et nous rejoindre… Oups ! J’ai oublié d’entrebailler la porte de sa chambre !! J’attends toujours d’être sûre qu’il dort profondément pour ce faire, car la porte grince un peu, et parfois, voilà, il s’éveille avant ! Je sors Louiselle en catastrophe, l’enveloppe chaudement, pousse la table à langer contre le mur de façon à ce qu’elle ne puisse pas tomber si elle décide de se retourner (oui, quand elle saura se retourner dans les deux sens, je ne pourrais plus l’abandonner ainsi…), je me précipite sur la porte d’Antonin… Rien; pas un bruit. Le Damoiseau s’est rendormi… je me rue dans la salle de bain (car mon système de sécurité est loin d’être homologué…) : "Me voilà, Louiselle, c’est très bien, tu n’as pas bougé, je vais te sécher, maintenant !" . Et nous prenons le temps d’un petit massage, les yeux dans les yeux. Je l’habille, puis je reste à côté d’elle, sur mon lit, à lui présenter des jouets et à l’observer essayer de les attraper.

14h20 : Louiselle sombre à son tour. Je suis fière d’elle, elle s’endort sans aide (sans tétine, sans être dans nos bras…), toute seule, quoi. Autonome dès le berceau !  ;-)

Me voici donc seule, si on peut dire, avec du temps pour moi, pour faire mon courrier, bricoler, lire et blogger. Au boulot !  :-D

15h30 : Louiselle s’éveille. Je la nourris, la change, et joue avec elle. Je dormirais bien, là, en fait, mais la Damoiselle, elle, est très excitée et ne l’entend pas de cette oreille !

16h30 : Antonin s’éveille d’une grosse sieste. Il ne dort pas autant d’habitude, mais voilà qui me va bien ! Commence pour moi une demi-heure de va-et-vient entre la salle de bain (je dois changer Antonin de toute urgence, sa couche a fui, et oh ! une énorme piqûre de moustique sur la cuisse le fait souffrir, pile là où passe l’élastique de la couche !), ma chambre (Louiselle pleurniche en cherchant son sommeil : "Là, là, je suis là"), la chambre d’Antonin (il s’agit de ranger l’énorme bazar dont il s’entoure toujours avant de se coucher), la cuisine (préparer le goûter, superviser vaguement Antonin pendant qu’il l’ingurgite, tranvaser le linge propre et mouillé dans une panière). Ah, et à chaque fois que je passe par le salon, je donne un coup de vrille dans une planche (cf. mon « projet mystérieux »).

16h55 : Louiselle s’est endormie. Antonin a terminé son goûter, nous procédons à sa toilette, puis à la séance de pot, qui s’éternise, le Damoiseau me réclamant comme bien souvent histoire sur histoire. Finalement, le pot est vide quand Antonin se relève. « Tant pis ! » me lance-t-il avec un grand sourire. Oui, tant pis. Je suis fatiguée, tout d’un coup.

17h30 : C’est l’heure du bain d’Antonin. Je tente pendant 10 minutes de dévisser le flacon d’huile à la lavande que je verse d’habitude dans la baignoire. J’y parviens toujours d’ordinaire, mais aujourd’hui que cela soulagerait sa piqûre, non. Impossible. Je joue un peu avec Antonin et l’eau qui se déverse (le Damoiseau veut être mis dans la baignoire PENDANT que le bain coule, l’eau qui stagne, c’est moins drôle !). Finalement, je m’installe à la salle de bain avec quelques tomates à laver et à découper. Hé, il faut bien continuer à faire tourner la maisonnée pendant que l’on surveille les ablutions du petit… Mais, j’y pense, je n’ai pas grand légumes pour le souper… Les courses au magasin de bricolage ont fait sauté notre ballade sur le marché. Le timing étant trop serré pour ressortir avec toute la famille (et d’ailleurs, Louiselle dort), tant pis, je ferai appel aux plats tout préparés surgelés. Ils sont là pour ça, non ?

18h00 : Antonin demande à sortir du bain, à l’exacte minute où j’entends Louiselle qui s’agite gentiment en se réveillant. Opération savonnage : le Damoiseau y procède lui-même, je ne m’occupe que de lui frotter le dos et de le rincer. Vous vous demandez si un enfant de 20 mois est capable de se laver efficacement ? La réponse est non (mais il y met tout son coeur). Quant à moi, j’estime qu’après avoir barbotté une demi-heure dans de l’eau claire, mon fils EST propre. É basta. Puisque Louiselle est décidemment très sage, nous prenons le temps d’un petit massage, en révisant le nom de toutes les parties du corps ("Ventre, bras, fesses…" ). C’est toujours un moment de franche rigolade pour le Damoiseau !

Suit un temps calme à trois, sur le lit des parents, pendant lequel Antonin dessine sous les yeux subjugués de sa soeur. J’en profite pour leur lire quelques histoires.

18h20 : c’est le retour tant attendu du Papa ! Il distribue des bisous à tout le monde et… entreprend de ranger l’appartement, voire de passer un coup d’aspirateur ("Ben quoi, c’est le bazar ?" – "Oui, c’est le bazar." – "Ah, oui, maintenant que tu le dis…" ). Puis, pendant qu’il se charge d’occuper la précieuse nichée (ce soir, ils écoutent des comptines, d’après ce que j’entends), je finalise le dîner (hop, une vinaigrette pour la salade de tomate, hop, j’émince quelques olives pour relever le tout, et hop, une tarte aux poireaux surgelée dans le four, c’est vite vu), et j’étends le linge mouillé.

19h00 : à table !! Nous installons Louiselle sur sa peau de mouton et nous nous attablons en famille. Hélas, pour le moment, ces moments qui seront un jour des temps de repos ne le sont pas encore : il faut se relever sans cesse pour cajoler Louiselle, la retourner si elle le désire, lui présenter un jouet, servir Antonin qui n’avance pas à notre rythme…

19h20 : Le repas est terminé, et le Papa des enfants s’est chargé de la toilette d’Antonin. Il s’agit à présent de le persuader d’aller sur le pot, mais il n’est pas pressé. En attendant qu’il se décide (il se décide toujours), mon homme, après avoir tout installé, donne quelques coups de vrille à mon « mystérieux projet ». Pendant ce temps, je nourris Louiselle, mais voilà quelques soirs que ses 210 ml ne lui suffisent plus : je dois relancer un fond de biberon pour la caler durablement. Reste à la changer… Je sens que la Damoiselle ne va pas faire de vieux os, ce soir !

Je m’occupe ensuite du rituel du coucher d’Antonin : nous saluons tout les membres de la famille (Louiselle est déjà installée dans son lit, nous avons remarqué que c’est important pour son frère de constater que la Damoiselle va dormir elle aussi), lisons trois histoires choisies par le fiston, faisons un gros câlin… Bonne nuit ! Antonin ne demande pas son reste non plus. Quand je resors de sa chambre, Louiselle s’est endormie.

Il est 20h15. Reste aux heureux parents que nous sommes à préparer la table du petit déjeuner pour le lendemain, à donner un coup de ménage à la salle de bain et aux toilettes (deux pièces cruciales quand on a un petit en plein apprentissage de la propreté). Je prends une douche, m’installe au lit avec un bon bouquin, et n’en lis que quelques lignes, hélàs ! Je suis bien trop fatiguée !

21h30 : tout le monde dort. Jusqu’à quand ???  :-D

lundi 17 septembre 2012

Trésors naturels



Si vous passez régulièrement par ici, c’est certainement que vous partagez cette idée que les bébés n’aiment pas autant que l’on le croit parfois le clinquant des jouets du commerce….

Au moment où j’écris ces lignes, Louiselle est littéralement absorbée dans la contemplation de quelques trésors naturels rapportés ce matin de notre promenade au parc. Elle s’exerce fort patiemment à saisir une pomme de pin qui a également fasciné son frère ce matin pendant de longues minutes.



Que dites-vous ? L’automne pointerait-il son nez ?? Non, non, je ne suis pas au courant…  ;-)

jeudi 13 septembre 2012

Danseurs étincelants


Après les difficultés rencontrées en fabriquant le mobile de Gobbi, après le massacre de mon mobile des octaèdres par la chair de ma chair, j’avoue que j’éprouvais quelque appréhension à l’idée de m’y remettre ! Mais rien de tel qu’un beau mobile en 2D pour vous réconcilier avec les travaux manuels ! Ah, le parfum de la colle blanche, le crissement du joli papier que l’on découpe, l’oscillement des éléments qui s’équilibrent sous nos doigts ! J’ai pris beaucoup de plaisir à fabriquer le mobile des danseurs, et j’avoue être extrêmement satisfaite du résultat.



Bien sûr, il y a toujours des choses à redire : mes personnages sont peut-être un peu grands (quoique), et peut-être aurait-on pu imaginer des couleurs plus contrastées pour chacune des deux faces des éléments (quoique). Mais j’avais envie de suivre un peu mon instinct cette fois, et de détacher mes yeux des « modèles » proposés que je ne parviens jamais à imiter de toute façon ! 


Et sincèrement, avec leurs glittering paillettes et leur imprimé « savane », ils sont furieusement « tendance », mes petits danseurs, non ?

mercredi 12 septembre 2012

Quatre mois et zéro dent


Je sais que certaines mamans me suivent, qui ont des bébés de l’âge de Louiselle. Franchement, dites-moi : vous ne trouvez pas extraordinaire de vous dire qu’il y a quatre mois (plus ou moins), ce petit être n’était pas encore vraiment parmi nous ? N’est-ce pas incroyable tout ce que nos enfants ont mis en œuvre en si peu de temps, en terme de capacités motrices mais aussi sensorielles, intellectuelles ? Et pourtant, ne trouvez-vous pas que ce « si peu de temps » (4 mois = 17 semaines = 122 jours = 2 922 heures !) semble durer depuis toujours ? Euh, c’était comment la vie sans nos bébés, déjà ?? 

Et pendant ce temps, Louiselle suit son petit bonhomme de chemin. Si on ne peut pas encore dire qu’elle attrape intentionnellement, elle continue à s’exercer, et nous la surprenons souvent en train de tendre lentement les doigts vers un objet qu’elle observe depuis longtemps. Une fois un objet en main, elle passe de long moment à le secouer vigoureusement et à observer l’effet produit. Il n’est pas rare qu’elle s’en donne un grand coup sur la tête, mais n’a pas l’air de s’en vouloir plus que cela. Moi, ça m’embête un peu, néanmoins, j’essaie de mettre à sa disposition des objets plutôt souples, comme des balles ou ce hochet dont Clo m’a rappelé l’intelligence à travers cet article. Ces deux jouets sont vraiment les plus adaptés aux tout-petit que je connaisse, et en plus, ils sont du genre à faire du profit ! Cerise sur le gâteau, s’ils sont tous les deux « sonores » (mais le son produit est très doux, subtil, agréable en un mot !), la source du bruit est visible pour l’enfant qui peut construire petit à petit le lien de causalité entre les petites billes et leur tintement.

La complicité entre mes deux bébés va grandissant. Louiselle est hilare dès que son frère apparaît, et Antonin en est souvent le premier surpris (mais fier, néanmoins !) car il n’a pas toujours l’intention de la faire rire ! Quand Antonin est dans la même pièce qu’elle, la Damoiselle ne le quitte pas des yeux. Et si auparavant j’avais quelques difficultés à nourrir Louiselle sans que son grand frère ne vienne nous embêter, à présent j’ai des difficultés parce qu’elle tourne la tête pour l’observer, subjuguée, et en oublie complètement de têter !

Caresse...

Louiselle exige à présent de participer de très près à la vie de famille ; la peau de mouton (qui remplace le transat chez nous) n’a jamais autant servi, et nous suit dans toutes les pièces pour que la damoiselle puisse nous observer vivre tout son content.

Louiselle est de plus en plus fascinée par les mobiles, les couleurs vives de ses jouets (ah, que je regrette mon mobile des octaèdres !), mais aussi par les livres, que je lis, allongée sur le dos, à mes deux enfants simultanément, un à ma droite, un à ma gauche, le livre tendu à bout de bras au-dessus de nous ! Tigre, ce petit tigre, de Malika Doray, lui plait autant qu’à son frère au même âge ! Il y a des plaisirs qui se partagent très tôt !

Les vocalises s’enrichissent, tiennent discours : parfois, ce que Louiselle a à dire n’est pas très sympa, elle nous passe de ces savons ! A moins que ce ne soit ses gencives qui la démangent ; car elle bavouille et machouille les anneaux de dentition avec un plaisir évident. Oh, non pas que la percée soit pour bientôt, je ne le pense pas, mais sous la surface, tout un travail s’amorce…

Joyeux quatre mois ma chérie !

mardi 11 septembre 2012

Telle la grue qui renaît de ses cendres

Il est arrivé malheur à notre mobile des octaèdres. Antonin est passé par là et l’aspect dodu des solides en papier creux a dû le tenter. Il a tendu la main – trois fois – et a écrasé dans son poing chacun de mes mignons solides… Crunch, crunch, crunch…


Triste à pleurer, non ? J’ai d’ailleurs exprimé au Damoiseau que j’avais de la peine, qu’il n’avait pas respecté mon travail… et depuis, bien sûr, je décroche le mobile de Louiselle avant le coucher de son frère, car à présent qu’il est libre dans sa chambre, il en profite parfois pour jouer, escalader le parc et dévaster tout ce qui s’y trouve… :-(

Toujours est-il qu’il a fallu ôter ce mobile définitivement. Si on propose des formes géométriques au tout-petit, c’est pour qu’il s’imprègne des proportions ; il est évident qu’un bougli-bougla, fut-il de couleurs primaires, ne répond pas à cet objectif…

Mais pour me consoler, mon homme m’a fabriqué trois jolies petites grues en origami, dans de très jolis papiers achetés tout exprès, d’un imprimé identique, mais de trois couleurs différentes ! Je les ai suspendues sur la baguette de feu-le-mobile-des-octaèdres et je dois dire que c’est le plus joli mobile de ma collection ! Sans doute parce que nous sommes deux à y avoir participé ! 




Aucune de ces photos ne rend justice à la grâce et à la poésie de ce mobile… Si vous avez de quelconques talents en pliage, foncez sans hésiter ! Et, bien sûr, Louiselle (4 mois aujourd’hui) est fan… 

À peine ce mobile achevé, je suis tombé sur ceci sur le web… Mouais, mais promis, on n’a pas copié ! Et ok, plein de grues c’est très joli aussi. Mais le nôtre ne nous a pas coûté grand chose, ni en temps, ni en argent, et que voulez-vous, c’est le nôtre…
Pour la petite histoire, d’après la légende japonaise, si vous réalisez mille grues (symbole de paix dans la tradition chinoise) en origami, votre vœux se réalisera ! Ben nous, on s’est arrêté à trois… car tous nos vœux sont déjà comblés, évidemment !  :-D

lundi 10 septembre 2012

Premières gommettes

Je me suis aperçue, en travaillant avec mes élèves, que l’action de « coller » quelque chose était typiquement une activité scolaire. En fait, le prof a besoin que l’enfant acquiert ce savoir-faire parce qu’il aura, durant sa scolarité, des tonnes de documents à coller dans ses cahiers, et que l’adulte ne peut pas se permettre de « perdre » une demi-heure à chaque fois. Mais qui, à la maison, voit ses parents « coller » (à moins d’avoir une mère prof des écoles qui, en plus, passe son week-end à fabriquer le mobile des danseurs…) ? Enfin, toujours est-il que pour certains enfants de Petite section, c’est complètement extraordinaire ; ils n’ont jamais vu ça ; ils ne savent pas ce que ce verbe veut dire et trouvent tout simplement magique qu’un bout de papier reste collé à un autre juste parce qu’on a mis ce qu’ils pensent être de la « peinture » (ben quoi, à l’école, on l’applique au pinceau !*) dessus. Cela prend d’ailleurs des mois pour certains pour qu’il comprennent qu’on applique la colle d’un côté, et qu’ensuite il faut RETOURNER le papier pour que la colle soit prise en sandwich entre les deux supports à fixer. Dur, dur, et contre-intuitif il faut croire.

Antonin ne sera pas de ceux-là, puisqu’il a découvert ce week-end les joies du collage grâce à un sachet de grosses gommettes. J’ai préféré acheter des gommettes aux formes géométriques, dans de belles couleurs vives, car l’imprégnation des couleurs et des formes est loin d’être terminée pour le Damoiseau. Il y avait aussi, dans le magasin de loisirs créatif, de grosses gommettes représentant différentes parties d’animaux qu’il fallait reconstituer : j’ai trouvé l’idée très bonne, mais ce matériel s’adresse à un enfant plus grand, qui s’exerce à positionner avec précision.

Voilà les deux premières oeuvres du week-end :



Il y en eu d’autres ! Manifestement, Antonin préfère coller des gommettes à peindre, ou même à dessiner. Tant mieux, parce que c’est une activité qui requiert une installation relativement simple (et zéro nettoyage ensuite) :


L’enfant est confortablement installé sur une petite chaise à sa hauteur, et attablé (pour nous, l’activité a lieu sur la table basse de notre salon). Antonin est droitier, c’est donc à sa droite que j’ai disposé deux soucoupes, une avec les gommettes, l’autre pour qu’il puisse mettre les papiers qui recouvrent le côté collant une fois qu’ils sont enlevés. Pour cette opération, Antonin a encore besoin de mon aide. Je m’installe à sa droite, il prend une gommette, me la tend ; je décolle un coin, l’engage à pincer le papier et à tirer. Je lui montre l’endroit où il doit déposer le papier inutile, puis il colle fièrement sa gommette. Que du bonheur !

* : Il en est ainsi pour d’évidentes questions de budget. La colle liquide est achetée en grosses bouteilles, et l’ATSEM, quotidiennement, en verse un demi-centimètre au fond d’une trentaine de petits pots qui sont ensuite vissés ; Chaque enfant s’arme ensuite d’un pinceau et badigeonne ce qu’on lui demande de badigeonner (ou la table, ou son voisin…qu’il faudra donc ensuite nettoyer). Les adultes ne collent plus beaucoup, mais les quelques-uns qui le font, ne le font pas comme ça, n’est-ce pas ? Comme si l’action de coller ne demandait pas suffisamment de compétences propres, on y rajoute celle de tenir un pinceau et de doser le produit ! Inutile de vous dire que je rêve d’une école maternelle où les enfants apprendraient à coller… avec de la colle en stick, quoi ! Comme tout le monde ! Et les ATSEM me diraient merci…  ;-)

vendredi 7 septembre 2012

Ma famille

Antonin aime désigner les personnes qu’il aime : "Maman" , "Papa" , "Louiselle" ou "Petite soeur" … Il commence à se désigner lui-même aussi : "Antonin" , quoique parfois il essaie de nous feinter et lance un magnifique "PAPA !" en se frappant la poitrine de l’index pointé. Mais non, Antonin est Antonin, et Papa est Papa. C’est frustrant, mais c’est comme ça. S’entendre dire que lorsqu’il sera grand il sera un Monsieur comme Papa ne semble pas tout à fait consoler le Damoiseau pour l’instant…

Lorsque le personnage d’une histoire dit "Moi" , Antonin se montre lui-même. Quelque chose est en train de se construire…

L’autre jour, le Damoiseau s’est emparé de mon porte-feuille (ce ne sera pas la première fois…), mais au lieu d’en sortir ma carte bleue de d’aller la cacher au milieu de mes livres (pourquoi, parmi toutes les « fausses cartes » de fidélité, de visite ou autre, faut-il que ce soit celle-là qu’il affectionne particulièrement ??), il s’est intéressé aux photos d’identité des membres de la famille, et elle l’ont occupé pendant une bonne partie de l’après-midi.

Cela faisait un moment que j’en avais le projet, mais je l’ajournais faute de temps. Mais aujourd’hui, toujours selon le même principe, j’ai fabriqué l’imagier de notre famille ! C’est assez émouvant, je dois dire. Y figurent Antonin lui-même, sa soeur, ses parents, ses grands-parents et ses oncles et tantes. Et comme mon frère se marie dans une semaine, l’imagier sera du voyage, et nous aurons bientôt l’occasion de « réviser » une partie de ces visages !

Une belle photo de famille en couverture...

... une personne par double page...

... présentée par une légende et un portrait de face !

Antonin aime déjà beaucoup son imagier ; et c’est vraiment un bon support pour parler à l’enfant des personnes chères qui habitent loin et qu’il ne voit pas souvent !

Ayant le projet de cet imagier en tête, j’avais emprunté ce livre à la bibliothèque la semaine dernière :


Vous connaissez certainement cette édition Palette qui regorge de trésors pour qui veut montrer des œuvres du patrimoine à son enfant dès son plus jeune âge. Cette collection « L’art à petit pas » s’adresse vraiment aux tout-petits qui s’imprègneront de tableaux de maîtres à travers une petite histoire simple et chantante. Un vrai bonheur ! Et en exclusivité, voici pour vous le tableau qu’Antonin préfère ; c’est celui de la « Maman » qui, coquette, essaie un nouveau chapeau pointu !

 
Un tel chapeau, ça ne pouvait pas laisser le Damoiseau indifférent ! On le comprend ! Quoique le petit chien lui dispute parfois la vedette…  ;-)